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Les
forces alliées planifient le grand débarquement qui doit
enfin avoir lieu en Europe de l’Ouest. De son côté,
le Troisième Reich cherche par tous les moyens à savoir
où ce dernier doit avoir lieu. Aux Etats-Unis, les Services Secrets
s’organisent pour contrer au mieux les velléités nazies.
L’agence de renseignement recrute des volontaires et les prépare
pour des missions d’infiltration en Europe. Parmi les nouvelles
recrues formées sous la responsabilité de Robert Sharkey,
figure un agent nazi infiltré. Il est rapidement démasqué
par Sharkey qui entreprend de le manipuler afin de faire croire aux Allemands
que le débarquement doit avoir lieu en Hollande. Dans le même
temps, il met au point une deuxième mission chargée de repérer
les batteries de missiles V2 allemands assurant le protection des côtes
françaises. Mais les deux missions sont contrariées par
les agissements de l’espion nazi. Sharkey décide alors de
s’en mêler personnellement et se fait parachuter en France. |
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Nous
sommes en 1947, soit deux ans après la fin de la Seconde Guerre
Mondiale. Le temps des efforts de guerre visant à soutenir la nation
dans l’épreuve est révolu, mais Hollywood continue
de produire des films chantant les louanges de leurs héros. L’industrie
est subtilement passée des productions nombreuses encourageant
leurs soldats qui bataillaient simultanément sur plusieurs continents
aux films relatant leurs exploits passés, une manière de
perpétuer un sentiment patriotique loin de perdre de sa ferveur
après la victoire sur l’ennemi. Dans le même esprit,
ces années d’après-guerre vont voir apparaître
des films à la gloire de nouveaux héros de l’Amérique,
sauveur de la République et des valeurs démocratiques dans
le prolongement des combats menés lors du conflit mondial. L’approche
artistique est également tributaire de la manière dont ont
été relatés les événements en cette
période trouble grâce aux actualités cinématographiques.
On va ainsi adopter un angle documentaire destiné à ancrer
le récit cinématographique dans la réalité
et renforcer ainsi le réalisme des situations.
Un réalisateur en particulier s’est fait remarquer pour
avoir concilié avec succès la nécessaire dramaturgie
du film d’action et cette approche documentaire. Après
deux films comme La maison de la 92ème rue (1945)
et L’impasse tragique (1946), Henry Hathaway
est l’homme de la situation. A cette même époque,
Anthony Mann, accomplit un travail du même ordre avec La
Brigade du suicide (T-Men),
film à la gloire des agents du Trésor Public en lutte
avec le milieu organisé, mais le futur cinéaste de
Winchester 73 et des Affameurs
réalise en fait un travail de sape en collaboration avec son
brillant directeur de la photo John Alton, s’attachant à
décrire une Amérique gangrenée par le crime et
la corruption plutôt que de se contenter de faire l’apologie
de ses deux héros fédéraux. Rien de tel pour 13
rue Madeleine et les autres productions contemporaines fonctionnant
sur le même modèle. Le doute n’est pas permis, les
ennemis sont clairement identifiés dès le départ,
les héros sont de preux chevaliers et l’intrigue suit son
cours avec une efficacité jamais remise en question. Le film
dont il est question ici n’est pas foncièrement original
et se permet même des facilités scénaristiques,
mais il reste intéressant à maints égards. En1947,
Henry Hathaway réalise ce qui est peut-être son chef-d’œuvre,
Le carref Pour donner une garantie de réalisme à son sujet, le film débute par des cartons d’usage prévenant le spectateur que les scènes ont été tournées dans les décors réels de l’action (un doute certain nous envahit quand il s’agit des scènes censées se passer en France…). Sur un ton neutre et martial, une voix off didactique et cérémonieuse se charge de commenter un récit entièrement voué à la gloire de l’OSS, les services secrets américains qui ne s’appelaient pas encore la CIA (la date de création de l’agence est justement 1947). La mise en scène fait appel à des images d’archives traitant des missions de l’agence, et de la chaîne de commande (qui remonte jusqu’au Président), que Hathaway fait en sorte de raccorder subtilement avec ses propres images. Robert Sharkey (James Cagney) est alors présenté comme un super agent aux états de service glorieux et dont les compétences se montrent pléthoriques. Chargé de la formation des nouvelles recrues, il donne le ton de ce film découpé en deux parties : l’enseignement puis les missions sur le terrain. James Cagney, bien que moins exalté qu’à son habitude, est le moteur du récit. Energique, fougueux, endurant, résolu, téméraire et généreux, il symbolise parfaitement la figure héroïque de la nouvelle Amérique née de l’après-guerre. La première partie du film est sans doute la meilleure. Même si l’idéologie "boy-scout" pourra paraître pesante pour certains spectateurs, l’ensemble des séquences décrivant les méthodes de formation et d’entraînement, tant physique que psychologique, se révèlent d’une grande fluidité dans l’enchaînement de ses plans, secondées par la voix off qui imprime son rythme au montage. Hathaway fait montre de sa maîtrise coutumière dans l’utilisation des petits détails et la description du fonctionnement de l’administration fédérale. Ce que l’on perd peut-être en effets dramatiques, on le gagne en pédagogie (le premier but avoué de ce type de film). Lorsqu’il est temps de mettre son enseignement à profit sur le terrain, la dramaturgie classique reprend son cours. Le film ne perd pas en efficacité mais le réalisme prend un petit coup dans l’aile. La convention selon laquelle tous les personnages parlent anglais n’est pas trop handicapante car elle est généralisée à l’ensemble de la production hollywoodienne ; mais on aurait bien voulu que, pour une fois, ce film à l’ambition documentaire s’affranchisse de cette contrainte. Les reproches viendraient plutôt de l’absence de crédibilité concernant certains éléments du scénario. Ainsi le mode d’identification de la taupe nazie apparaît bien simple. De même, modifier la composition d’une mission à la demande d’un nouvel agent (même s’il s’agit de lui donner toute la latitude d’agir afin de mieux le surveiller puis de le contrer) semble improbable. Enfin, la description de la France occupée et des relations ambiguës unissant les diverses composantes de la société française ne bénéficient pas de la même rigueur que le traitement réaliste réservé aux services secrets américains au début du film. On aurait également souhaité que l’histoire réservât un sort plus tortueux à l’agent infiltré, dont l’identité est révélée rapidement. Il s’agit évidemment de l’une des clefs d’un scénario bâti sur la manipulation de l’ennemi intérieur, mais l’amateur d’un cinéma moins propre sur lui et accordant plus de place au sentiment paranoïaque pourra se sentir lésé.
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Le menu principal, fixe et muet, se révèle
d’une grande laideur dans son design et son choix de couleurs. |
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