
Brannigan
Réalisé par Douglas Hickox
Avec John Wayne, Richard Attenborough,
Judy Geeson, Mel Ferrer, John Vernon, James Booth, Lesley Ann Down,
Ralph Meeker, Daniel Pilon, etc.
Scénario :Chistopher Trumbo et
M. Butler (d’après leur roman) + W. P. Mc Givern et W.
Norton
Musique : Dominic Frontier
Photographie : Gerry Fisher (B.S.C.)
Un film M.G.M.
GB -USA
116mn - 1975 |

Zone
2
Éditions M.G.M.
116 mn 30 secondes
Format cinéma : Panavision 2.35
Format d’encodage : 2.35 compatible
16/9
Couleurs De Luxe
Langues : anglais / français Dolby
digital mono
Sous-titres : français |


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Le
lieutenant de police américain Brannigan (John Wayne)
sur lequel pèse un contrat lancé par la pègre
est chargé par le capitaine Moretti (Ralph Meeker)
d’aller personnellement extrader de Londres le gangster
Larkin (John Vernon). Il est accueilli chaleureusement par
le "Commander" Swann (Richard Attenborough) en dépit
du fait qu’il porte constamment sur lui son revolver
Colt "Diamondback" de calibre 38 spécial.
Cette précaution va se révéler sage :
Larkin est enlevé, rançonné par un gang
mystérieux dirigé par Charlie (James Booth)
tandis que Gorman (Daniel Pilon), un tueur professionnel américain
à qui on a remis de l’argent et Luana (Lesley
Ann Down) en cadeau de bienvenue à Londres, menace
Brannigan personnellement et manque de tuer son accompagnatrice
anglaise Jennifer (Judy Geeson). Fields, (Mel Ferrer) l’avocat
de Larkin, mène les négociations entre le gang
et la police. Plus question pour Brannigan d’une visite
de courtoisie : une course contre la mort et contre la montre
est engagée... |
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Tourné
en Angleterre dans la foulée du plastiquement assez
beau McQ [Un silencieux au bout du canon] (USA
1974) de John Sturges, Brannigan (USA-GB, 1975)
de Douglas Hickox est le second grand film policier violent
des années 70 interprété par John Wayne
(1907-1979). Âgé et souffrant d’un cancer,
la star continuait à se passionner pour le métier
d’acteur et déclarait : "J’avais
envie de changer un peu. Naturellement mon style, c’est
le film d’action et aujourd’hui le film d’action,
c’est le film policier avec un flic impitoyable."
(cf. : Philippe J.-P. Ferrari, “John Wayne”,
éd. Solar, coll. Solarstars, Paris 1980, p. 60).
Dans la filmographie de Hickox, Brannigan est le
plus sage de ses trois grands polars : The Screaming
Target [La cible hurlante] (GB 1971) était virulent,
désespéré, ultra-violent, confinant
parfois au fantastique. Blackout (GB 1986), sera
un très étonnant et très angoissant
film noir flirtant aussi avec l’horreur, l’épouvante
et le cinéma fantastique. Hickox est coutumier de
ces mélanges comme l’avait déjà
prouvé son fameux Theater of Blood [Théâtre
de sang] (GB 1973) deux années auparavant.
Brannigan bénéficie de plusieurs
éléments évidents : la mise en scène
de l’esthète britannique Douglas Hickox, la
direction de la photographie de Gerry Fischer (B.S.C.),
la musique de Dominic Frontiere et un casting éblouissant
qui rassemble près d’une dizaine de stars du
cinéma de série A comme B de l’époque
– dont le toujours étonnant James Booth, trop
méconnu en France. Et tout cela au service d’une
idée de départ très séduisante
: faire débarquer John Wayne à Londres un
peu comme Don Siegel avait fait débarquer Coogan/Eastwood
à New York dans Coogan’s Bluff [Un shérif
à New York] (USA 1968). Hickox compose effectivement
un portrait de Londres d’une beauté plastique
pointilliste dont chaque élément est l’occasion
d’une séquence virtuose : la rencontre entre
Sir Swann et Brannigan dans un "club" au luxe
raffiné et aux stricts usages, l’enlèvement
de Larkin dans un autre club réservé aux "mauvais
nouveaux riches", la récupération de
l’argent de la rançon dans une boite aux lettres
de Piccadilly Circus sous surveillance des gangsters et
de la police, la poursuite en voiture jusqu’au Pont
de la Tamise, la filature de la Rolls jusqu’aux docks
désaffectés, etc.
Mais
Hickox ne se contente pas d’être un réalisateur
illustrant un sujet aussi évident que celui de l’exotisme.
En grand cinéaste anglais des années 70, il
cultive la violence et l’ambivalence. Les 4 scénaristes
et adaptateurs ont d’ailleurs parfaitement écrit
un scénario assez complexe et composé comme
un miroir aux facettes multiples. Sous ses dehors policés,
la visite de Londres nous entraîne dans une relative
descente aux enfers, un enfer sournois parfois émaillé
d’une scène ironique plus ou moins noire destinée
à relâcher la tension, voire comique (la bagarre
dans le pub à la violence délirante renvoie
à celles des westerns classiques tournés par
Wayne). Mais l’impression d’ensemble demeure
celle d’une superposition de niveaux de plus en plus
étouffante à mesure qu’ils sont révélés
: le spectateur pense que le policier américain est
plus lucide que l’Anglais, puis cette idée
s’inverse, puis elle est à nouveau contredite,
etc. L’impossibilité pour aucun des personnages
d’avoir une vision réellement claire et exacte
de son environnement – qui se délite et se
recompose sans cesse - ni de sa situation – de celle
d’être menacé à celle de menacer
autrui - quelle que soit sa position renforce cette perpétuelle
inquiétude du spectateur. Hickox ne la pousse certes
pas dans ses retranchements (catégorie A oblige !)
mais certaines séquences rappellent la virulence
dramatique et plastique de The Screaming Target [La
cible hurlante] (GB 1971) qui reste son chef-d’œuvre
dans le genre policier. Au total, une beauté plastique
constante au service d’un film grand public acquittant
très honnêtement son contrat avec les producteurs
anglo-américains mais un film traversé par
des éclairs baroques ou glacés de bruit et
de fureur. De la manière d’insuffler une violence
typiquement B dans un film conçu comme A. Du grand
art qui culminera avec Zulu Dawn [L’ultime attaque]
(GB 1979) au casting et aux moyens tout aussi prestigieux.
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Format
2.35 compatible 16/9 pour un film tourné en Cinémascope
2.35, Panavision et couleurs De Luxe : choix rationnel.
Par rapport à la VHS enregistrée lors d’un
passage en format respecté 2.35 pur et dur à
la fin des années 1980, il semble que le ce 2.35
compatible 16/9 inventé pour le DVD affadisse un
peu les couleurs, les neutralise un peu, les refroidissent.
Il semble aussi qu’on perde du cadre sur les bords.
Mais cette impression visuelle dépend de la taille
de l’écran : visionné sur un DVD-ROM
de PC et sur un moniteur de 19’’, l’image
du DVD se réchauffe immédiatement et la perte
d’écran semble annulée. Sur un grand
écran de TV à tube classique (qui surpasse
encore pour le moment les nouveaux écrans plasma
et LCD en qualité de restitution, il n’est
pas inutile de le rappeler) au format 16/9 avec écran
de 82cm, le phénomène semble plus visible.
Notons que c’est un phénomène qui ne
se produit que pour les transcriptions compatible 16/9 -
pas toutes d’ailleurs, assez curieusement - et non
pour les encodages 16/9 purs, comme en témoigne par
exemple l’admirable encodage purement 16/9 du DVD
zone 2 Warner de Dracula [Horror of Dracula/Le cauchemar
de Dracula] (GB 1958) de Terence Fisher, qui n’était
d’ailleurs pas un ‘scope d’origine’.
En revanche, définition, luminosité, gestion
des contrastes sont évidemment bien supérieures.
Excellent report à partir d’une copie bien
nettoyée dans l’ensemble. L’image de
la B.A. est malheureusement sale et granuleuse. Magnifique
travail de direction de la photographie de Gerry Fischer
(B.S.C.).
Dolby Digital mono d’origine 2.0
pour toutes les langues. La VF d’époque est
excellente et les voix conviennent parfaitement aux personnages,
tant dramatiquement que psychologiquement. Techniquement,
le travail est très réussi pour l’époque
: la musique du grand compositeur Dominic Frontiere constitue
un très beau commentaire aux scènes majeures.
Bon équilibrage des différents éléments.
La B.A. est en VO non sous-titrée et non doublée.
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Le
menu principal est visible en 5 langues (anglais, allemand,
français, italien et espagnol) et c’est la
première sélection à laquelle vous
êtes convié par l’affichage. Une fois
choisie votre langue, vous avez accès au menu lui-même
affiché dans ladite langue. Il est présenté
agréablement et rationnellement. C’est d’ailleurs
pratiquement sa seule qualité : il est d’une
pauvreté qui confine au dépouillement le
plus janséniste. Le seul supplément est
une B.A.
B.A. originale : c’est le seul
supplément à proprement parler. Format 2.35
compatible 16/9. Durée : 2’. Elle est excellente,
très bien montée mais son image est considérablement
plus granuleuse et dégradée que celle du
film.
Version revue et augmentée d’un test paru
sur www.dvdrama.com en janvier 2004
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