
Réalisé
par Anthony Mann
Avec James Stewart, Arthur Kennedy, Julia
Adams, Roch Hudson, Jay C. Flippen, Lori Nelson, Chubby Johnson, Howard
Petrie, Jack Lambert, Henry Morgan, Royal Dano, Stepin Fetchit
Scénario de Borden Chase d’après
le roman Bend of the snake de Bill Gulick
Photographie Technicolor d’Irving
Glassberg
Musique de Hans J. Salter
Produit par Aaron Rosenberg pour Universal
USA - 1952 - 92’ |

Zone
1
Edité par Universal
Format vidéo 4/3
Format cinéma 1.33 :1
Langues : Anglais et Français
mono 2.0,
Sous-titres : Anglais pour malentendants,
Français, Espagnol
Menu fixe et musical _ Chapitrage
Durée DVD : 92’ |


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1846. Glyn McLyntock mène un convoi de pionniers
vers les plaines verdoyantes de l’Oregon. Au hasard
de son périple, il sauve de la pendaison un aventurier
accusé du vol d’un cheval, Emerson Cole. Cole,
outlaw notoire, reconnaît rapidement en McLyntock l’un
des plus célèbres pillards de la frontière
du Missouri. Mais McLyntock a décidé de faire
table rase de son passé d’aventurier, et se dit
décidé à participer activement au développement
de la communauté agraire dont rêvent le vieux
Jeremy Baile et ses amis. Cole reste sceptique, persuadé
que les instincts de McLyntock resurgiront un jour ou l’autre.
Néanmoins, il prête assistance à son nouvel
ami le soir même pour protéger le convoi contre
une attaque d’Indiens belliqueux. Au cours de l’escarmouche,
la fille aînée de Jeremy, Laura, est blessée
à l’épaule. Elle sera soignée à
Portland grâce aux soins prodigués par le débonnaire
capitaine d’un vapeur. Jeremy et McLyntock s’entendent
avec le sympathique négociant local, Hendricks, pour
qu’il leur livre, avant la venue des neiges saisonnières,
les provisions dont ils auront besoin pour passer l’hiver.
Entre temps, ils pourvoiront au développement de leur
vallée, laissant derrière eux Cole et Laura,
qui dans son état ne saurait voyager. Mais les premières
neiges viennent à couvrir les bords de la rivière
alors que les vivres promis par Hendricks se font toujours
désirer. McLyntock et Jeremy entreprennent un retour
vers Portland et découvrent que le petit havre portuaire
s’est transformé en ville grouillante et effervescente
gagnée par la fièvre de l’or. Hendricks
est devenu un homme d’affaires cupide, rechignant à
livrer des provisions dûment payées quelques
mois plus tôt mais dont la valeur a connu depuis une
inflation vertigineuse. Avec l’aide du capitaine Mello,
McLyntock affrète le vapeur et parvient, grâce
à l’intervention de Cole et de son jeune protégé
Troy Wilson, un joueur, à échapper aux sbires
d’Hendricks à bord du bateau. Hendricks se lance
à leur poursuite, et comme les convoyeurs recrutés
pour l’occasion ne sont guère dignes de confiance,
le chemin du retour va constituer un périple plein
de dangers... |
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"Il ne se
contentait pas d’écrire une histoire, il voulait
vous apprendre comment la tourner. Je ne dirais pas qu’il
était le meilleur juge en la matière. Il n’a
jamais fait un autre bon film." Les conflits personnels
conduisent parfois les plus grands à perdre toute
contenance et humilité. Ces propos virulents portés
à l’encontre du scénariste officiel
de La Rivière
rouge, Borden Chase, sont tenus par l’immense
Howard Hawks et retranscris dans l’ouvrage d’entretiens
de référence de Joseph Mc Bride, Hawks
par Hawks.
Quels que soient les travers de Chase cette assertion a
de quoi choquer, l’insignifiant auteur en question
s’étant imposé comme l’un des
dépositaires majeurs de la maturité du western
classique au cours des années cinquante, à
travers ses collaborations successives avec Aldrich (Vera
Cruz), Sturges (Coup de fouet en retour),
Vidor (le splendide L’Homme qui n’a
pas d’étoile) et bien entendu Mann
(Winchester 73,
Les Affameurs et Je
suis un aventurier). Ce sont ces trois derniers
titres que nous propose aujourd’hui l’éditeur
Universal. N’y allons pas par quatre chemins : pour
l’auteur de ces quelques lignes, la sortie des trois
joyaux produits par Aaron Rosenberg et interprétés
par James Stewart n’est pas loin de constituer l’événement
DVD majeur de l’année.
En tout état de cause, nous trouverions bien
des réminiscences du Red
River de Hawks dans ce second des cinq westerns
d’Anthony Mann interprétés par Jimmy
Stewart, à commencer par le thème central.
Ici encore, il est question d’un convoi en proie à
une mutinerie , transposition évidente du thème
des Révoltés du Bounty dans le cadre
d’un western. Là, c’est Matt Garth (Montgomery
Clift) qui, pour la bonne cause, abandonne son père
adoptif despotique et brutal après l’avoir
démis de ses fonctions. Ici, c’est le compère
providentiel qui fait table rase de ses principes de loyauté
pour détourner le convoi après avoir favorisé
le désarmement de son sauveur initial. De même,
dans les deux cas, Matt et Cole témoignent d’une
certaine faiblesse, qui les rend à bien des égards
plus humains, puisqu’ils refusent de consentir à
l’exécution pure et simple de leur ancien associé.
Ce faisant, ils créent l’un et l’autre,
sciemment et de toute pièce, leur propre Némésis.
Et l’image de Glyn McLyntock, désarmé
près d’un précipice vertigineux au sommet
du Mont Hood, cadré en légère plongée
pour accentuer son isolement tandis qu’il vocifère
des promesses de vengeance à l’encontre de
son ancien ami, évoque irrésistiblement celles
par lesquelles John Wayne promettait à son ancien
protégé de lui faire connaître tous
les affres de la peur durant le reste de son périple.
Ces analogies suffisent à témoigner de la
paternité dominante de Chase, contrairement aux dires
de son réalisateur, sur le script de La
Rivière Rouge. Mais en dépit
de ces convergences thématiques, nous ne saurions
imaginer de westerns plus différents que le Hawks
et celui-ci. Tout d’abord, la mutinerie est ici replacée
dans un contexte négatif, celui de l’avidité,
qui transforme les hommes les plus généreux
(Hendricks) en monstres d’égoïsme aux
actes expéditifs, et, forcément, les comparses
moins purs mais néanmoins loyaux en adversaires implacables.
En conséquence, le thème de la vengeance,
qui traverse si souvent les westerns d’Anthony Mann,
de Winchester 73
à The Man from
Laramie, est ici légitimé de
manière exceptionnelle. Le plus souvent, au terme
de son itinéraire, le héros de Mann prend
conscience de la vacuité de sa quête vengeresse.
Cette prise de conscience dans la série des James
Stewart, se fait au contact d’êtres qui lui
sont chers (Janet Leigh dans L’Appât,
Cathy O’Donnell et les deux figures d’aînés,
Aline McMahon et Wallace Ford, dans L’Homme
de la Plaine) et s’avère, in fine,
une condition sine qua none à son intégration
sociale.
Dans Les Affameurs, c’est presque
l’inverse. L’ancien bandit doit recourir à
ses talents naturels pour s’affranchir définitivement
de son passé, représenté par sa gémellité
à l’endroit de Cole. Ce n’est qu’après
s’être débarrassé une fois pour
toutes de son double maléfique, qu’il ressortira,
comme lavé par les eaux lustrales de cette rivière
aux flots argentés, enfin vierge de tout soupçon
qu’aurait inéluctablement fait peser sur lui
son trouble passé d’aventurier. Alors certes,
sa vengeance n’aura rien eu d’expéditif,
et ici réside d’ailleurs l’une des différences
notoires avec le chef d’œuvre de Hawks. Après
la césure, le récit de Hawks devenait plus
sombre, plus inquiétant et formaliste. Rien de tel
chez Mann, qui tend à célébrer l’espoir
que représente l’abnégation de Stewart
à poursuivre le convoi, par une volonté affirmée
de fondre son héros dans une nature à la fois
écrasante et enveloppante, mystérieuse, intimidante
et généreusement belle, faite de contreforts
escarpés et de bois verdoyants et touffus qui recèlent
la présence invisible et obsédante du vengeur.
C’est peu dire que la mise en scène de Mann
confère dès lors à son héros
une dimension mythique, et ce, dès ce plan extraordinaire
qui cible l’horizon à partir du point de vue
offert par une toile de chariot ouverte, d’où
Julia Adams, mais jamais le spectateur, remarque pour la
première fois la présence du ‘traqueur’
McLyntock. Cette subjectivité est encore renforcée
par le parti pris du cinéaste à refuser de
montrer les affrontements entre McLyntock et les trappeurs
successivement partis tenter de l’abattre, l’objectif
préférant s’attarder sur les réactions
laconiques de Cole ou Troy à la reconnaissance de
la détonation de l’arme entendue au loin. Un
traitement de la violence en hors champs qui avait déjà
rythmé l’exceptionnelle séquence nocturne
du début, au cours de laquelle l’anéantissement
successif des Indiens par McLyntock était surtout
narré au travers des réactions de Cole Emerson
: un refus de magnifier la violence qui se transforme en
séquences purement jubilatoires !
Etrangement, Les Affameurs est peut être
le seul titre du cycle dans lequel l’itinéraire
physique du héros James Stewart ne s’accompagne
pas d’une prise de conscience morale ou sociale. Cette
prise de conscience est faite au moment même où
débute le récit, et les événements
qu’il devra traverser ne seront qu’autant d’épreuves
pour en vérifier la solidité et pour enfin
assumer pleinement son passé au regard de la collectivité
qui l’accueille. En ce sens McLyntock est d’ailleurs
précurseur du personnage de Link Jones interprété
par Gary Cooper dans le magistral Man of the West.
Mais dans Bend of the River, plus que le
héros ce sont les autres personnages qui font ce
cheminement moral et social, à commencer par le vertueux
Jeremy Baile, interprété par ce pilier des
westerns de la Universal et fidèle collaborateur
de Mann, le toujours parfait Jay C. Flippen. Voilà
un homme qui se pare de toutes les vertus - et qui est effectivement
de bonne volonté - mais non exempt d’égoïsme,
et capable de faire sienne la maxime ‘la fin justifie
les moyens’ lorsqu’il s’agit d’accepter,
dans son intérêt,que quelque gunslinger se
place au-dessus des lois pour contraindre un groupe de convoyeurs
à poursuivre la route vers le campement. Au terme
de l’itinéraire, Jeremy sera enfin un homme
plus ouvert, plus tolérant. Mais jusqu’à
quel point lui et tous ceux de son genre, pleins de préjugés
sur la nature humaine, ne sont-ils pas responsables des
agissements d’un Emerson Cole ?
La figure de bandit offerte par Arthur Kennedy est assurément
l’une des plus belles et des plus riches de toute
l’histoire du western. La côte de sympathie
émanant de Cole pendant la plus grande partie du
récit est considérable. L’homme est
certes instinctif, hâbleur et manifeste des éclats
de violences peu contrôlés (mais Mc Lyntock
lui-même ne réfrénera que difficilement
de tels instincts lors d’une première anicroche
avec les convoyeurs mutins) néanmoins il se montre
aussi charmeur, protecteur et chaleureux à l’endroit
de Troy, le jeune joueur interprété par Rock
Hudson, et surtout d’une loyauté impressionnante,
sauvant plusieurs fois la mise de McLyntock avant de se
retourner contre lui, et n’hésitant pas d’ailleurs
à compromettre sa position à Portland en portant
assistance à son ami face à son employeur
Hendricks. Nous l’avons déjà souligné,
le gémellité entre Cole et McLyntock est évidente,
et s’il ne se heurtait pas au scepticisme et au mépris
affiché des bonnes gens, qui sait, Cole lui-même
aurait peut-être aussi mené à bien sa
Rédemption : "They won’t let you change.
That’s why you’re a fool to lug all this fool
to the settlement . After you get it, what happens ? They
pay off with a big thank you... A month later they find
out that you’re the McLyntock that used to raid along
the Missouri border. Then they kick you out !".
Habitué des rôles équivoques faits de
charme et de duplicité, Arthur Kennedy, l’inoubliable
Santiago de The Naked Dawn, trouve ici
l’un de ses plus beaux emplois. Dire que Bend
of the River lui doit beaucoup est un euphémisme.
Trois ans plus tard, Anthony Mann lui confiera un rôle
un peu similaire face à James Stewart, quoique dans
un registre plus intériorisé, pour un autre
chef-d’œuvre, L’Homme
de la plaine. La complémentarité
des deux acteurs s’y manifestera avec la même
évidence.
Pour Laura Baile, l’itinéraire sera tout simplement
initiatique, transformant une jeune femme rêveuse,
malléable et un peu futile en femme toujours aussi
compréhensive mais désormais plus réfléchie,
plus cartésienne aussi et probablement plus proche
des valeurs telluriques qui sont celles de la communauté.
S’il fallait émettre quelque réserve
sur la description psychologique de l’un ou l’autre
des personnages, elle concernerait plus volontiers celui
de Troy Wilson, figure conventionnelle et un peu superficielle
du jeune aventurier influençable, dont on peine à
comprendre qu’il mette tant de temps à réagir,
mais que Rock Hudson parvient néanmoins à
habiter avec un certain talent. Signalons que quelques semaines
plus tard, Rock Hudson et la belle et racée Julia
Adams se trouveront conjointement propulsés en tête
d’affiche de The Lawless Breed,
excellent petit western Universal de Raoul Walsh consacré
au hors-la-loi John Wesley Hardin, y gagnant l’un
comme l’autre leurs galons de vedettes du studio.
Si l’exégète de Mann se plait à
recenser tout au long du métrage les thèmes
chers au cinéaste, ces thèmes qui le rendent
si indispensable dans l’histoire du genre, il ne faudrait
pas occulter pour autant le bonheur évident, si simple
et presque palpable que le film dispense tout au long de
sa projection. En effet, il n’est pas de western plus
serein et plus sensuel que Bend of the River.
L’œuvre est celle d’un conteur au sommet
de son art, qui refuse toute accélération
artificielle, préférant imposer au récit
un rythme régulier, comme dicté par la progression
de ce convoi dans cette nature sauvage et belle qu’il
lui faut domestiquer. Comment ne pas vanter ce découpage
d’une précision et d’une homogénéité
inouïes, qui fait se succéder les séquences
d’extérieur d’une beauté vivifiantes,
les séquences nocturnes de studio d’une splendeur
plastique envoûtante et les séquences d’intérieurs
stratifiées et grouillantes.
Il y a chez Mann une conception presque rhétorique
du cadre qui tient de la géométrie, qui remonte
à ces premières expérimentations dans
le film noir, avec l’aide du génial chef opérateur
John Alton et qui se manifestera avec peut-être plus
d’acuité encore dès que le réalisateur
embrassera l’écran large (L’Homme
de la plaine). Certains plans de Bend
of the River font ainsi irrémédiablement
penser aux travaux engagés sur Raw
Deal, notamment cette science du panoramique
et cette volonté de toujours appréhender la
nature à travers des angles de prise de vue légèrement
déformants : notamment ces plan en légères
contre-plongées à partir du point de vue offert
depuis un intérieur sur une nature grandiose (plan
sublime du chariot où se tient Julia Adams, blessée,
et s’ouvrant sur le majestueux mont enneigé).
Mais Raw Deal,
T-Men
ou Desperate ne valaient (presque) que
pour ce maniérisme stylistique très ostentatoire.
Le Mann de Bend of the River, sans rien
perdre de sa maestria technique, a gagné en substance,
et le plaisir, que dis-je la jubilation, éprouvés
devant telle scène voire telle séquence entière
s’en trouve proprement décuplés : qu’il
s’agisse de ce travelling arrière cadrant Stewart,
Kennedy et Hudson pressés par les hommes d’Hendricks
et reculant l’arme au poing vers la sortie du saloon,
ou de ces petits plans séquences lors de l’attaque
indienne mettant en parallèle la progression faciale
de Kennedy et celle, latérale, de Stewart, ou encore
de ce simple panorama sublime de Portland, dessinant à
l’arrière plan la descente à flan de
collines du convoi de chariots, on ne compte plus les occasions
de s’émerveiller qu’offre ce joyau.
A propos de Dwan, Jacques Lourcelles
précisait que "les sommets qu’il atteignait
semblaient lui demander si peu d’efforts et si peu
de moyens qu’ils se prêteraient à être
ignorés ou sous-estimés". Bien que
les moyens soient ici plus conséquents, cette appréciation
semble tout à fait applicable au Mann des Affameurs,
un western décidément sublime.
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L’image : Attendu de pied ferme par
un grand nombre d’admirateurs, ce DVD ne déçoit
pas dans l’ensemble par sa qualité technique.
Je n’avais personnellement jamais eu l’occasion
de visionner cette merveille de western dans de telles conditions.
Points forts de cette édition, une définition
d’une précision affolante, une colorimétrie
pétaradante (vous n’avez jamais vu le vert
émeraude des yeux de James Stewart ressortir de cette
façon), à tel point que si votre lecteur est
relié en RVB il vous faudra peut-être brider
un peu son éclat généreux. Côté
compression, c’est aussi le sans faute absolu : compte
tenu du travail réalisé par Mann et son opérateur
Irving Glassberg sur la composition des strates dans le
cadre, il aurait été dommage que les arrières
plans fourmillent ou pixellisent. Il n’en est rien
ici. En fait les seuls défauts tiennent à
la copie proprement dite, qui quoique superbement restaurée
dans l’ensemble ne recèle pas moins quelques
points blancs et petites taches de ci de là, notamment
décelables lors des séquences nocturnes (chapitre
13 par exemple). Mais seuls les intégristes d’une
image high-tech en prendront ombrage.
A noter une curiosité au niveau des sous-titres pour
malentendants anglais : ceux-ci sont placés à
l’image sous le protagoniste concerné ; de
ce fait, en fonction du positionnement du personnage à
l’écran, les sous titres peuvent être
placés au centre, à droite, etc. : original
et sûrement très bien pensé pour les
malentendants bien qu’un peu perturbant évidemment.
Les sous-titres français quant à eux, blancs,
discrets et parfaitement proportionnés sont, rassurez-vous,
restitués de façon bien plus classique.
Le son : En VO cette
piste monophonique 2.0 est une merveille de précision,
qui parvient à faire vivre le moindre bruissement
de l’univers organique du western de Mann. Chuintement
des chariots, écoulement des eaux tumultueuses
d’un petit torrent, score efficace de Salter, dialogues
; toutes les sources sonores sont traitées avec
le même respect et la même précision.
On n’en dira pas autant de la VF (Bend of
the River est néanmoins le seul western
de la série à proposer une VF) qui écrase
absolument tous les bruits d’ambiance : dramatique
! On s’amusera aussi de constater que certains noms
manifestement trop anglophones pour le public de l’époque
ont été tout simplement dénaturés
dans cette version: ainsi Glyn McLyntock devient Dick
McLannick et Cole Emerson, John Emerson...
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Un menu fixe mais musical (musique plaisante,
contrairement aux accords country du DVD de The
Far Country, mais sans rapport avec le score
du film proprement dit) et une bande-annonce originale
très bien conservée : voici les seuls apports
de cette galette. Compte tenu de sa qualité technique
et du prix de vente très raisonnable, nous ne crierons
pas au scandale.
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