Réalisé par Edward Ludwig
Avec John Wayne, Susan Hayward, Dennis O'Keefe, William Frawley
Scenario : Borden Chase, Aenas MC Kenzie
Musique : Walter Scharf
Photographie : William Bradford
Un film Republic Pictures
USA - 95' - 1944



Editions Montparnasse / Collection Diamant
95 mn
Zone 2
DVD9
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Langues : Anglais/Français
Sous titres : Français
Mono d’origine
Chapitrage et menus fixes


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Chroniqués par DvdClassik :
Le Réveil de la sorcière rouge (Z2)

 

 



1942. Les Etats-Unis luttent contre le Japon dans le Pacifique et décident de construire des bases militaires aux endroits stratégiques. Un entrepreneur civil (John Wayne) est chargé de la mission. Après les pertes en hommes que son groupe d’ouvriers subit faute d’avoir voulu l’entraîner, il décide finalement de former ses hommes aux techniques de combat des Marines. Ils se feront appeler désormais les "Fighting Seabees", participeront à l’effort de guerre américain et prendront part à certaines batailles.

Ce film de série fait partie de tous ceux tournés entre 1941 et 1945 alors que les américains étaient engagés jusqu’au cou dans la seconde guerre mondiale. Ils avaient pour but, outre le divertissement et la propagande, de maintenir ou remonter le moral des troupes ainsi que des civils restés au pays. Dans le lot, sortiront des chefs d’œuvres mémorables comme Casablanca de Michael Curtiz et, dans une optique plus proche du film qui nous intéresse ici, Aventures en Birmanie de Raoul Walsh ou Les Sacrifiés de John Ford.

Il faut donc aussi replacer le film de Ludwig dans le contexte de l’époque pour en accepter au préalable toutes les conventions : le rictus sadique et méchant (insupportable aujourd’hui) collé sur les "bridés" apparemment tous ravis de tuer, la vision diabolique de l’ennemi et au contraire héroïque des alliés, le manichéisme ambiant… Et bien, malgré cette mise en conditions et l’absence d’à priori, il est difficile de trouver quelque chose à sauver de ce film belliciste d’une totale médiocrité !

La déception est d’autant plus grande que l’idée de départ (pas mauvaise au demeurant : qui connaît les fighting seabees aujourd’hui) et le scénario ont été écrits par Borden Chase qui signera plus tard les merveilleux Rivière rouge de Hawks, Vera Cruz de Aldrich et qui collaborera surtout à 3 des westerns de l’association miraculeuse Anthony Mann/James Stewart. Contrairement à ces réussites, le scénario est ici très mal construit, mélangeant maladroitement humour plutôt balourd, comédie romantique sans intérêt avec l’éternel triangle amoureux pas crédible une seule seconde, film de guerre (comme il se doit) sans énergie ni vrai progression dramatique et même, le temps d’une scène ridicule, comédie musicale (la vision de John Wayne se lançant avec la grâce d’un éléphant dans une danse endiablée est vraiment pénible).

Le manque flagrant de moyens (quasiment une transparence par scène) n’est malheureusement pas contrebalancé par une mise en scène inventive. Au contraire, elle se révèle très terne sans aucune personnalité ni aucun rythme. Les seules visions assez originales sont celles des combats entre bulldozers alliés et tanks ennemis qui virent même au surréalisme du fait de l’utilisation pour ces scènes de maquettes qui pourraient être les ancêtres des Playmobils !!!

L’interprétation n’apporte aucune consolation mais abaisse au contraire le niveau du film si cela est encore possible : John Wayne a rarement été aussi inexpressif (pourtant il est défini par le personnage féminin comme un rustre caractériel et soupe au lait), et sa mort ne nous touche absolument pas tout en permettant à la morale d’être sauve ; Dennis O’Keefe est aussi charismatique qu’un porte-manteau et la seule question que nous nous posons en voyant Susan Hayward est de savoir si elle n’a pas eu une dispute avec sa coiffeuse avant le tournage tellement cette bonne actrice est peu mise à son avantage ici. Et des seconds rôles pittoresques ou savoureux (à la Walter Brennan ou Thomas Mitchell) ne sont même pas de la partie pour rattraper le coup.

Une phrase du film pour le résumer et en terminer : "nous allons faire un barbecue, il y aura assez de pétrole pour faire griller 6 générations de japs". Tavernier et Coursodon ont parlé de "pire histoire guerrière tournée par la Républic", il est difficile de leur donner tort ! Navrant !

Image : Les Editions Montparnasse nous offrent ici un DVD tout à fait honorable en ce qui concerne la copie d’assez bonne qualité. Malgré les outrages du temps pas entièrement effacés, le noir et blanc est bien contrasté, la définition est très bonne même si quelques scènes souffrent de surexposition.

Son : La piste sonore en version originale est vraiment très claire, riche et assez vivante, l’encodage étant tout à fait correct. Le son de la version française est en revanche très sourd et malheureusement John Wayne n’est pas doublé par sa voix habituelle. A signaler aussi dans cette version quelques trous sonores dans la dernière partie du film.

En bonus, 9 extraits de films de la collection Diamant qui peuvent nous donner un aperçu de la qualité de ces autres DVD. Et c’est tout.

En conclusion, honnête DVD pour film qui ne restera pas dans les mémoires. Pour ne pas rester sur une note négative, n’oublions pas que 5 ans plus tard, Ludwig réalisera le splendide Réveil de la sorcière rouge que l’on peut heureusement trouver dans la même collection.


Un film chroniqué par Jeremy Fox