
Réal
: Otto Preminger
Scénario : John D. Voelker (roman
original) Wendell Mayes
Directeur photo : Sam Leavitt
Musique : Duke Ellington
Interprètes : James Stewart, Lee
Remick, Ben Gazzara, George C. Scott
Studio : Columbia
USA -154' - 1959 |

DVD
: Zone 2 DVD9
Durée : 154 mins / NB
Formats : 1.85 16/9 compatible 4/3
Langues : Anglais / Français /
Espagnol / Allemand / Italien
Sous-titres : sous-titré en 21
langues !
Son Mono
Chapitrage et menus fixes
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Paul Biegler, avocat plus ou moins retiré
des affaires, consacre aujourd’hui l’essentiel
de son temps à la pêche. Il se voit proposer
la défense du Lieutenant Manion, coupable de l’assassinat
de l’homme qui venait de violer sa femme. L’épouse
du Lieutenant s’avère être un personnage
trouble et le lieutenant Manion lui-même ne se montre
pas dans un premier temps très coopératif. Mais
Biegler après quelques hésitations et sur les
conseils pressants de son vieux complice accepte. Biegler
prépare sa stratégie de défense et le
procès débute…
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Réalisé en 1959, le film fut nominé
6 fois aux oscars (meilleurs film, scénario, photographie,
nomination pour l’oscar du meilleur acteur pour James
Stewart, et second rôle masculin pour O'Connell et
Scott) et si aucune nomination ne nous paraît usurpée,
il ne reçut pourtant aucune récompense.
Avant ce sucès critique presque total le film fut
dans un premier temps victime de la censure notamment car
il était jugé indécent qu’il
y soit longuement question du slip perdu par l’épouse
du lieutenant Manion. Fait amusant car il est question dans
le film des problèmes soulevés par l’évocation
de ce slip devant le tribunal, les parties s’interrogeant
sur un mot moins "tendancieux" pouvant le désigner.
Le titre de ce film est inexact, il aurait
fallu pour être plus juste l’appeler "Autopsie
d’un système judiciaire". C’est
un tableau très acide et cynique de la justice des
hommes que nous livre Preminger. Une justice pour laquelle
il n’existe finalement pas de vérité
objective. Les éléments apportés par
les deux parties et ceux distillés par Preminger
ne nous permettent pas d’établir clairement
la vérité. Le récit tout en dévoilant
toujours plus d’éléments au fur et à
mesure du procès ne fait qu’embrumer la situation
et nous rendre la vérité de moins en moins
tangible.
Tout est ici affaire de manipulation. La décision
des jurés ne dépend que du pouvoir de persuasion
de l’avocat et du procureur, comme le fait remarquer
le Lieutenant Manion à son avocat après que
l’une de ses insinuations ait été rejetée
par la cour : « Comment faire oublier aux jurés
ce qu’ils ont entendu ? On ne peut pas justement…
». La vérité n’a d’importance
ni pour Paul Biegler l’avocat, ni pour les représentants
du ministère public. Le procès est un jeu
d’influences et une partie de stratèges où
on avance ses pions et où on cherche à lire
le « jeu » de l’adversaire.
Revenu de tout, détaché d’un certain
nombre de contingence matérielles, Paul Biegler reprend
un jeu qu’il ne connaît que trop bien et, en
y excellant à nouveau, il y reprend goût. A
l’image de la tonalité du film, le cynisme
et le désenchantement de Biegler n’auront réussi
à entamer ni son humour, ni son amour du verbe, ici
tout puissant.
Le casting du film, absolument impeccable,
est l'un des points forts du film : Lee Remick déborde
de sensualité dans son rôle de femme-enfant
séductrice ; la bestialité du jeune Ben Gazzara
s’oppose à merveille à l’élégante
nonchalance désabusée de Stewart ; George
C. Scott cabotine pour notre plus grand bonheur dans son
rôle de requin des prétoires et les seconds
rôles (Eva Arden et Arthur O’Connell) sont particulièrement
attachants. A noter également une apparition de Duke
Ellington dans un quatre mains avec James Stewart ; Ellington
signant par ailleurs l’excellente musique du film.
Tout concourt dans ce film à
nous faire prendre un plaisir immense. A l’image du
reste de la production, la photographie noir et blanc de
Sam Leavitt est superbe. La mise en scène alterne
entre une utilisation admirable de la profondeur de champ
et des plans serrés sur les visages des interprètes,
Otto Preminger tire ainsi le meilleur parti du décor
du tribunal (qui par ailleurs est une vraie salle d’audience)
et créé de formidables mouvements de tension
au sein d’un récit brillamment écrit
et admirablement dialogué. On s’enthousiasme
devant les envolées de Stewart, ses traits d’esprit,
la bonhomie du juge (Joseph N. Welch, véritable avocat
à Boston) et la férocité de George
C. Scott. Le cœur du film est évidemment l’anthologique
joute verbale opposant Stewart à Scott et, porté
par le charisme des deux acteurs, leur duel est tout simplement
inoubliable.
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Image
: Edité par Columbia, le DVD propose une
très belle copie parfaitement restaurée et
débarrassée de toute marque ou trace d’usure.
Certains passages s’avèrent véritablement
impressionnants de piqué et de définition
(les séquences de bar, les reflets sur le comptoir).
La compression, transparente, est irréprochable et
on est pas loin du sans faute, peut-être certaines
séquences manquent elles légèrement
de contraste.
Son : La bande-son sur piste monophonique
est très propre et n’occulte aucun détail.
La musique du Duke est parfaitement restituée et,
même dans les éclats de voix de Stewart au
milieu du tumulte de la salle d’audience, tout reste
parfaitement clair.
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En
bonus, le DVD propose 5 bandes annonces (celle
du film ainsi que celles de Philadelphia,
Des hommes d’honneur, Devine
qui vient dîner ce soir et Mr Smith
au Sénat), les filmographies de Otto Preminger
et des principaux acteurs, quatre affiches originales
basées sur le design de Saul Bass pour le générique
et un montage d’une dizaine de minutes de photos
de tournage sur la musique d’Ellington et certains
passage de dialogue.
En conclusion
on tient là un DVD qui, s'il contient des bonus
pour le moins anecdotiques, propose une superbe copie
de cet indémodable classique du film de prétoire,
cynique et drôle, désenchanté et terriblement
sarcastique… Un film à l’inimitable
parfum "jazzy"…
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