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Réalisé par Robert Aldrich
Avec Burt Lancaster, Jean Peters, John
Dehner, Paul Guilfoyle
Scénario : James R. Webb d’après
le roman ‘Bronco Apache’ de Paul I. Wellman
Musique : David Raksin
Photographie : Ernest Laszlo
Un film United Artists
Usa - 84 mn - 1954
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MGM
84 mn
Zone 2
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Langues : Anglais / Français /
Italien / Espagnol / Allemand
Sous titres : Français / Anglais
/ Allemand / Italien / Espagnol / Grec / Suédois / Hongrois
/ Polonais
Mono d’origine
Chapitrage et menus fixes |


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Geronimo
ayant déposé les armes, l’Indien
Massaï se considère comme ‘le dernier des
Apaches’, le seul ne souhaitant pas capituler dans la
lutte de son peuple contre ‘l’homme blanc’.
Capturé et mis avec ses frères de race dans
le train qui les conduit dans les réserves de Floride,
il s’en échappe. Il va alors traverser le quart
des Etats-Unis afin de retourner auprès de sa tribu.
Il rencontre, au cours de sa fuite, des Cherokees qui ont
su rester libres et ont réussi à vivre en bons
termes avec les blancs grâce à leur savoir-faire
dans la culture du maïs. De retour au Nouveau-Mexique,
il souhaite inculquer cet exemple aux quelques Apaches désormais
parqués mais il est trahi par l’un des siens,
Hondo, qui convoite Nalinle, l’Indienne amoureuse de
lui. Réussissant à se libérer à
nouveau, il décide de poursuivre la lutte ‘seul
contre tous’. |
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En
1953, une résolution de ‘la Chambre des Représentants
et du Sénat’
fait enfin considérer les ressortissants indiens
des Etats-Unis comme des citoyens à part entière,
et confirme ainsi la loi de citoyenneté de 1924.
L’année suivante, la politique inaugurée
par le gouvernement de Washington permet à de nombreux
réalisateurs et producteurs de réhabiliter
comme il se doit ce peuple assez malmené au cinéma
depuis ses débuts. Mais il serait idiot de généraliser
en affirmant qu’avant les années 50, tous les
westerns ont montré avec mépris et haine la
nation indienne. Même à l’époque
du muet, certains cinéastes, suivant la tradition
instaurée par James Fenimore Cooper en littérature,
avaient décrit avec respect et sympathie le ‘bon
sauvage’ mais souvent, comme le prouve cette expression,
avec une certaine condescendance. Sinon effectivement, un
très grand nombre de films en faisaient, sans aucune
finesse, ‘les méchants’ qu’il fallait
absolument massacrer. A la fin des années 40, John
Ford montre des tribus souhaitant sincèrement vivre
en paix dans l’élégiaque La charge
héroïque. Mais ce sont Delmer Daves et
Anthony Mann qui ouvrent royalement la voie de cette véritable
réhabilitation des Indiens avec, respectivement,
La flèche brisée et La porte
du diable, tous deux de 1950.
Il est pourtant permis de préférer
le film de Robert Aldrich, violent réquisitoire contre
la condition des Indiens d’Amérique, à
ces illustres prédécesseurs. Le scénario
de James R. Webb (qui sera également l’auteur
d’un autre très beau film ‘pro-indien’
: Les Cheyennes de John Ford) est remarquablement
écrit, le plaidoyer est lui aussi sincère
mais beaucoup plus vigoureux, et le personnage de Massaï
possède bien plus de relief et de densité
psychologique que ceux de Cochise qu’interprètent
Jeff Chandler dans La flèche brisée
et Lance Poole joué par Robert Taylor dans La
porte du diable. Attention, il ne s’agit pas
ici de dénigrer ces deux beaux films, très
courageux pour l’époque, mais d’affirmer
qu’Aldrich ose encore aller plus loin dans la dénonciation.
Le propos de son western est plus subtil et a pu paraître
ambigu à certains (surtout à cause de la scène
finale sur laquelle nous reviendrons plus tard) ; en effet
Massaï est loin d’être un personnage manichéen.
Il s’agit au contraire d’un individualiste forcené,
égoïste, violent et même quasiment paranoïaque,
persuadé qu’il a le monde entier pour ennemi,
aussi bien les soldats que ses anciens frères d’armes.
Ce qui n’est pas loin d’être vrai mais,
s’étant exclu lui-même de toute possibilité
d’avoir une quelconque sociabilité, c’est
de son plein gré qu’il se place dans cette
situation, ne tenant pas à capituler et à
renoncer au combat même si la cause est définitivement
perdue à cette époque. Sa guérilla
solitaire part évidemment de très bonnes et
loyales intentions, et la cause pour laquelle il lutte est
très juste, le ‘dernier Apache’, comme
il se nomme lui-même, ne supportant pas les conditions
dans lesquelles ses frères sont traités non
plus que les brimades et vexations qui leurs sont infligées
; mais il va sans dire qu’il refuserait à coup
sûr d’écouter toute proposition d’amélioration
de la situation tellement il est têtu et persuadé
de sa fin inéluctable, qu’il se batte ou non
: "Je suis un guerrier et un guerrier ne vaut rien
sans la haine ; tous les blancs, tous les indiens sont mes
ennemis. Je ne puis les tuer tous, un jour c’est eux
qui me tueront." Alors qu’il décide de
cultiver lui-même son champ de maïs pour subsister,
il recrée son monde à l’écart
des autres, avec l’aide unique de Nalinle, dans l’aridité
d’une montagne menaçante. Toutes ses actions
et tentatives sont donc exaltées, lyriques mais aussi
désespérées et suicidaires. On a encore
du mal à reconnaître dans ce scénario,
le Aldrich cynique qui se dévoilera la même
année avec Vera Cruz, mais il s’agissait
là d’un film de commande.
En effet, Alerte à Singapour,
le second long métrage du réalisateur, avait
attiré l’attention de Burt Lancaster et Harold
Hecht qui lui confièrent alors la mise en scène
de Bronco Apache, leur dernière production.
Le film suit d’assez près l’odyssée
véridique et singulière d’un Indien
Apache nommé Chiricahua dont le grand peintre de
l’Ouest, Frederic Remington, avait appris l’histoire
de la bouche d’un scout servant la cavalerie fédérale
à la fin du XIXe siècle. L’acteur se
donne le rôle principal en y insufflant toute son
énergie, puisqu’il passe son temps à
courir, bondir, sauter devant la caméra souple et
vive du réalisateur. Aujourd’hui, on aurait
un peu facilement tendance à être agacé
de voir tenir des rôles d’indiens par des acteurs
n’appartenant pas à cette race, mais à
l’époque, les personnages principaux se devaient
d’être interprétés par des stars
pour éviter un échec au box-office. Et il
serait pour cette raison un peu ridicule de critiquer cet
état de fait puisqu’il faut bien constater
que ces acteurs, la plupart du temps, furent très
convaincants dans leur rôle de ‘peaux-rouges’.
Dans Bronco Apache, les acteurs blancs, grimés
en Indiens, sont d’une crédibilité totale.
On sent le fond de teint à plein nez et les yeux
bleus de Burt Lancaster étonnent un peu au début,
mais une fois acceptés ces faits, nous n’y
portons plus attention et la performance se révèle
vraiment étonnante. Burt Lancaster ne se laisse pas
aller au cabotinage comme il a parfois eu tendance à
le faire et Jean Peters dans la peau de cette squaw fière
et forte trouve ici l’un de ses plus beaux rôles.
La scène où Nalinle, repoussée par
Massaï qui ne veut pas s’encombrer d’une
femme dans sa fuite, l’empêche de la suivre
à coups de bâton dans le ventre, mais où
elle persiste et continue à suivre ses traces en
se traînant, se griffant, se déchirant les
genoux et les pieds jusqu’à tomber épuisée
dans les bras d’un Massaï ému par ce courage,
est prodigieuse de force, de poésie et de lyrisme
et l’actrice y est pour quelque chose. Charles Bronson
n’a qu’un tout petit rôle mais son visage
buriné fait merveille et Delmer Daves le fera interpréter
l’année suivante le personnage de l’indien
révolté ‘Captain Jack’ dans son
très intéressant historiquement L’aigle
solitaire (Drum beat).
Revenons-en maintenant à ce final
tant décrié par une grande majorité
mais sans lequel nous n’aurions certainement pas eu
ces paroles d’un cynisme totalement ‘aldrichien’,
prononcées par le ‘chasseur d’indien’
John McIntire qui regrette la capitulation des ‘peaux
rouges’ car "c’était la seule guerre
qu’on avait et j’ai bien peur qu’on n’en
ait pas d’autres avant bien longtemps ; j’avais
du boulot avec eux dans les parages." : phrase qui
renforce encore la violence du réquisitoire et préfigure
le Aldrich des films suivants. Cette ultime scène
n’était pas celle voulue par le réalisateur
et le scénariste. SPOILER En effet, Hondo (Charles
Bronson) devait tuer son frère de race après
la traque finale au milieu du champ de maïs. Les Artistes
Associés et Ben Hecht, effrayés par un tel
pessimisme, arrivèrent à imposer la leur,
dans un premier temps refusé par Burt Lancaster,
et nous nous trouvons maintenant devant un final qui détonne
un peu puisque Massaï, entendant les cris de son nouveau-né,
décide de renoncer au combat et de fonder une famille
oubliant toute velléité de combat. FIN DU
SPOILER Malgré tout, je ne pense pas que cette séquence
affaiblisse la portée du plaidoyer sincère
d’Aldrich puisque la cause de Massaï était
perdue dès la première scène du film
dans laquelle on apprenait d’emblée qu’il
ne restait plus que lui à n’avoir pas accepté
la reddition. Dans ce cas, pourquoi ne pas accepter ce happy-end
qui n’enlève aucune fierté à
ces deux personnages hors du commun ? Ils renoncent au combat,
mais qui dit que ce n’est pas pour suivre l’exemple
des Cherokees ? Tout porte à le croire, ce qui ferait
d’eux des messagers d’espoir pour leur peuple
et amènerait enfin, par une reconversion peu déshonorante,
une paix voulue par les deux camps. Mais est-ce possible
que le réalisateur de Vera Cruz ait pu croire
à ceci ? Assez peu probable effectivement, et les
westerns pro-indiens des années 70 seront beaucoup
plus radicaux et défaitistes y compris un autre d’Aldrich
sur un thème assez semblable : Fureur Apache
(1971). Plus radicaux certes mais beaucoup moins poétiques.
Car en plus de la fameuse scène
de l’acharnement de Nalinle à suivre Massaï,
montrant l’amour des deux personnages après
la cruauté et la brutalité de leurs rapports
initiaux, il faudrait citer aussi celle ou Massaï,
la tête couchée sur le ventre de Nalinle, apprend
qu’il va être père ; peut-être
l’une des rares scènes de tendresse de tout
le cinéma d’Aldrich : quelle émotion
et quelle connivence entre les deux acteurs ! A côté
de ces quelques moments de calme, une aventure menée
tambour battant sans quasiment aucun temps mort, à
la mise en scène vigoureuse et nerveuse dont la figure
de style récurrente est le long travelling latéral.
Un travelling sur les soldats en embuscade débute
le film et Aldrich l’utilisera encore très
efficacement à de nombreuses reprises et notamment
dans la scène remarquable au cours de laquelle Massaï
découvre, apeuré et intrigué, une rue
de Saint-Louis et sa ‘faune’ bigarrée
et braillarde. Délaissant le format large, le réalisateur
préfère filmer ses personnages de très
près, et pour cela, cadre assez serré. Son
utilisation nerveuse de la caméra, ses cadrages modernes
ressemblant assez à ceux de John Huston et une science
du montage assez étonnante, sèche et nerveuse,
tous ces éléments mis en application sur Bronco
Apache font de Robert Aldrich l’un des premiers
‘non-classiques’ du western. Bref, sans atteindre
les sommets d’un genre qui n’en est pas avare,
surtout dans les années 50, nous nous trouvons devant
un film remuant, attachant, violent et généreux,
opposant un certain réalisme, préfigurant
les westerns de Peckinpah, à de saisissantes envolées
lyriques ou poétiques. Avec ce troisième film,
Aldrich démontre sa virtuosité et se hisse
immédiatement au niveau des plus grands.
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Image
: Des amorces ou fin de pellicules aux couleurs étrangement
délavées, deux trois bouts de scènes
assez mal définies, quelques autres assez abîmées
ou à la colorimétrie vacillante… Si
vous avez pris peur à cette description, sachez que
si l’on s’amuse à additionner le temps
que durent tous ces défauts réunis, je pense
que nous aurions du mal à atteindre les 5 minutes.
Pour le reste, il faut se rendre à l’évidence
: nous sommes devant l’une des plus belles copies
de western en couleur sorti sur le support DVD. Nous n’avions
jamais vu ce beau film dans un tel état et avec une
aussi belle photographie splendidement restituée.
Les ciels sont bleus vifs, les rouges sont éclatants,
les verts sont profonds : toute la magie saturée
du technicolor défile sous vos yeux émerveillés.
Son : La bande son
est proposée dans un mono d’origine : elle
est claire, les dialogues se détachant nettement
et la partition lyrique et assez moderne de Raksin (étonnante
de la part de ce compositeur plutôt classique et
qui préfigure les musiques du compositeur attitré
d’Aldrich, Frank De Vol) bénéficiant
d’un traitement tout à fait correct.
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En bonus, une seule bande annonce d’origine
non sous titrée et pas toute jeune mais avec l’aide
de laquelle vous allez pouvoir vous rendre compte de la
qualité de la copie présentée comparativement
aux couleurs passées de celle-ci. Le strict minimum
mais l’essentiel est présent, à portée
de carte bleue, un beau film bénéficiant
d’un très beau master contrairement, chez
le même éditeur, à un Vera Cruz
assez décevant.
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