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Au sein de cet enfer vivent néanmoins des saints, comme le
vieil artisan Tamba, dont le calme et la sagesse apaisent les ardeurs
violents de ses concitoyens : ses mots suffisent à conduire un
ivrogne à baisser son arme, et il accueille un cambrioleur comme
le fils prodigue, refusant plus tard de le charger devant un officier
de police. C’est aussi l’employé Shira, affublé
de tics et souffrant dans sa chair, capable de se dresser pour laver
la réputation de son épouse qui toujours l’a soutenu
par ses sacrifices. Mais le personnage qui reçoit toute l’affection
de Kurosawa est sans doute Rokuchan, interprété par le
jeune Yoshitaka Zushi, déjà présent dans Barberousse.
Lui n’est pas fou, sa perception de la réalité est
seulement autre – il prie d’ailleurs pour que sa mère
devienne normale. C’est à lui que Kurosawa offre les plus
beaux moments du film, lui qu’il fait vivre parmi les dessins
d’enfants – dont ceux des siens, celui dont l’univers
existe bel et bien, puisque tous les bruits du tram sont matérialisés
dans Un film d’une grande beauté plastique, difficile à
aimer de par sa dureté. Le mauvais accueil qui lui fut fait fut-il
en partie la cause de la tentative de suicide de Kurosawa ? Difficile
à dire, le maître ne s’étant que peu expliqué
sur le sujet. Une chose est certaine, il marque le début du dernier
acte de sa filmographie, celui où ses projets seront plus espacés,
celui où il lui sera pratiquement impossible de trouver des financements
au Japon. Et celui qui verra naître certaines de ses plus belles
œuvres. |
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| Disque 1 :
Disque 2 : - Kurosawa en couleurs – 36 mn 22 : Suite des documentaires consacrés aux œuvres réalisées pour la Toho, ce module revient d’abord sur les différents projets en couleurs ayant avorté : Runaway Train, Tora ! Tora ! Tora !,… et sur les difficultés de Kurosawa à monter un nouveau projet. C’est finalement en revenant à un travail plus intimiste qu’il y parviendra, entouré de ses collaborateurs habituels. Ceux-ci interviennent largement dans ce documentaire et témoignent de la joie du maître retrouvant son outil de travail. Ce supplément très émouvant s’achève sur les mots de Kurosawa révélant que c’est son ami Henri Langlois qui l’avait poussé à passer à la couleur en lui projetant Ivan le Terrible. Kurosawa tenait Kagemusha comme l’aboutissement de ses recherches dans ce domaine, mais n’a hélas jamais pu le montrer à son ami. - Kurosawa par Kurosawa : Entretien avec Kazuko Kurosawa – 39 mn 29 : Née à la fin du tournage des Sept Samouraï, la fille d’Akira Kurosawa nous raconte son enfance dans l’ombre de ce père qui souvent ramenait son équipe avec lui à la maison pour continuer leurs beuveries et qui l’a initiée à l’Art et à reconnaître la beauté. Après avoir évoqué la tentative de suicide de son père, elle raconte comment elle s’est rapprochée de lui après la mort de sa mère, jusqu’à travailler avec lui en devenant sa costumière. Un joli témoignage, assez émouvant, notamment lorsqu’elle explique que c’est elle qui a annoncé à son père la fin prochaine de son épouse sur le tournage de Ran.
- Galerie Photos : un vingtaine de photos d’exploitation et de tournage, couleur et noir et blanc, ainsi que trois affiches. - Filmographie d’Akira Kurosawa. |
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