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Réalisé par Otto Preminger
Avec Tom Tryon, Romy Schneider,
Carol Lynley, John Huston, Josef Meinrad, Raf Vallone, John Saxon,
Ossie Davis, Burgess Meredith,
Tullio Carminati, Jill Haworth, Cecil Kellaway, Dorothy Gish, Bill
Hayes, Maggie McNamara, Peter Weck, Chill Wills, Patrick O’Neal,
Murray Hamilton, Pat Henning, Jose Duval, Russ Brown, David Opatoshu,
Bobby Morse...
Scénario de Robert Dozier adapté du roman éponyme
de Henry Morton Robinson
Musique de Jerome Moross
Photographie Panavision Technicolor de Leon Shamroy
Montage de Louis R. Loeffler
Générique conçu par Saul Bass
Produit par Otto Preminger pour Gamma Prod inc.
Distribué par Columbia
Durée cinéma 176’
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DVD 9
Zone 1
Edité par Warner Home Video
Format 16/9 compatible 4/3 2.35 :1
Langues : Anglais stéréo surround
Sous-titres : Français, anglais et espagnols
Durée DVD 175’ |


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1939.
C’est
l’heure des souvenirs pour Stephen Fermoyle,
que l’on s’apprête à consacrer Cardinal
alors qu’une nouvelle fois l’Europe et le monde
tout entier versent dans cette folie humaine qui ébranlerait
la foi la plus convaincue. Cette foi, Fermoyle n’aura
cessé de la questionner et de la mesurer depuis 1917,
année de sa nomination en tant que jeune prêtre, à Rome
déjà. Au travers de ses expériences successives
de confident, de frère, de courtisan, d’homme
d’église et enfin de diplomate, ce sont les souvenirs
de vingt années d’une vie de prêtre, entre
doutes, manquements et accomplissements généreux
qui nous sont contés. Souvenirs de vingt années
d’une vie d’homme, tout simplement.
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Comme Exodus, The Cardinal est un
projet que Preminger n’a pas initié mais qu’il a récupéré en
profitant des circonstances conjoncturelles. Preminger
n’a découvert le best seller de Henry Morton
Robinson que tardivement, une dizaine d’années
après sa parution en 1950, alors que la Columbia
en avait déjà acquis les droits d’adaptation.
Le roman avait en partie bâti son succès sur
le parfum de scandale dégagé par la campagne
virulente menée par le puissant Cardinal Spellman,
l’une des figures les plus importantes du clergé catholique
américain et également l’un des représentants
les plus influents de... cette Ligue Catholique de la Décence
avec laquelle le cinéaste avait engagé un
bras de fer quasi constant depuis Forever Amber. A l’époque
(1947) le réalisateur, alors simple contremaître
sur ce projet fastueux de la 20th Century-Fox adapté du
licencieux roman de Kathleen Windsor condamné par
l’Office Catholique, avait dû se soumettre
aux compromissions du vice-président du studio Skouras,
et accepter une à une les coupes exigées
par les prêtres de la Ligue Catholique de la Décence
pour que le film, ni plus ni moins que le plus coûteux
de la firme durant la décennie, puisse bénéficier
d’un circuit de distribution digne de son prestige.
Dans
le cas du Cardinal, ce n’était pas tant
d’un manque de respect pour l’Eglise Catholique
dont s’offusquait Spellman que du fait qu’il
se reconnaissait dans le personnage de Stephen Fermoyle, à qui
le roman prêtait une sœur qui sombrait peu à peu
dans une vie dissolue jusqu’à trouver la mort
en accouchant d’une fillette illégitime. Spellman
considérait cette situation romanesque comme un
outrage à la vertu indiscutable de sa propre sœur
et s’estimait de ce fait profondément insulté.
Comme en dix ans la stature publique du Cardinal Spellman
s’était considérablement étoffée,
Columbia Pictures avait fait le deuil de son projet, exactement
de la même façon que quelques années
plus tôt Metro-Goldwyn-Mayer avait gelé son
projet Exodus par crainte des représailles arabes
sous forme d’un boycott. Se proposant de reprendre
le projet en producteur indépendant, Preminger réussit à convaincre
les dirigeants de Columbia de contribuer au financement
du film et de lui garantir un circuit de distribution en
leur rappelant ses victoires passées sur Spellman
et ses pareils lors des succès commerciaux rencontrés
par The Moon is blue, The man with the golden
arm ou Anatomy
of a murder.
Mais le vieil ennemi intime du metteur
en scène
viennois ne tarda pas à user de son influence pour
contrarier ses projets, faisant passer le mot d’ordre
auprès de tous les évêques américains
de refuser toute aide ou tout conseil, quels qu’ils
soient, à Preminger dans le cadre de son entreprise.
C’est un ancien prêtre relevé de ses
vœux qui accepta in fine d’assurer le rôle
de conseiller technique sur le plateau. Nous sommes en
droit de penser que la véracité de la description
des doutes de Stephen quant à son sacerdoce y a
probablement beaucoup gagné. Mais le principal problème
restait de trouver des lieux de cultes susceptibles de
fournir le décorum approprié aux exigences
de la production. L’intervention de Spellman a probablement
joué un rôle déterminant dans l’appréhension
des rouages de l ‘organisation catholique par l’intellectuel
viennois. Etonné, Preminger constate que certains
prêtres - parfois parmi les plus modestes - n’hésitent
pas à faire fi, avec l’accord de leur évêché,
des recommandations du puissant cardinal, pour mettre à sa
disposition les lieux de culte de leur paroisse ; qu’en
dehors de son pays d’adoption les préconisations
de Spellman ne reçoivent aucun appui solidaire,
la cathédrale de Saint Stephen à Vienne,
comme leVatican avec l’aval du Pape, n’hésitant
pas à lui ouvrir ses portes. Il est de ce fait loisible
de penser que l’intervention de Spellman a constitué un
contretemps enrichissant pour le cinéaste de confession
juive, qui jusque là n’appréhendait
l’Eglise Catholique que sous l’angle d’un
monolithe érigeant l’obédience absolue à son
culte comme un impératif.
De fait, au travers des différents portraits d’hommes
de Dieu brossés au hasard des méandres de
sa fresque somptueuse, Preminger témoigne de cette
relative autonomie laissée aux individus dans le
cadre à priori restrictif et aliénant de
l’organisation ecclésiastique. Par leurs initiatives
progressistes non systématiquement bridées
(Cardinal Glennon / John Huston), par leur ouverture aux
souffrances du monde (les pères Haley ou Gillis
respectivement interprétés par Burgess Meredith
et Ossie Davis), par leur rouerie de diplomates (le cardinal
Quarenghi / Raf Vallone voire même le tristement
célèbre Cardinal Initzer / Josef Meinrad)
les différentes figures en présence tendent à maintenir
cet équilibre précaire de toute institution
entre une attirance naturelle vers la facilité totalitaire,
ici génialement synthétisée par la
figure conservatrice du puissant Cardinal Giacobbi (Tullio
Carminati) et une conscience autonome, humaine, voire démocratique.
Alors
que dans Exodus ou Advise and consent la
diégèse
premingerienne s’exprimait par la multiplicité des
personnages et des points de vue associés, la démarche
du Cardinal est toute différente. En effet
son acception du monde se dessine à travers le regard
d’un
seul homme, le père Formoyle, dont la conscience
et le caractère se forgent au contact de ses pairs
tout autant que par sa propre expérience de la vie,
au cours du quart de siècle humain le plus lourd
de signification de notre histoire. Resserrer le scope
de la fresque à la compréhension forcément
subjective d’un seul homme permet paradoxalement
au cinéaste de donner une représentation
du monde plus ample peut-être et d’un plus
grand pharisaïsme assurément. Une fois affranchi
des doutes inhérents à son absence de maturité (son
magnifique monologue face à Glennon – "I
don’t know what will become of me, I must find what
else I can do, but I think and I pray that there may be
another kind of life for me ; a life that was meant for
me, that will let me sleep nights" - s’impose
comme une évidence trop souvent ignorée ou
refoulée par la plupart d’entre nous), Stephen
Fermoyle est paré par le cinéaste de toutes
les valeurs auxquelles il n’aura eu de cesse de se
référer durant sa carrière de producteur
et réalisateur indépendant.
Fermoyle n’est pas Preminger. Par sa rudesse de
façade, sa faculté à obtenir d’autrui
par des voies détournées ce qu’implicitement
il se montrerait peu enclin à offrir, nous sommes
en droit de penser que c’est dans la figure pittoresque
du Cardinal Glennon, incarné avec une puissante
truculence et un brio goguenard par son confrère
John Huston dans sa première performance d’acteur à l’écran
(elle lui vaudra une nomination à l’Oscar
du meilleur second rôle masculin) que Preminger s’est
incarné. Non, Fermoyle représente l’homme
tel que Preminger l’idéalise, homme de challenge
et de convictions n’ayant de cesse de passer sur
ses échecs, évidemment nombreux, pour tendre
vers le sens, mieux vers le but, qu’il entend donner à sa
vie. Cet insatiable appétit à s’accomplir
humainement justifie sans réserves les digressions
dramatiques, tels que les épisodes viennois et géorgiens
ajoutés au roman par le cinéaste et son scénariste
Robert Dozier, que lui ont souvent reprochées les
critiques.
De cette fresque humaine aux moyens
de superproduction ressortent deux admirables et douloureux
portraits de femmes
qui en accentuent le caractère intimiste. Ces portraits
ne participent en rien d’une veine mélodramatique
(la suavité froide et comme faussement détachée
du style de Preminger en fait peut-être le grand
cinéaste hollywoodien le plus étranger aux
règles du mélodrame –voire en ce sens
son étonnant traitement dramatique d’Ambre)
mais alimentent le fardeau porté par la conscience
de Fermoyle et nourrissent la complexité de son
personnage.
Il y a tout d’abord Mona, la sœur perdue, perdue
par le refus de son frère à dépasser
la rigidité du dogme pour bénir son union
avec un amant de confession juive, et à laquelle
Carol Lynley prête sa silhouette gracile et fragile
(elle incarne en fait un double rôle puisqu’elle
est ensuite Regina, la propre fille de Mona, qui ne doit
son existence qu’au terrible arbitrage perpétré par
son oncle). Dire que l’intensité tragique
de la future vedette de Bunny Lake is missing fait merveille
est un euphémisme. Rarement comédienne aura
irradié la désespérance avec une telle
conviction fiévreuse. Une aubaine pour le génie
du gros plan manifesté par Leon Shamroy, sans égal
pour magnifier cette lueur évanescente et inquiète
dans le regard de la jeune fille lors de la scène,
presque insoutenable, du confessionnal.
Tout aussi inspiré se montrera le mythique chef
opérateur de The Black Swan, Leave
her to heaven,
Forever Amber ou Cleopatra lorsqu’il
s’agira
de sublimer par le cadre la résignation fière
et pathétique de Annemarie (Romy Schneider n’a
jamais été plus belle ni plus émouvante),
amante virtuelle compromise par dépit amoureux plus
que par illusion dans le naufrage du nazisme, et recouvrant
devant la mort le courage et la lucidité morbide
de ses opinions : "Even when two people have very
little to share, it is possible for them to make some sort
of a life together... Until one of them has a very strong
need of the other."
L’émotion suscitée par la mort de
ces deux superbes figures féminines tient autant
de la magnifique évidence de la caractérisation
des deux personnages que du traitement cinématographique
pur, chaque fois en hors champs et privilégiant
le son. S’il fallait célébrer le génie
formel à travers quelque plan, ces deux séquences
presque jumelles y suffiraient amplement. Dans le premier
cas, une porte d’hôpital qui se claque sur
la malheureuse agonisante, hurlant une dernière
fois un vain appel à l’aide auprès
de ce grand frère autrefois si providentiel dans
son soutien, ce dernier effondré de dos face aux
battants. Un fondu sur le visage mûri mais pas apaisé dudit
frère que l’on intronise évêque,
tandis que résonne, pathétique, l’appel à l’aide
assourdi de Mona ; assourdi mais peut-être encore
plus bouleversant. Un lent travelling arrière suivi
d’un court filé latéral isole Stephen
dans ses remords et sa culpabilité ; l’impact
est poignant. La séquence finale est à l’identique.
Le regard à la fois serein et éperdu de Romy
se dilue à travers les barreaux de sa geôle
jusqu’à se fondre en celui de Stephen, que
l’on s’apprête cette fois à faire
archevêque et cardinal. Même travelling arrière,
même filé ; mais l’homme se ressaisit
cette fois dans un plan d’ensemble altier : le temps
n’est plus à la contemplation et aux atermoiements
romantiques. 1939 appelle au rassemblement de tous les
hommes de bonne volonté démocratique...
Les
rapports extrêmement tendus entretenus par Preminger
avec son principal interprète, le quasi débutant
Tom Tryon, qui avait néanmoins déjà tenu
un premier rôle dans un film de guerre de Walsh (Marines,
let’s go !) généralement jugé très
mineur, sont restés célèbres. Il n’est
pas exagéré de prétendre qu’ils
ont même contribué pour beaucoup à donner
corps au mythe du terrible despote Preminger. Néanmoins
tous les témoins, de Carol Lynley à Ossie
Davis sont formels ; le cinéaste s’est acharné sur
le jeune comédien, qu’il avait pourtant choisi
de son plein gré, et qu’il devait diriger
une deuxième fois - comble de l’ironie -
dans son film suivant, Première victoire, en manifestant
autant de férocité. Mais force est d’avouer
que l’acteur livre une prestation convaincante et
assez inattendue, d’une retenue sobre mais jamais
monolithique, qui reste son seul titre de gloire à ce
jour. Preminger estimait que pour obtenir une performance
puissante et forte d’un comédien enclin à la
gentillesse naturelle il lui fallait le pousser dans ses
derniers retranchements au besoin en se montrant dur et
rude dans sa direction d’acteur. Il ajoutait aussi
qu’il lui fallait bien connaître son interprète
pour savoir combien il serait en mesure d’encaisser.
Il semble qu’avec Tryon il ait réussi à obtenir
cette substance qu’il cherchait à extraire
de la personnalité de son acteur, mais qu’il
n’ait pas bien mesuré la solidité psychologique
de l’homme : ce dernier s’est toujours dit
littéralement brisé par le traitement que
lui avait fait subir son metteur en scène.
Epopée humaine grandiose par ses dimensions et
intimiste par son traitement, portée par un score
majestueux composé par Jerome Moross, qui intègre
superbement les influences musicales géographiques
mais aussi temporelles de chaque épisode, The
Cardinal est l’œuvre
d’un romancier curieux de
son monde mais dont la verve ironique n’est jamais
totalement éteinte, fut-elle dirigée contre
ce pays d’adoption que le cinéaste adore,
comme en atteste le merveilleux commentaire que Dozier
et Preminger confient à la diction récitative
d’un dandy viennois gourmand de la vie : "You
know what that prohibition is like ? It’s like they
want to eliminate the evils of rape and pass a law against
making love. Can you imagine a life without making love
?".
Suprêmement dialoguée ("I can
not ask you to kiss me when you are still married to the
church, but in Vienna, even for a married man, it is a
sin not to dance a waltz") et découpée
c’est aussi l’une des œuvres les plus
significatives de la facette de poète presque utopiste
du cinéaste. Trop oubliée aujourd’hui,
elle lui valut sa deuxième nomination à l’Oscar
de la meilleure réalisation... 19 années
après Laura. Les votants n’avaient sans doute
vu ni Forever Amber, ni Carmen Jones, ni The
man with the golden arm, ni... tant d’autres...
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Les presque trois
heures de film sont encodées sur un seul et unique DVD, le second étant
consacré aux suppléments, mais sans que le
film ait trop à en souffrir, contrairement à Exodus (qui
il est vrai accuse plus d’une demi-heure de
métrage supplémentaire). Le Cardinal ne
bénéficie
sans doute pas du bitrate le plus élevé qui
soit mais la compression sait néanmoins rester discrète.
Seuls quelques arrière-plans légèrement
brouillés (je pense à la montée d’Ossie
Davis vers le Vatican en 1934 révélant un
panorama romain assez imprécis, ou aux évolutions
des valseurs derrière le couple Romy - Tom Tryon
durant la séquence de bal viennoise) et éventuellement
quelques mouvements de caméras rapides et exigeants
trahissant un soupçon de saccade sauront vous rappeler
que vous visionnez une copie numérique et non argentique.
Le
nouveau master digital est absolument
somptueux. La définition reste précise en
toutes circonstances, les contrastes sont parfaits, la
stabilité des
couleurs comme leur profondeur sont impressionnantes.
Le grain reste en toute occasion modéré,
même lorsque le Cinémascope de Maître
Shamroy cadre les extérieurs viennois le temps
d’une digression romantique sur un Danube baigné d’une
lumière printanière. Comme les outrages
du temps ne semblent pas avoir eu de prise sur le matériau
utilisé pour ce
nouveau master digital (je n’ai à priori
décelé aucun défaut de surface dans
des conditions normales de projection en dehors, tout
au plus, d’une dizaine de points blancs – peut-être
se feraient-ils jour en vidéoprojection...), le
cinéphile admirateur de Preminger tient en ce
qui concerne la qualité de l’image une édition
de référence en tout point digne de celle
de Carmen Jones chez Fox.
D’autant que les caractéristiques sonores ne remettent rien en cause. Pas de remix gadget en 5.1
dans le cas présent mais une unique piste stéréo
enhanced qui fait preuve d’une belle ouverture
et d’une dynamique très satisfaisante. Pas
une once de souffle mais une puissance indiscutable (de
bonnes enceintes sont requises pour honorer dignement
la plongée dans les basses le temps de la séquence
de tango dansée par l’admirable Carol Lynley
et son partenaire Jose Duval), une précision spatiale
remarquable, un beau relief enveloppant du score musical
: il n’y a rien à redire, la qualité de
cette piste sonore est en tout point exemplaire.
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L’accueil sur
chacun des deux disques de ce coffret se fait au
gré de menus fixes mais agrémentés des accords majestueux
du main title composé par Jerome Moross.
Sur
le disque 1, les suppléments sont anecdotiques.
Ils se limitent à la présentation d’une fiche
technique très lapidaire puisque se réduisant
presque au casting (section Cast and crew) et à celle
des récompenses, dans la section Awards. N’y
sont pas recensés les nominations aux Oscars
1963.
L’index des scènes propose un découpage
très précis, puisque constitué de
47 séquences.
C’est donc sur le second disque que sont regroupés
les suppléments susceptibles d’apporter
une véritable plus-value à cette édition
de très bonne tenue technique.
La bande annonce traditionnelle répond bien évidemment à l’appel.
Présentée au format vidéo 16/9 dans
son ratio 2.35 d’origine, elle s’avère
très granuleuse et arbore des couleurs passées.
Elle permet en tout cas de mesurer le superbe travail
de restauration réalisé sur le film.
Alléchante, la featurette d’époque
Behind the scenes (5’50) se révèle
en définitive fort décevante. Montée
autour de la structure de la bande annonce dont elle
est manifestement contemporaine (elle s’ouvre et
s’achève sur un commentaire off identique)
il ne s’agit que d’un clip promotionnel se
bornant à présenter les différents
lieux de tournage, et à égrainer les principaux
protagonistes et leurs interprètes à l’écran
pour chacun des épisodes successifs de la fresque.
Cette featurette de toute évidence conçue à l’origine
pour le cinéma a par ailleurs été recadrée
sans grâce pour la petite lucarne comme en attestent
les noms parfois honteusement tronqués de certains
des acteurs.
La plus-value est donc apportée par le document Anatomy
of a film maker, un long (1h59) et passionnant
documentaire consacré au réalisateur,
produit et réalisé par Valerie A. Robson
en 1991 pour... les Productions Otto Preminger (sic).
Découpé en
27 chapitres accessibles depuis un index au menu, ce
documentaire de référence est présenté par
Burgess Meredith, ami des Preminger et interprète
du cinéaste pour Advise and Consent (le
témoin
accusateur du passé communiste de Fonda/Lefingwell),
The Cardinal (il est ici le très humble
curé de
la paroisse canadienne de Stonebury) et pour le trop
conventionnel In Harm’s Way, autour du
cataclysme de Pearl Harbour. Schématiquement,
cette étude
se conforme à un
déroulement chronologique, et met l’accent,
jusqu’à The man with the golden arm inclus,
sur la volonté d’indépendance et
le combat de libéral convaincu contre toutes les
censures les plus indues, puis dresse un portrait de
l’homme tout entier dévoué à la
matérialisation de sa vision cinématographique.
Bien que produit par les ayant droits de Preminger, le
doc ne cache rien des zones d’ombres du célèbre
tyran, et certaines charges menées à son
encontre sont pour le moins accablantes (je pense bien évidemment
ici au cas Tom Tryon). Nous regretterons malgré tout
que ce documentaire présente en définitive
les mêmes
omissions que l’autobiographie du cinéaste.
Après Laura, les grands films des années
passées dans l’usine à saucisses
Fox sont trop éludés (y compris Forever
Amber qui nourrit pourtant sa farouche détermination à s’affranchir
des excès de la censure), au même titre
que certaines autres œuvres maîtresses de
sa carrière : pas un mot de ses deux drames lyriques
interprétés par des noirs (Carmen Jones et Porgy
and Bess), rien non plus concernant The court
martial of Billy Mitchell ou Angel Face (une œuvre
de commande, certes, mais quelle commande !) et Exodus
n’y est mentionné que pour "l’affaire
Dalton Trumbo". A contrario, même
s’il constitua sa première production
indépendante
et sa première joute contre l’oppression
des censeurs, nous serions en droit d’estimer que
le document fait trop de place au plaisant mais anodin
The moon is blue.
Néanmoins l’exégète n’y
trouvera pas de quoi bouder son plaisir, d’autant
que lorsqu’il est question de Preminger, les études
et autres archives bibliographiques se réduisent à peau
de chagrin.
Saluons enfin le bel hommage rendu à Saul Bass,
et indirectement à Otto Preminger qui contribua
très largement à l’imposer, puisque
c’est à lui qu’a incombé la
tâche de concevoir le design du générique
de ce documentaire, sur les accords du thème musical
d’Exodus, ainsi que le graphisme des titres de
fin, au son des rifs jazzy de The man with the golden
arm.
Notons enfin que la jaquette annonce
un supplément
nommé Preminger Film Highlights, mais que cette
section reste introuvable dans les menus. A contrario,
la section Cast and Crew n’y est pas mentionnée...
Conclusion : Elégamment
présentée dans son fourreau
rouge d’où se détache le design du
logo imaginé par Saul Bass, cette Special Edition
de l’admirable film fleuve de Preminger est un
must de toute DVDthèque qui se respecte.
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