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Réalisé par Budd Boetticher
Avec Glenn Ford, Julia Adams, Chill Wills, Victor Jory
Scénario : Steve Fisher et D.D. Beauchamp d’après
une histoire de Niven Busch et Oliver Crawford
Musique : Frank Skinner
Photographie : Russell Metty
Un film Universal
USA – 76 mn - 1953
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Universal
- 76 mn
Zone 2 et 4
DVD5
Format cinéma : 1.33
Format vidéo : 4/3
Couleur
Langues : Anglais / Français / Allemand / Italien / Espagnol
en Dolby Digital 2.0
Sous titres : Français / Anglais
/ italien / Espagnol / Arabe / Hollandais / Hébreu / Portugais
/ Danois / Finlandais / Suédois / Norvégien / Allemand
/ Russe / Turc / Grec
Mono d’origine
Chapitrage animé |


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Pendant la guerre d’indépendance du Texas, alors
que la célèbre bataille de Fort Alamo fait
rage, cinq combattants originaires de la ville d’Oxbow,
prennent d’un coup conscience de la menace qui
pèse aussi sur leurs familles restées en
arrière, l’invasion des troupes mexicaines
s’étant étendue vers le Nord. Dans
le but d’aller mettre à l’abri leurs
femmes et enfants avant qu’il ne soit trop tard,
ils décident de tirer au sort celui d’entre
eux qui devra quitter Fort Alamo avant que la forteresse
ne tombe aux mains du généralissime Santa
Anna. Le destin choisit Johnny Stroud (Glenn Ford) et
celui-ci abandonne les lieux sans donner d’explications.
Mais en arrivant sur place, il se rend compte qu’il
a accompli tout ceci pour rien, les familles ayant déjà été toutes
décimées. Un jeune mexicano, seul survivant
des massacres, lui apprend que ces exactions n’ont
pas été commises par des mexicains mais
bel et bien par des mercenaires américains, menés
par le Colonel Jess Wade (Victor Jory), se faisant passer
pour tels. Johnny n’a plus qu’une idée
en tête : se venger de ses assassins. Mais entre-temps,
Fort Alamo est tombé, tous les Texans y sont restés.
Personne ne connaissant vraiment la raison de sa "désertion",
on le considère dorénavant comme un couard
et un traître qui ne mérite que de se faire
lyncher. Alors que les femmes et enfants évacuent
la ville de peur de voir arriver les troupes mexicaines,
voici donc maintenant Johnny en cellule avec (le hasard
faisant bien les choses) l’un des ‘massacreurs’.
Il décide de profiter de cette "aubaine" pour
infiltrer le gang de Wade…(et nous n’en sommes
qu’à peine à un quart d’heure
de film !). |
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"The
Man from the Alamo était assez drôle
mais pas très personnel. J’ai beaucoup aimé
réaliser ce film : il y avait Julia Adams, qui est
une fille merveilleuse, et Chil Wils, toujours aussi drôle…
Il s’agissait de la véritable histoire d’Alamo…
Néanmoins, nous avons voulu en faire un film drôle
pour contrebalancer le côté pathétique
de l’histoire…" En lisant cette bribe
d’interview donnée par Budd Boetticher à
Bertrand Tavernier en 1964 (soit seulement 11 ans après
la réalisation du film) et connaissant le film, l’inquiétude
vous tenaille de savoir où a bien pu se volatiliser
votre sens de l’humour ! Maintenant que vous voilà
en possession du DVD, vous vous décidez à
partir à la recherche de cette "drôlerie"
et vous enfournez votre galette dans le lecteur. A posteriori,
vous auriez peut-être pu sourire, ayant en tête
le Travis "classieux" interprété
par Laurence Harvey dans le chef-d’œuvre de John
Wayne, Alamo, de constater la différence d’aspect
et d’accoutrement de ce même personnage historique
dans le film de Boetticher ! Plus sérieusement, la
conclusion s’impose alors à vous : à
48 ans, le fameux cinéaste commençait déjà
à avoir de sérieux problèmes de mémoire.
En tout cas, cet entretien prouve assurément que
Boetticher, le prince de la série B "westernienne"
des années 50, n’a jamais tenu son film en
haute estime pour en avoir un souvenir aussi faussé.
En effet, après trois visions consécutives,
je peux vous affirmer que The Man from the Alamo
ne contient pas ne serait-ce qu’une ligne de dialogue
humoristique, ce qui n’est d’ailleurs pas un
mal au vu du sujet assez tragique : personne ne pourra se
plaindre ici de voir cette histoire semi-véridique
alourdie par un comique pesant !
Au contraire, Boetticher a pris
assez au sérieux
cette aventure, ce qui permet au spectateur de glaner en
cours de route certaines indications historiques peu connues
du commun des mortels sur cet épisode de l’histoire
américaine. Attention, n’allez pas croire
qu’il s’agisse d’un film historique bien
documenté comme son illustre successeur, mais certains
faits nouveaux viennent éclairer cette période.
Après un premier quart d’heure se passant à Alamo,
que le film de John Wayne narrera en long en large et en
travers (et avec quel talent !), l’intrigue bifurque
sur l’aventure de ce "déserteur" malgré lui
et nous apprenons entre autre que Santa Anna offrait des
terres aux texans afin que ceux-ci se rangent à ses
côtés, que des bandits en profitaient pour
piller, vêtus de tenues mexicaines afin que la faute
retombe sur les seuls envahisseurs… Bref, un postulat
historique intéressant à l’intérieur
d’une aventure surtout individuelle.
Dès le début du film, nous voyons apparaître
le logo planétaire du studio Universal, suivi, un
peu plus loin dans le générique, du nom de
Aaron Rosenberg en tant que producteur. Ces deux éléments
nous remémorant immédiatement les fabuleux
westerns du duo Anthony Mann / James Stewart (Les
Affameurs, Je
suis un aventurier), un sourire vient directement
s’afficher sur notre visage béat. Mais il faut
quand même rapidement revenir sur terre et remettre
les choses à leur place car cette fois nous sommes
seulement en présence d’un film à l’imagerie
conventionnelle plaisante mais qui n’arrivera jamais
à dépasser ce stade. Un western mineur de
Budd Boetticher dont les plus grandes réussites dans
le genre arriveront un peu plus tard. Car comme Anthony
Mann, Boetticher s’associera aussi avec un acteur
de renom, Randolph Scott, pour une série de westerns
inégaux mais passionnants dont les plus réussis
pourraient bien être 7
hommes à abattre (1956), La
Chevauchée de la vengeance (1959) et Comanche
Station (1960).
Le Déserteur de Fort Alamo est un
des premiers westerns de Boetticher, précurseur de
ce qu’il fera par la suite car déjà
la plupart des pièces maîtresses de son cinéma
sont présentes : le thème de la vengeance
qui demeurera un leitmotiv chez lui ; des femmes toujours
sublimement belles (à ce titre, se rappeler avec
émotion de Nancy Gates dans Comanche Station)
; une intrigue dense, elliptique mais à l’arrivée
un film ne dépassant que rarement les 75 minutes
; une volonté de ne surtout pas faire du "sur-western",
la psychologie n’intéressant pas trop le cinéaste,
l’œuvre du réalisateur se préoccupant
plus de l’histoire individuelle de ces héros
que de la grande Histoire pourtant présente ici comme
l’évoque son titre. Dans le numéro 509
de Positif, Pascal Sennequier, auteur d’un passionnant
article sur le réalisateur, écrit ceci qui
résume admirablement son œuvre westernienne
: "Boetticher est un homme modeste qui ne s’occupe
que de morale individuelle. Il abandonne aux autres l’écriture
de la grande Histoire. Or pour le ‘lonesome cow-boy’
plus que pour tout autre héros, vivre consiste à
faire des choix. Et les personnages de Boetticher ne sont
jamais confrontés qu’à des alternatives.
De ces choix dépend l’histoire de leur vie…"
Effectivement,
déjà dans ce western, Johnny
Stroud assume ses choix même si ceux-ci choquent
et font jaser. Il ne cherche même jamais à se
justifier étant certain de la légitimité de
ses décisions : c’est pour cette raison que
le personnage interprété par Glenn Ford,
plus que par sa virilité ou sa bravoure, prouve
sa force. Car il démontre rarement son courage,
n’explique jamais ses faits et gestes mais va de
l’avant sachant exactement où il doit se diriger
pour arriver à ses fins. A plusieurs moments dans
le courant de l’intrigue, il devra dévier
de son chemin initial mais aucune indécision dans
ses retournements ; en à peine une seconde, il décide
de voler au secours du convoi quitte à être
démasqué par la bande des "méchants".
Et là où le personnage acquiert une dimension
humaine supplémentaire, c’est au cours du
seul moment dans le film, en compagnie de la belle Julia
Adams, où il se met à douter du bien fondé de
sa décision n’ayant abouti que sur un échec
: un petit coup de cafard qui sera cependant vite balayé,
l’action venant reprendre ses droits assez vite et
le moment n’étant plus à l’apitoiement.
Car comme vous avez du le pressentir, l’intrigue est
riche en rebondissements et retournements de situations.
Jugez plutôt par un rapide retour en arrière
sur la suite de l’histoire narrée en tout début
: Stroud, le "lâche" ("The man
who left The Alamo"), en route pour la potence,
la bande de Jess Wade qui écume la région
fait justement son entrée dans la ville pour délivrer
leur comparse et piller la banque. Cependant, le magot a
disparu mais Stroud en profite pour les suivre et infiltrer
ainsi le gang. Il se sert de son "statut" de traître
et de couard auprès de la population pour se faire
accepter par les ennemis. Ayant appris que l’argent
se trouve dans le convoi en fuite comprenant femmes et enfants,
Wade décide de l’attaquer. Sans aucune hésitation
et sans s’en cacher (le jeune mexicain qui travaillait
chez ses parents massacrés et la pulpeuse jeune femme
à qui il l’a confié faisant partie de
la caravane), Johnny avertit immédiatement le convoi,
empêche ainsi le guet-apens de réussir avant
de passer du côté des pourchassés quitte
à perdre ses chances faciles de vengeance. Alors
que les soldats qui convoyaient la caravane sont réquisitionnés
en dernière minute pour pouvoir participer à
une offensive contre Santa Anna, Stroud se retrouve le seul
homme à défendre les chariots et leurs occupants…
Nous n’irons pas jusqu’à dévoiler
la fin même si elle ne possède rien de bien
originale, allant dans le sens de ce qu’on attend
d’un western traditionnel.
Tout ceci est très sympathique, se suit sans aucun
ennui et même avec un certain plaisir car le métier
du cinéaste est déjà très solide
pour lui permettre de mener à bien son histoire sans
bavures sur un tempo soutenu et avec un sens de l’ellipse
qui lui est totalement personnel. La photo de Russell Metty,
le chef opérateur attitré de Douglas Sirk
mais aussi entre autres de Spartacus, The
Misfits, La Soif du mal (excusez
du peu) nous offre une belle palette de couleurs, la partition
de Frank Skinner est pleine d’allant et les décors
naturels sont bien dépaysants même si ce sont
toujours les mêmes malgré l’avance du
convoi. De quoi se plaindre alors, allez vous me rétorquer
? La mécanique étant au départ parfaitement
huilée et, à priori le personnage joué
par Glenn Ford (même si celui ci manque un peu du
charisme qu’il acquerra par la suite avec Richard
Brooks et Delmer Daves) recelant de formidables richesses
psychologiques, nous ne pouvons cependant qu’être
assez déçus par le traitement très
conventionnel qu’a fait subir à cette intrigue
passionnante le scénario de Beauchamp et Fisher qui
se contente d’accumuler les scènes d’actions
sans jamais vraiment faire décoller le film comme
il aurait du. Les scénaristes exploitent moyennement
et sans véritable rigueur tous les thèmes
qu’ils avaient sous la main que ce soit au niveau
historique ou purement narratif voire psychologique ; les
personnages manquent donc de consistance pas non plus aidés
par des dialogues assez moyens. Il en aurait certainement
été autrement si Niven Busch, auteur de l’histoire
et scénariste autrement talentueux, s’était
attelé lui-même à l’écriture
du scénario. Mais nous ne pouvons pas refaire l’histoire
alors contentons-nous de savourer comme il se doit cette
solide série B bien distrayante aux scènes
d’actions très réussies et amusons-nous
à reconnaître le Zorro
en noir et blanc de notre enfance mais sans les moustaches,
l’acteur Guy Williams faisant une brève apparition.
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Le
premier western de Budd Boetticher à sortir en
zone 2 et déjà une déception en
ce qui concerne le DVD. Pour commencer, la jaquette ainsi
que la sérigraphie sont d’une rare laideur,
pas la moindre image ou photo à l’intérieur
du boîtier. Les menus se déroulent sur fond
d’une musique n’ayant absolument rien à voir
avec le film alors que le thème de Frank Skinner
aurait été le bienvenu. Voici pour la mise
en bouche qui n’a rien d’attrayante.
Après un générique mouvant, nous
nous apercevons que la copie n’a visiblement pas été nettoyée
et, si dans l’ensemble les couleurs de la photographie
de Russell Metty sont assez bien rendues en extérieurs
jours, le reste n’est pas franchement réjouissant.
Toutes les scènes sombres manquent singulièrement
de luminosité et nous ne voyons pas grand chose
de ce qui s’y passe (voir chapitre 12 à 50’54’’ par
exemple irregardable) ; une colorimétrie vacillante
sur certains plans, les teintes ayant tendance généralement à tirer
vers un ton verdâtre ; un flou non-artistique dans
certaines autres scènes (chapitre 3 lors de la
discussion entre les hommes de Oxbow).
Heureusement côté son, nous avons moins à nous
plaindre : pas grand chose à redire d’une
piste anglaise de bonne qualité, sans souffle
intempestif, claire et aérée. Même
la version française est d’assez bonne tenue
même si elle résonne un peu. Malheureusement,
le pire est à venir : non anglophones que nous
sommes pour la plupart, nous devons maintenant subir
la torture des sous titres auquel il manque parfois des
mots à l’intérieur des phrases et
où ces dernières sont parfois très
en avance par rapport aux dialogues (normal puisque les
dialogues sont écrits tout à la suite seulement
séparés par un tiret sur la même
ligne : absolument pas pratique). Mais si ce n’était
que ça ! L’éditeur pensant que faire
discret et lisible n’était pas suffisant
nous offre des sous titres très laids, écrits
dans une police non ronde et surtout entourés
d’un liseré noir du plus mauvais effet.
Il est vrai qu’en cours de route, nous nous y habituons
mais ce n’est pas une raison pour ne pas le signaler
et ne pas se plaindre de cet état de fait : ces
sous titres mangent quand même une partie non négligeable
de l’image et c’est tout à fait dommageable.
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Vous avez
demandé des bonus, vous pouvez passer votre
chemin ; même la traditionnelle bande-annonce a été oubliée
au passage. Pauvres "DVDcinéphiles" que
nous sommes, obligés de voir qu’il existe
d’innombrables bonus inintéressants au possible
fournis pour des tonnes de navets actuels (parfois même
des téléfilms maquillés) dont tout
le monde se moque et ne même pas pouvoir bénéficier
d’un traitement ne serait-ce qu’honnête
pour de bons vieux films naphtalinés !!!
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