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Charley Bowers
Collection Retour de Flamme
16 court métrages et dessins animés Réalisé
par Charley Bowers
Avec Charley Bowers
Scénario : Charley Bowers
Collection dirigée par Serge
Bromberg
Etats-Unis
270 min
1917-1940
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270
min
Zone 2, Double Dvd
9
Format cinéma : 1.33 :1
Format vidéo : 4/3, couleurs et
N&B
Langues : Anglais et français
Sous titres : français et anglais
Choix d’accompagnement : accordéon
de Marc Perrone en 5.1, musique éléctronique de Bruno
Lefort en stéréo, piano stéréo de Neil
Brand.
Menus et chapitres
fixes (et musicaux) en anglais ou français
Digipack carton |


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Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autres chroniques à ce jour
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Une
formidable collection de divers courts métrages d’un
artiste oublié par la grande Histoire du cinéma.
Aucune trace de ce Charley Bowers dans quelque encyclopédie
qui vous passera entre les mains : l’occasion donc pour
tout cinéphile curieux qui se respecte de découvrir
un cinéaste totalement frapadingue dont les innovations
burlesques n’ont rien à envier au surréalisme
et le talent aux plus grands maîtres du slapstick :
Buster Keaton, Charlie Chaplin, Harold Lloyd… On a connu
filiation moins prestigieuse. |
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Etrange
exercice que celui d’une chronique consacrée
à un artiste méconnu, dont votre serviteur,
mais aussi la plupart des plus grands historiens du cinéma
n’avaient même jamais entendu parler il y a
encore quelques années: Charley Bowers, dont la biographie
tiendra donc ici en quelques simples lignes. Né en
1909, funambule puis caricaturiste pour la presse (le créateur
de Pim Pam Poum, c’est lui !!!), Bowers s’intéresse
rapidement au dessin animé au point d’ouvrir
un studio de production qui verra naître quelques
cartoons rudimentaires (notamment la série Mutt
and Jeff en 1916). Puis, s’attaquant au cinéma,
Bowers réalise une douzaine de courts mêlant
les techniques d’animation d’objet à
des prises de vue réelles… Le personnage de
Bricolo est né, campé et dirigé par
Bowers himself. Personnage farfelu aux inventions plus insolites
les unes que les autres, Bricolo est surtout l’occasion
pour l’artiste de donner libre cours à une
imagination débordante qui sera louée par
les surréalistes, André Breton et le poète
espagnol Raphael Alberti en tête. Court moment de
gloire critique pour cet incroyable artiste qui finira sa
carrière, totalement oublié, en 1946. Avant
que la Cinémathèque de Toulouse puis Lobster
ne rendent enfin justice à ce brillant cinéaste,
cinquante ans plus tard.
Lobster, dirigé par Serge Bromberg - dont vous pouvez
déjà entr’apercevoir une partie de l’immense
travail en lisant nos papiers consacrés à
Retour de Flamme (Dvds regroupant divers films
anciens sauvés de l’oubli) ou Laurel et
Hardy - Lobster donc, fait une nouvelle fois œuvre
de salut public et cinéphile en sauvant d’une
disparition certaine ces courts métrages ainsi que
leur créateur : absent de tous les livres consacrés
au slapstick et à la comédie américaine,
Bowers
est pourtant aujourd’hui sur les linéaires
dvd aux côtés de ses illustres contemporains
grâce à la persévérance de la
petite équipe de Lobster. Jetons donc un œil
sur le double DVD consacré à cet artiste,
et analysons film par film le style inimitable de Charley
Bowers, génie méconnu…
Premier DVD
:
Pour épater les poules : en 1926,
Bowers multiplie les courts métrages de 26' où
s’épanouit son imagination débordante.
Ainsi ce Pour épater les poules où
Bricolo, héros lunaire et inventeur loufoque campé
par Bowers, invente l’œuf incassable. Si le début
ne se démarque pas trop du slapstick de base (course
poursuite, chutes, gags tarte à la crème…),
il devient rapidement évident que ce Bricolo est
un héros comique pas comme les autre. La machine
que ce dernier met au point dans la grange de son beau-père
est à l’image de la fantaisie déployée
par Bowers dans ses petits films : d’une complexité
absolue et d’une beauté toute surréaliste.
Il en va ainsi de cette fameuse machine à rendre
les œufs incassables, totalement irréelle et
dont les centaines de rouages anticipent avec 30 ans d’avance
les machines folles de Tinguely. Belle introduction au monde
absurde et poétique de Bowers, Pour épater
les poules est un film étrange et qui ne ressemble
à rien d’autre qu’aux films suivants
de Bowers. Ici, les frontières entre le vivant et
le mécanique n’existent plus, au point qu’un
panier d’œufs frais puisse donner naissance à
des centaines de voitures minuscules à la vie débordante…
Bienvenue chez Charley Bowers !
Une invention moderne : la passion de Bowers
pour des machines plus délirantes les unes que les
autres est ici poussée à son point d’incandescence.
Suite à un concours de circonstance malheureux, Bricolo
est amené à gérer un restaurant seul
grâce à une invention de son cru. Manière
de comédie politique, Une invention moderne
est à l’instar des Temps Modernes
de Chaplin une charge hilarante contre le taylorisme de
l’époque : travailler plus et toujours plus
vite pour de vils patrons (ceci dit, le film ne manque pas
d’égratigner les syndicats non plus) est une
base scénaristique de choix pour Bowers qui transforme
ce petit film de 26mn en… machine à gags.
Un drôle de locataire : ce court
est l’occasion de mettre le doigt sur l’aspect
fantastique du monde de Bowers, flagrant dans l’introduction
de ce film où tous les objets du quotidien d’une
pension semblent s’être fait la malle. Chez
Bowers, l’inanimé prend vie grâce aux
idées abracadabrantes de Bricolo, qui invente ici
une machine (dont la finalité reste bien mystérieuse)
que n’aurait pas renié le créateur de
Pinocchio : 5 mètres sur 8 de ferraille et de rouages
pour donner vie à une petite poupée de chiffon
(extraordinaires idées de mise en scène tel
ce petit coeur qui se met à battre sous le tissu
du pantin). Certes
désopilants, les gags de Bowers ne se départissent
jamais d’une poésie certaine qui brille ici
de mille feux. Et qui fait d’Un drôle de
locataire un de ses courts les moins drôles et
paradoxalement les plus beaux.
Le roi du Charleston : Testé pour
vous, la vision de ce court métrage en famille fut
l’occasion de bonnes vieilles crises de fou rire.
Ici peut-être plus qu’ailleurs, Bowers fait
d’ailleurs preuve d’un immense talent d’acteur
comique, les contorsions de son corps lors des scènes
de danse n’ayant rien à envier à Chaplin
ou Lloyd. Derrière ce Roi du Charleston
pointe alors Charley, ancien artiste de cirque du temps
de sa jeunesse. L’occasion de découvrir une
nouvelle facette d’un talent qui ne se départit
pas pour autant de ses traits les plus reconnaissables :
poésie (un poisson rouge dansant le Charleston) et
incongruité farfelue (superbes gags visuels des pas
de répétition dessinés au mur). Enfin,
cerise sur le gâteau, Bowers fait ici œuvre de
tolérance, le happy-end final mettant à mal
les canons de beauté déjà oppressants
de l’époque. Un artiste complet… et humaniste.
Que demande le peuple ?
Oh
tu exagères : Belle idée de départ,
ou comment le mensonge, principe scénaristique éminemment
cinématographique, devient une astucieuse mise en
abîme du cinéma de Bowers : croire en l’incroyable.
Le film retombe finalement sur ses pieds en proposant le
menu habituel des courts métrages de Bowers, toutefois
avec un peu moins de génie que dans ses plus belles
œuvres…
Bricolo inventeur : Ou la confirmation
que Bowers avait une conception plus qu’intelligente
de son art. Ainsi, il faut voir ici comment le comique tourne
à son avantage un gag vieux comme le monde, si éculé
qu’il pouvait déjà prétendre
à l’époque au titre de canular le plus
employé du 7° Art : la glissade sur peau de banane.
Ce véritable sport national du Hollywood de l’époque
est ici utilisé jusqu’à épuisement,
grâce à une idée de scénario
géniale : inventer la peau de banane anti-dérapante.
La multiplication des chutes sur glissade atteint ici au
sublime, avec multitude de variantes et d’invention
comique. Sûrement pas le film le plus abouti de Bowers
en matière de poésie, mais un des plus efficaces
"zygomatiquement" parlant.
Nothing Doing : Différent de la
production habituelle de Bowers, Nothing Doing
ne propose pas l’habituel et génial programme
des petits courts proposés sur le Dvd. Pas d’invention
folle ici, ni de trucages d’animation (même
si une belle scène d’intérieur propose
de beaux trucages picturaux) mais plutôt un humour
classique de l’époque : un policier de pacotille
face à des truands en tous genres et des flics à
postiche. Perdu au milieu de ses inventifs petits frères,
ce court parait alors un peu terne, même si Bowers
prouve qu’il a de beaux restes même sans ses
gimmicks comiques et poétiques favoris.
There it is : Retour à un comique
plus inventif avec quelques trucages du plus bel effet,
mais aussi un humour efficace voire ravageur (je vous laisse
découvrir Scotland Yard façon Charley Bowers,
à mourir de rire). Là encore, l’incongru
est roi, qui donne lieu à quelques scènes
rarement vues ailleurs comme l’extraordinaire trucage
du passe muraille, aussi épatant aujourd’hui
qu’il y a 80 ans (et dont la beauté ne se départ
jamais d’un vrai sens du burlesque). Très beau
court…
Second DVD
:
Grill-Room Express : Petit dessin animé
de 1917 à l’animation plus que sommaire (le
cadrage, le crayonné et les situations se rapprochent
d’ailleurs plus du dessin de presse que du cartoon).
On retrouve cependant déjà ici tout ce qui
fera le sel des petits chefs-d’œuvre d’animation
de Bowers en 1926 : une certaine utilisation poétique
et burlesque des objets et du décor, des jeux visuels
avec les animaux et cette impression tenace que tout dans
le cadre - de la crêpe à la part de tarte en
passant par une chaise ou un tuyau - peut prendre vie.
AWOL
: Mêmes remarques qu’au dessus. Si l’animation,
basique, est (très) loin de la qualité d’un
Disney, on aperçoit déjà quelques unes
des futures lubies de Bowers : objets incontrôlables
comme doués de vie (même les lettres du générique
dansent) et animaux malléables à merci qui
donnent un petit côté décalé
et amusant à un dessin animé plutôt
convenu à la base…
Say Ah-H : c’est devant un tel court métrage
que l’on comprend mieux la fascination exercé
par Bowers sur André Breton (qui classa tout de même
Bricolo dans ses 10 films préférés
des années 30 aux côtés de l’Âge
d’Or de Bunuel…) : qui d’autre que
Bowers à cette époque pouvait se permettre
de mettre en scène une autruche habillée d’un
pantalon et avalant un brasero ? D’une poésie
rare, ce petit court métrage tronqué (outre
une copie assez abîmée, il manque certains
éléments) est un parfait résumé
de l’art de Bowers en matière d’animation
et de leur intégration dans des prises de vue réelles.
Certains gags, dont notamment celui du cuistot noir aux
yeux en forme de soucoupe, anticipent de 60 ans les trucages
de Tim Burton dans Beetlejuice ou Pee Wee's
Big Adventure (le gag de la camionneuse aux yeux exorbités).
It’s
a bird : un des rares courts de Bowers qui ne soit
muet, It’s a bird est l’histoire d’un
ferrailleur qui découvre un oiseau mangeur de métal.
L’invention et l’imagination qui se cachent
derrière ces 13 minutes sont éblouissantes,
au point que l’on en vient vraiment à se demander
comment de telles images ont pu disparaître de la
mémoire collective et cinéphile pendant si
longtemps. Mettant à nouveau en scène un grand
échalas chaussures aux pieds, ainsi qu’un petit
ver de terre bavard et blagueur, It’s a bird
rappelle là encore le Tim Burton de L’Etrange
Noël de Mr Jack… Quant au plan qui voit
Charley tracter un big band ainsi que tout son barda sur
plusieurs centaines de mètres à l’aide
d’une vingtaine de remorques, il est inénarrable
et vaut à lui seul l’achat de ce coffret !
In-croy-able !
Believe it or don’t : suite de sketchs
- numéro de cirque exercé par des… cacahouètes
(on vous avait prévenu, cet homme est fou !!), mésaventures
d’un homard alcoolique, naissance de poussins-voitures
- qui traduisent toute la maestria de Bowers animateur.
Etant donné le dénuement du décor et
du scénario, on peut légitimement penser que
ce merveilleux petit court de 7 minutes n’est qu’un
exercice de style. Ce qui ne l’empêche pas d’être
hilarant, inventif et brillant.
Pete
Roleum and his cousins: réalisé par
un débutant du nom de… Joseph Losey, ce court
métrage est en fait un film publicitaire pour le
pétrole (comme le jeu de mots du titre l’indique).
Intrigant, notamment car c’est la seule incursion
de Bowers dans le cinéma en couleurs qu’il
nous sera donné de voir un jour, ce petit film est
d’une réelle beauté plastique, mêlant
le documentaire au cinéma d’animation et à
la comédie musicale. Toujours aussi poétique
malgré les contraintes de la commande, Bowers crée
ici toute une galerie de personnages (en fait de petites
gouttes de pétrole) plus beaux les uns que les autres
- et qui devraient d’ailleurs ravir les enfants. Mention
spéciale au ballet de flammes, superbe, et aux très
beaux décors proches de la BD de science-fiction.
Wild Oysters : peut-être le film
le plus travaillé cinématographiquement de
toute la collection. Grâce à de très
belles idées de mise en scène (les deux mondes
parallèles dans lesquels vivent le chien, le chat
et les souris) et des mouvements de caméra alambiqués,
Bowers et son équipe créent une sorte de version
cinéma de Tom et Jerry, le grain de folie
en plus : pas sûr que les célèbres chats
et souris d’Hanna-Barbera aient déjà
rencontrés des huîtres douées de parole…
! Une merveille, et l’un des plus beaux courts proposés
sur ce double dvd.
A sleepless night : Bâti sur une
trame assez semblable à Wild Oysters (les
aventures de deux petites souris gênées par
les ronflements du chat de la maison), A sleepless night
est à mes yeux moins réussi que son modèle,
tout en offrant toutefois de très beaux gags. Car
c’est bien de beauté dont il s’agit ici,
tant cet humour graphique regorge de trouvailles visuelles
merveilleuses, tel ce morceau de coton révélant
les ronflements du chat. La poésie n’est décidément
pas un vain mot chez Bowers, dont la filiation avec André
Breton saute aux yeux après ces 4h30 de délire
ininterrompu !
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Image
: Difficile de juger un tel dvd avec nos exigences de qualité
numérique habituelles... Le simple fait d’avoir
retrouvé ces films, de les avoir préservé
et sauvés d’une disparition certaine mériterait
d’ailleurs déjà notre simple et plus
haute estime. Mais Lobster va bien plus loin et propose
des copies restaurées autant que faire se peut et
qui n’ont en rien à rougir de la comparaison
avec les standards du muet sur Dvd - sachant pourtant que
la plupart des films présentés ici n’existent
plus aujourd’hui qu’en exemplaire unique !!!
Aussi, malgré d’inévitables griffures,
poussières et taches de toutes sortes sur certains
des films, inclinons-nous devant ce monumental et formidable
travail de restauration et de préservation du patrimoine
cinématographique – d’autant que Lobster
n’a rien négligé côté contraste
et compression. Un Dvd é-nor-me, peut-être
le plus étonnant et émouvant qui me soit passé
entre les mains depuis la création de ce site : mille
bravos !!!
Son
: Possibilité vous est offerte sur quelques-uns des
courts métrages de choisir votre accompagnement musical
: piano ou accordéon, voire même piano (Neil
Brand en stéréo), accordéon (Marc Perrone,
superbe piste en 5.1) ou musique électronique (Bruno
Lefort - stéréo)… Tous sont d’une
rare qualité et d’une belle pertinence. Concernant
les films sonores, même remarque que pour l’image
: il ne peut rien être reproché à Lobster
qui offre ici les films dans des conditions sonores et visuelles
maximales au vu du matériel d’origine. A noter
de plus que jamais l’état des copies n’empêche
la compréhension des dialogues.
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Court
documentaire de 15mn résumant
toutefois parfaitement ce qu’il convient de savoir
sur cet artiste rare qu’est Charley Bowers. Grâce
aux interviews du directeur de la Cinémathéque
de Toulouse ou de techniciens chargés de la restauration
des films, nous en apprenons plus sur ce cinéaste
sauvé de l’oubli collectif par la persévérance
de quelques fous de pelloche. Merci à eux !
24 photos d’exploitation
et une galerie de dessins et affiches
(la plupart issues de collections privées, comme
quelques unes des bobines découvertes sur ce dvd)
qui témoignent de la carrière de Bowers
- ses films étaient souvent montrés dans
des spectacles forains.
Livret de 8 pages sur papier brillant,
fort bien conçu et mis en page, résumant
la carrière de Bowers via une respectueuse biographie,
suivie d’une filmographie complète et détaillée.
A noter que deux pages plus qu’intéressantes
sont consacrées à la restauration des films.
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