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Un chien qui rapporte 69’
Une production Super Film
Réalisateur : Jean Choux
Scénario : Jean Choux, adaptation
d’une pièce de Marcel Gerbidon et Paul Armont
Avec Arletty, René Lefebvre,
Paulette Dubost…
Musique : Adolphe Borchard
La chaleur du Sein 74’
Une production Heraut Films
Réalisateur : Jean Boyer
Scénario : Jean Boyer d’après
la pièce d’André Birabeau
Avec Jean Paqui, Arletty, Gabrielle
Dorziat, Marguerite Moreno, Michel Simon, Pierre Larquey, François
Périer…
Musique : Georges Van Parys
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Zone
2 - DVD9
Format 1:66
Langues : Anglais / Français /
Espagnol / Italien / Allemand
Ss-titres : Anglais / Français
N&B - Mono d'origine
Menus sonores et animés |


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Chroniqués
par DvdClassik :
Pas d'autres chroniques à ce jour
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Un
Chien qui rapporte : Comment trouver un amoureux,
beau et riche à la fois ? C’est simple ! Comme
pour les truffes, confiez la mission à un chien dressé
pour la circonstance… mais voilà, le chien peut
aussi vous rapporter des ennuis. La Chaleur du Sein
: Gilbert est malheureux, il a raté son suicide et
volé dans la caisse du patron pour une belle dame.
Gilbert a 18 ans, et trois mamans, qui vont essayer de réparer
les dégâts avant le retour d’un père
bien trop absent.
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Léonie
Bathiat (1898-1992), alias le mannequin
Arlette, devenue Arletty pour le cinéma et le théâtre,
a obtenu une reconnaissance internationale pour trois films
qui ont marqué l’histoire du cinéma
mondial : Hôtel
du Nord, Les Enfants du Paradis,
Les Visiteurs du soir, considérés
comme les films français les plus célèbres
au monde et figurant pour certains, dans de nombreux classements
et autres listes d’incontournables du cinéma.
Ce coffret est donc le bienvenu pour découvrir des
raretés de la filmographie de la célèbre
môme "Atmosphère", représentante
de la gouaille parisienne mais aussi de l’émancipation
de la femme, capable d’assumer sa féminité
et son indépendance (tous les éléments
que Prévert fera incarner dans le magnifique personnage
de Garance, dans Les Enfants du Paradis)
Tout d’abord, son premier véritable film (après
une première tentative de cinéma, expérience
ratée, où elle ne supportait pas que l’on
fasse des plans sur son visage, se trouvant parfaitement
moche à l’écran !)… qui démontre
assez bien que son jeu provient effectivement de son naturel
exceptionnel et enjôleur, voire même d’une
certaine candeur.
Et puis le choix d’un film qui va précéder
celui qui va littéralement emballer sa carrière,
grâce à son considérable succès
(Hôtel
du Nord), où elle joue un personnage
totalement différent socialement parlant, mais qui
a toujours cette liberté de ton, ce même bagou,
ce même culot, qui séduisent encore le spectateur
d’aujourd’hui. Cette fois, l’actrice professionnelle
est à l’écran.
On voit ainsi l’évolution du jeu de l’actrice
et le parcours effectué en sept ans sur deux films
au même registre (adaptations de pièces boulevardières
à succès). On voit se construire la carrière
d’une actrice au destin particulier et libre mais
qui conserva l’amour de son public, jusqu’à
servir de référence à la génération
des jeunes actrices des années quatre-vingt.
Arletty, c’est la femme qui osa vivre une passion
avec un gradé allemand pendant l’occupation
et à qui Jeanson (qu’elle admirait beaucoup)
fera dire, à propos de cette liaison dangereuse :
"Mon cœur est français, mais mon cul
est international !" Au plus fort de l’ostracisme
aveugle d’immédiat après-guerre, elle
déclarera ingénument "Ce n’est
pourtant pas moi qui avait déclaré la guerre
!", et non sans humour "Après
avoir été la femme la plus invitée
de Paris, je suis la plus évitée."
En
1988, lors d’un entretien (figurant dans le coffret)
elle avait du mal à accepter d’être adulée,
refusant qu’on lui pose cette dernière chaîne
à la liberté qu’elle n’a cessée
de revendiquer que ce soit par son mode de vie ou son respect
des autres. Ce refus quasi pathologique de ne pas admettre
sa part de responsabilité dans la composition de
ses plus grands rôles (elle en reporte le mérite
uniquement aux auteurs des textes), à la fois comme
si elle abdiquait totalement devant leur talent pour leur
permettre de porter au jour tout le rayonnement et l’amour
qui émane de sa personnalité. Arletty se présente
comme une sorte de matériau brut… Qu’elle
s’appelle Raymonde (Hôtel
du Nord), Garance (Les
Enfants du paradis), Dominique (Les
Visiteurs du soir), Clara (Le
Jour se lève), elle représente
un archétype féminin qui n’existe pas
de manière courante dans la société.
Elle est un étendard, celui de la femme qui veut
vivre sa vie et ses amours comme elle l’entend tout
en faisant semblant d’accepter la contrainte.
Femme prête à la combine la plus abracadabrante
et la plus basse pour trouver un homme, et prête à
renoncer à tout pour le garder, même s’il
n’est pas le riche escompté. Femme divorcée,
prête à remettre sur le droit chemin son beau-fils
afin de l’aider à s’émanciper.
Voilà deux exemples d’une carrière d’actrice
sans équivalent ou presque dans le cinéma
français pendant plusieurs décennies.
Les débuts.
Et pourtant, ce n’était pas gagné. Un
Chien qui rapporte a plus valeur de témoignage
que d’intérêt cinéphilique à
proprement parler. Jean Choux, le réalisateur de
cette adaptation d’une pièce de boulevard ne
démérite pourtant pas. Ce dernier se fera
d’ailleurs connaître essentiellement par son
film Jean de la Lune qui consacrera la
carrière de Michel Simon. En 1938, il réalisera
un film consacré à une famille Alsacienne
déchirée entre la France et l’Allemagne
(Paix sur le Rhin) qui
fut interdit par l’état Français pour
"avoir porté atteinte au morale de la nation"
puis par le régime Nazi.
Il ne démérite pas, donc, car il n’hésite
pas à casser avec les conventions d’écriture
cinématographique de l’époque, cédant
certainement à l’attrait des canons esthétiques
de l’art nouveau pour travailler à la fois
sur des décors et des cadrages surprenants comme
cette plongée curieuse sur le hall de l’ascenseur
au dallage très art déco. Choux joue aussi
malicieusement avec le spectateur lorsqu’il filme
Arletty ouvrant la porte d’une armoire vitrée
vers lui (sûrement surpris de ne pas voir la caméra
dans ce miroir qui lui fait soudainement face). Lorsque
celle-ci la referme quelques secondes plus tard, elle apparaît
dans une nouvelle tenue. Le spectateur attentif saura même
repérer dans la séquence d’ouverture,
et juger sur pièce, de la poitrine de Mlle Arletty,
petite audace sous forme de clin d’œil aux revues
dansantes et déshabillées des ces années
dites folles. Il y a un effort manifeste pour donner du
rythme en alternant des séquences extérieures
avec des plans d’intérieurs multipliant les
lieux où se réunissent les protagonistes de
l’histoire. Ce montage qui se veut nerveux frôle
souvent l’ellipse et conduit malheureusement à
un effet d’appauvrissement drastique de la psychologie
des personnages souvent réduits à de la figuration
artistique (surtout pour les divers rôles féminins).
Pourtant ce divertissement d’époque qui oscille
entre la comédie marseillaise, la comédie
de mœurs chic, et le boulevardier à deux sous
n’est pas sans exprimer un charme désuet qui
nous amène à porter un regard quasi ethnologique
sur une période qui nous semble terriblement exotique
de nos jours. Arletty, en gentille artiste oisive, à
la recherche de l’amoureux qui pourra lui assurer
son train de vie, ne manque pas d’attrait même
si on a un peu de mal à croire à son coup
de foudre pour ce jeune premier faussement naïf (René
Lefebvre) et qui parait presque plus calculateur qu’elle.
Il
y a manifestement erreur de casting pour les rôles
principaux, même si on appréciera une galerie
de personnages secondaires truculents malgré leurs
traits caricaturaux (la concierge, la garçonne très
ambiguë…)
Mais ce qui surprend le plus, c’est cette absence
d’un travail d’adaptation cohérent pour
que les dialogues très théâtraux s’adaptent
à l’image de cinéma. Il en résulte
un film très schématique, et sans relief,
où l’on arrive difficilement à croire
aux sentiments des personnages. Toutefois, on peut être
admiratif du réel travail de recherche sur les cadrages,
le montage, et les effets sonores (alors que nous sommes
au début du parlant en France) de la part de Jean
Choux. Serge Bromberg qualifie avec un certain à
propos le film d’ovni cinématographique, un
moyen certes élégant de ne pas se prononcer
sur la qualité intrinsèque du film mais qui
illustre assez bien l’ambivalence de jugement que
l’on peut lui porter.
Une maman moderne.
Il y aura moins d’états d’âme
à avoir avec La Chaleur du sein
tourné sept ans plus tard par Jean Boyer. Les acteurs
sont d’une toute autre trempe. Arletty a pris de l’assurance,
Michel Simon fait du Michel Simon, Gabriel Dorziat et Marguerite
Moreno sont royales en mères possessives et en représentantes
de leur génération. Jean Boyer est au début
de sa carrière de cinéma. Celle-ci va éclater
après guerre, dans le registre de la comédie,
réunissant tour à tour, Sylvie, Robert le
Vigan, Bourvil, Fernandel (plus d’une demi-douzaine
de films), Darry Cowl, Ginette Leclerc dans des comédies
restées célèbres comme Nous
irons à Paris, Le Rosier
de Madame Husson, Coiffeur pour
dames, Le Trou normand
ou Les Vignes du Seigneur. Jean Boyer est
un honnête artisan d’un style de cinéma
familial, très "qualité France"
et qui fera l’objet de toutes les critiques de la
part de la Nouvelle Vague. Cinéma qui a parfois mal
vieilli mais qui rappelle avec une forme de nostalgie bienveillante
l’insouciance de la période des Trente Glorieuses.
Ce film de 1938 considéré comme perdu, et
retrouvé dans les années quatre-vingt n’est
pas toujours répertorié dans sa filmographie.
Il s’agit, là aussi, de l’adaptation
d’une pièce de théâtre, d’André
Birabeau dramaturge assez renommé dans les années
trente et humoriste ayant un sens certain du dialogue, un
goût prononcé pour les aphorismes et autres
pensées non dénuées d’ironie
ni de modernité ("Non, les artistes ne sont
pas inutiles. Tenez, quand deux pays n'ont pas réussi
à signer un accord militaire ou un accord financier,
ils signent un accord culturel."). On retrouve
aussi au générique, l’un des futurs
grands noms qui compteront dans le cinéma d’après
guerre : le compositeur Georges Van Parys qui écrira
plus de 300 partitions pour des films (dont Les
Diaboliques de Clouzot) mais aussi des opérettes
dont certaines seront mises en scène par Boyer ou
des chansons qui deviendront des rengaines très populaires.
Nous
voila donc avec une sacrée affiche pour un film,
qui s’il ne révolutionne pas le genre, reflète
assez bien la maîtrise qu’a atteint le cinéma
de divertissement français de cette époque
avec un casting, un sens de l’écriture et un
professionnalisme qui permet de produire des films capables
de déplacer les foules, et d’alimenter l’industrie
du cinéma français.
Nous voici donc avec un jeune homme qui a voulu se suicider
et trois mères pour l’empêcher de recommencer.
Chacune s’est occupé d’un âge de
sa vie. L’enfance, la préadolescence et l’adolescence
qui échoit à Arletty. Mais aucune n’est
la mère biologique. Toutefois elles affirment avoir
joué le rôle prépondérant et
c’est trois générations et trois modèles
d’éducations qui vont s’affronter. Il
est à noter, avec amusement que l’épouse
la plus récente (Arletty, donc) est aussi la plus
jeune ! Le père, égyptologue éminent,
brille par son absence, et laisse la responsabilité
de la situation à ses trois ex-épouses.
Les dialogues font mouche. La séquence où
chacune des trois femmes va tenter de séduire le
patron du jeune homme pour que celui-ci passe l’éponge
sur l’emprunt fait dans la caisse, est une scène
d’anthologie, bourrée de sous-entendus sexuels.
La séduction est au centre même du film que
ce soit dans l’intrigue principale (séduction
du fils par les mères) ou dans les intrigues secondaires
(séduction du patron, tentative de séduction
de la danseuse par le fils, tentative de séduction
du père par une vieille américaine pot de
colle). Mais rien ne remplace la chaleur du sein…
Le film cultive assez bien l’ambiguïté
des rapports entre tous les intervenants, y compris dans
la volonté du fils d’imiter le modèle
paternel pour attirer enfin son attention ou bien pour retrouver
une mère qu’il aurait choisie
La modernité de traitement des personnages des trois
mères est l’un des aspects intéressants
de ce film… Ces trois femmes issues de schémas
socioculturels totalement différents se complètent
admirablement. Arletty représente la femme moderne
émancipatrice, qui s’habille en pantalon, qui
fume, qui parle librement du sexe avec son ‘fils’
et qui ne le juge pas, alors que les deux autres mères
(cols à fourrure, collet monté, et traditions
bourgeoises) le maintiennent dans son statut d’enfant
irresponsable même pas majeur (la majorité
est à 21 ans à cette époque). Le sujet
est donc moderne, le traitement cinématographique,
lui l’est beaucoup moins. Sans tomber dans l’académisme
pourtant fréquent à cette période du
cinéma français (auquel Vigo et quelques autres
ont tenté de s’opposer, rarement avec succès),
la mise en scène fait preuve d’un classicisme
qui s’autorise même quelques petites audaces
formelles (quoique timides) destinées à gommer
les défauts classiques de la transcription théâtrale
au cinéma. On n’évite donc pas l’écueil
d’un cinéma parfois un peu bavard (mais aux
répliques virtuoses) et un aller et retour parfois
lassant entre les mêmes lieux (le paquebot, la maison)
sans que cela n’ait toutefois de grandes conséquences
sur le rythme de l’ensemble. La grande sûreté
des acteurs, la maîtrise admirable du dialogue, un
sens du rythme qui ne se dément pas, font qu’il
n’est pas inutile, même si pas totalement essentiel,
de ressusciter un film que l’on croyait perdu et de
le révéler au public. Il montre des acteurs
sur le point de donner dans les films qui vont suivre le
meilleur d’eux même grâce à une
distribution qui
réunit la fine fleur du cinéma français
de l’époque.
Malgré un choix qui peut donc surprendre, ce coffret
présente l’intérêt de montrer
une photographie du parcours naissant de l’énorme
vedette du cinéma français que sera Arletty,
et l’image de femme émancipée qui se
construit déjà. En revanche on déconseillera
vivement ce coffret à toute personne qui souhaiterait
découvrir la carrière de cette actrice hors
norme. Les Enfants du paradis,
et Hôtel du
Nord constituant des passages obligés
et préférables à ces films là,
en terme de plaisir cinéphilique.
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Le
design des menus est dans le standard de tous les DVD MK2.
On peut trouver dommage à la longue cette standardisation
qui semble ne pas souffrir d’exception, mais le design
étant sobre et de bon goût, on aura mauvaise
grâce à s’en plaindre.
L’image : Avec le choix de DVD 9
pour des programmes qui ne dépassent à peine
deux heures il serait dommage que la compression soit visible.
Ce n’est heureusement pas le cas, et de ce côté-là
on ne peut rien reprocher à MK2 qui fait un travail
de report numérique toujours soigné. Pour
Un Chien qui rapporte, l’image est
de qualité fluctuante comme si la copie provenait
d’un assemblage de plusieurs éléments
disparates. Même si Bromberg n’en fait pas mention,
c’est probablement le cas. On ne peut pas être
exigeant pour un film de 1931 fort peu vu depuis…
Idem pour La Chaleur du sein qui nous présente
le lot de rayures, points blancs, etc. Mais tout ceci est
fort regardable car le contraste est plutôt bon et
la netteté de l’image plus qu’honorable.
A noter, pour ce dernier, le fait que la copie est constituée
de l’assemblage du meilleur matériel issu d’une
copie française et d’une copie sous-titrée
en allemand. On pourra donc constater l’incroyable
travail de restauration qui a consisté sans doute
à désincruster les sous-titres en question.
A noter que, curieusement, le site officiel de la collection
présente Un Chien qui rapporte comme
un film perdu reconstitué à partir de 4 copies,
alors que Bromberg n’en dit pas mot. En revanche,
ce dernier nous parle de 2 copies pour La Chaleur
du sein considéré comme perdu, tandis
que le site ne le mentionne même pas. J’aurais
tendance à croire Bromberg.
Le son : Pour Un Chien qui rapporte
il y a manifestement un problème de son qui est enregistré
à un niveau assez bas, et dont la qualité
est fluctuante. C’est malheureusement assez typique
des premiers films parlants français. En revanche
le travail de restauration du son effectué par l’équipe
de Lobster sur La Chaleur du sein est tout
à fait convaincant et permet de suivre le film sans
aucun ennui de compréhension tout en conservant la
patine traditionnelle du son d’avant-guerre. Restaurer
sans dénaturer, telle est la devise réaffirmée
de Lobster au fil des années.
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C’est
là que le bât blesse.
On nous annonce un coffret sur Arletty,
actrice majeure du cinéma français ayant joué
dans des films à la réputation mondiale !
Ce n’est pas rien, tout de même ! Et voilà
qu’après un choix curieux de films mais tout
à fait intéressant et défendable, l’éditeur
continue à semer la confusion dans les esprits les
moins curieux, en faisant un choix de suppléments
qui (à l’exception de deux d’entre eux)
ne présentent qu’un intérêt tout
à fait limité voire même discutable.
C’est assez inhabituel de la part de MK2 qui aurait
gagné à annoncer un seul DVD double-programme
d’inédits ou raretés sans supplément
notoire que ce qui ressemble ici à du remplissage.
DVD 1 :
Préface de Serge Bromberg 2’45’’
Le sémillant Bromberg a le vent en poupe chez les
éditeurs de DVD. Il fait le même travail de
préface que sur la collection RKO de poche (Editions
Montparnasse) et il le fait bien, comme à son habitude
! Montrant de l’enthousiasme même pour les films
où il est parfois difficile de s’enthousiasmer,
sans toutefois mentir ni ‘surpromettre’, il
apporte son lot d’informations et d’anecdotes,
dans un temps relativement court, et ce, de façon
fort judicieuse. On ne dira jamais assez le bien que ce
jeune homme fait à la cinéphilie dite ‘naphtalinée’
(comme on a l’habitude de la surnommer sur ce site).
Entretien
avec Arletty 14’45’’
Nous sommes conviés à un entretien fort
peu informatif, enregistré en 1988 à l’occasion
de l’inauguration d’une rue Arletty à
Courbevoie, ville de naissance et de résidence
d’Arletty. Si ce document ne présente
pas un intérêt cinéphilique renversant,
il montre néanmoins toute la modestie et le naturel
du personnage. Incapable de se reconnaître le moindre
talent personnel, elle va jusqu’à dire que
la fameuse réplique d’Hôtel
du Nord, "Atmosphère, Atmosphère,
est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère
?" aurait eu autant d’impact si elle avait
été dite par une autre, et que tout tient
à la qualité du dialogue d’Henri Jeanson...
Ce qui apparaît, bien sur, comme un excès
de modestie. Vieille personne attachante qui pense que
on l’admire par pitié pour sa cécité,
et qui ne comprend pas qu’on lui voue un culte alors
que des scientifiques tentent de lutter contre le sida
("çà c’est important !"),
et qui regrette que le cinéma actuel manque d’auteurs,
car elle place le "‘Verbe" au dessus de
tout. Elle n’a pas été femme de théâtre
pour rien. Petit portrait attachant sur le ton de la confidence
et de la banalité, qui révèle une
âme éprise de liberté.
Frivolités (1929) 11’10’’
De l’art de vouloir faire du remplissage avec des
suppléments qui ont un semblant de cohérence…
Il s’agit donc de montrer sous forme d’un
reportage en partie mis en scène et que ne renierait
pas le journal de TF1, les frivolités de la mode
de 1929, pour ces "créatures" qui tentent
de séduire vos maris, mesdames ! Le commentaire
et le final sont d’une rare goujaterie. On
peut regarder cela avec un peu d’ennui ou avec une
curiosité toute ethnographique, sur une période
révolue, où la femme tentait de s’émanciper
par la mode sous le regard goguenard et à priori
lubrique des hommes. On est effectivement proche du sujet
du film.
Amour et Publicité (1932) 25’30’’
Toujours sur le thème de la mode mais aussi du
triangle amoureux, voilà un amusant court métrage
dont le traitement est parfois un peu daté, mais
le sujet tout à fait original et en avance sur
son temps. Un directeur de grand magasin imagine de remplacer
ses mannequins bien ternes par des employés qui
vivront une vie de couple mise en scène, en vitrine
de 9h du matin à 7h le soir. Le loft avant l’heure
! Car la situation va dégénérer à
cause de la manipulation d’un employé qui
a réussi à convaincre son patron de jouer
le rôle de l’amant, qu’il compte bien
prolonger au-delà de la vitrine. Une analyse sans
prétention du voyeurisme et de l’exacerbation
des sentiments qui pourrait presque être muette.
Un sympathique court-métrage agréable à
découvrir mais dont la justification de la présence
sur ce DVD est un peu tirée par les cheveux (aucun
acteur commun avec le film).
La Collection : 7 bandes-annonces
Collection ? Oui, Collection de classiques français
nous dit MK2 sur son site ! Et bien, en fait de présentation,
il s’agit tout simplement d’extraits des 6
films sortis dans 3 coffrets parus simultanément,
ce qui vaut à priori pour concept de collection
chez MK2. Surprenant, et pas d’un intérêt
renversant.
DVD2 :
Sur ce deuxième CD, le comble de
l’indigence est atteint, en matière de bonus.
Préface de Serge Bromberg 2’30’’
Le seul supplément intéressant. Que rajouter
à ce qui a été dit plus haut sur
les présentations de Bromberg, alias Monsieur Lobster
? Rien, si ce n’est que sa présence est doublement
justifiée sur ce DVD par le fait qu’on lui
doit la possibilité de revoir ce film réputé
perdu et dont il disposait d’une copie incomplète
dans sa propre collection. Cet homme est précieux
vous dis-je !
Arletty tourne Les enfants du paradis
5’10’’
Nous voilà avec 5 minutes d’essais et de
répétitions pour une scène des Enfants
du Paradis. Pourquoi celles-ci ? Pas
de remise en situation. Quel rapport avec le film proposé
sur ce DVD ? Les documents sur Arletty sont-ils si rares
? N’y a-t-il personne, aucun spécialiste,
historien du cinéma français à interviewer
? C’est incompréhensible.
Clo-Cloche (1935) 2’09’’
Et on enfonce le clou, avec une publicité sans
intérêt pour le Caporal Doux, tabac
servant à faire les Gauloises notamment, tournée
avec Michel Simon (le lien avec le DVD ? Michel Simon
joue dans le film). Une curiosité certes mais a-t-elle
sa place ici ?
Paris-Actualités (1938) 9’34’’
Et un petit tour d’horizon de l’année,
puisque Arletty n’a rien fait d’autre en 1938
(Vous avez dit Hôtel
du Nord ? Connais pas) histoire de nous remettre
en situation, et d’apprendre tout ébaubi
que le taxi fonctionnant à l’anthracite est
promis à un bel avenir. Formidable…
La Collection : 7 bandes-annonces
Et une piqûre de rappel pour La Collection, au cas
où vous auriez manqué cet incontournable
sur le premier DVD. D’autant moins nécessaire
que ces deux DVD ne sont pas disponibles à l’unité.
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