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L’aube du XXème siècle. Steve Judd (Joel McCrea), la soixantaine bien tassée, ancien aventurier et ex-shérif, arrive dans la petite ville de Hornitos où la fête bat son plein. Il a accepté une dangereuse mission qui consiste à convoyer un chargement d’or de la petite ville minière de Coarse Gold située dans les "High Country" jusqu’à la banque de Hornitos ; il se rend justement chez son employeur pour signer le contrat et prendre les directives. D’abord réticent en raison de l’âge avancé de Steve Judd, le banquier finit par accepter ne trouvant personne d’autre pour mener à bien ce travail, les six essais précédents s’étant soldés par la volatilisation de l’argent et le trépas de ceux chargés de le transporter. A Hornitos, Steve retrouve Gil Westrum (Randolph Scott), un vieil ami avec qui il a bourlingué dans ses vertes années et qui s’est désormais reconverti en pitoyable forain attifé en Buffalo Bill d’opérette, tenancier d’un stand de tir. Steve lui propose de l’accompagner.
Gil accepte, entraînant avec lui son partenaire, le jeune Heck Longtree (Ron Starr) ; végétant depuis des années dans une semi misère, ils ont tout deux l’intention de s’emparer de l’or pour pouvoir enfin vivre décemment. En cours de route, les trois hommes font halte dans la ferme de Joshua Knudsen (R.G. Armstrong), puritain répressif, tenant sous sa coupe stricte et sévère sa fille Elsa (Mariette Hartley). Heck n’est pas insensible au charme de cette dernière mais elle s’est promise à un mineur, Billy Hammond (James Drury). Elsa finit par fausser compagnie à son père et rejoindre nos trois aventuriers repartis pour le camp minier ; elle souhaite y retrouver Billy afin de l’épouser comme ils se l’étaient promis. Mais Billy et ses quatre frères, êtres frustres et brutaux, ont une conception très personnelle de ce que peut être une épouse, la considérant comme un objet à se partager entre eux une fois le mariage célébré. La cérémonie va se révéler être pour l’innocente Elsa, un véritable cauchemar. Quant à Gil et Heck, ils ont toujours dans l’idée de trahir Steve Judd sur le chemin du retour... |
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« Quand on dirait encore tout le charme que dégage
ce film, dans lequel les amis du western lisent à livre ouvert,
l’on n’aurait rien dit qui puisse dispenser de revoir
dix fois Coups de feu dans la Sierra »
écrivait Jean-Louis Rieupeyrout en 1964 dans son passionnant
ouvrage La Grande aventure du western. Mais que cela ne
nous empêche pas d’ajouter néanmoins une modeste
pierre à cet édifice déjà bien élevé
! En effet, dès la fin du générique, nous sommes
déjà acquis à la cause de ce joyau qui marque
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Sam Peckinpah pouvait être fier de lui surtout quant on sait à quel point il s’est investi dans son film, n’ayant pas seulement été un "yes man" du studio sur ce projet mais prenant en charge plusieurs éléments autres que la pure mise en scène ; mais le mieux est de le laisser s’exprimer. « C’est le succès de mes séries TV qui a fait que la Metro m’a proposé ce film. Randolph Scott et Joel McCrea étaient déjà engagés (le second grâce au premier qui voulait absolument l’avoir pour partenaire). Cette fois j’ai pu écrire le scénario à ma guise car l’histoire était tout à fait conventionnelle, sans authenticité aucune, et je l’ai tirée vers quelque chose de plus baroque tout en apportant ces éléments réalistes dont j’avais eu connaissance dans ma jeunesse soit par les récits qui m’avaient été faits, soit par l’observation directe ; c’est ainsi que le camp de mineurs a été reconstitué à partir de choses vues. J’ai également rendu le dialogue plus nerveux, développé certaines scènes, interverti les rôles de Scott et McCrea et surtout, je crois, approfondi ce thème de la vieillesse qui me hante véritablement. Mais mon nom ne figure pas au générique pour ce travail sur le scénario. Les deux interprètes ont été d’une grande coopération, entrant de plain-pied dans l’histoire telle que je la voulais, étant parfaitement conscients et acceptant de démystifier l’Ouest, à corriger l’image fausse qu’en donnait souvent le cinéma » expliquera le cinéaste lors d’un entretien donné à Guy Braucourt pour la revue Cinéma 69 N°141.
« C’est, en quelques mots, un film sur le rachat
et la solitude. La solitude de ces deux légendaires officiers
de paix oubliés par le pays qu’ils avaient pacifié
et qui grandissait désormais sans eux » dira encore
Peckinpah. Il est extrêmement émouvant pour un passionné
du genre de voir deux des plus grandes icônes de la mythologie
westernienne en bout de course se retrouver vieillissants, fatigués,
les semelles de leurs bottes trouées pour une ultime et poignante
chevauchée vers le crépuscule. Steve Judd et Gil Westrum
ont fait les quatre cents coups ensemble, ont été
tour à tour du bon et du mauvais côté de la
loi et les aléas de la vie les ont séparés.
Ils se redécouvrent le temps d’un voyage et, même
si leurs buts sont totalement opposés, ils profitent cependant
des quelques moments de répit qui les
Avant d’affûter un style beaucoup plus radical, Sam
Peckinpah nous dévoile donc ici une sensibilité qu’on
ne lui soupçonnait pas, même si Serge Kaganski a très
justement parlé du cinéaste comme étant un
grand romantique (à l’instar d’un James Ellroy
dans le domaine de la littérature si on arrive à passer
outre les clichés colportés et à estimer que
de la noirceur totale peut naître le romantisme le plus fou).
Dès ce film, il entame sa saga des losers et se fait le chantre
des désenchantés, des las et des vaincus. Leur description
juste et poignante ne va pas sans une certaine ironie mais malgré
ça, Peckinpah respecte et aime infiniment ses quatre héros,
tour à tour extrêmement touchants. Le cinéaste
mène son film avec une réelle maestria et une efficacité
redoutable jusqu’à cet extraordinaire final, un gunfight
d’anthologie, véritable baroud d’honneur orchestré
avec génie pour ces deux immenses acteurs qu’étaient
Randolph Scott et Joel McCrea, tous deux magnifiques dans ce film.
Un gunfight "Bigger than Life" filmé aussi bien
en plongée du haut d’une grue en un immense plan d’ensemble
qu’en contre-plongée serrant de très près
nos deux acteurs se dirigeant vers l’ultime séquence
de leur carrière (au moins en ce |
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![]() Image : Pourquoi vouloir s’appesantir des heures sur un DVD au master aussi remarquable ? En effet, la copie est d’une propreté exemplaire et le travail de compression de la Warner s’avère totalement invisible. La palette de couleur est telle qu’elle devait l’être à l’origine et Lucien Ballard serait étonné d’un si bon rendu de son formidable travail. La définition et les contrastes n’ont rien à se reprocher eux non plus. Bref, c’est le bonheur le plus total, l’un des plus beaux transferts de western qu’il m’ait été donné de voir ! Son : La bande-son, même si elle se révèle à deux ou trois reprises au début du film moyennement claire et saturée (l’arrivée de nos deux héros dans le saloon par exemple) est elle aussi d’un très bon niveau dans l’ensemble. Pour les amateurs de VF, sachez qu’il s’agit de celle d’origine et qu’elle se tient très bien également même si plus sourde et bouchée. |
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| Les
suppléments, comme
pour tous les bonus Warner en zone 1, ne sont pas sous titrés. Ils se composent d’une galerie de bandes-annonces de films de Sam Peckinpah dont celles, au format approchant, de Coups de feu dans la Sierra, Pat Garret et Billy le Kid, Guet-apens, vilainement recadrée comme celle d'Un nommé Cable Hogue ou pire encore, hideusement pan et scannée comme celle de La Horde sauvage que l’on a du mal à reconnaître ainsi et qui pourrait en rebuter plus d’un à sa découverte. L’on peut également y trouver, tout aussi recadré, un trailer mélangeant des extraits des trois films contenus dans le coffret James Dean. S’ajoute à cela, un commentaire audio du film par Nick Redman, Paul Seydor, Garner Simmons et David Weddle, biographes et spécialistes de Sam Peckinpah. Sous la forme d'un dialogue entre les quatre experts qui se relancent constamment, ce commentaire se révèle passionnant aussi bien par le nombre d'anecdotes dispensées que par son analyse du film. Jeu avec les conventions du genre, analyse sociale et historique, travail sur le mythe, étude psychologique des personnages, Coups de feu dans la Sierra révèle peu à peu ses richesses. L'évolution du scénario, le travail de Lucien Ballard, les repères biographiques (Steve Judd est quasiment une projection du père du cinéaste), l'analogie avec Mark Twain, le statut des comédiens sont également abordés. Ainsi que bien sûr, et de manière régulière (les commentateurs s'extasient souvent devant les images), le style de Peckinpah : attention aux détails, utilisation
de la grue, usage pointilleux du Cinémascope pour la composition
des cadres, travail sur le point de vue (comme celui de la mariée
lors de la terrible scène de la cérémonie, etc...
Un équilibre parfait entre anecdotes de tournage, portrait du réalisateur
et efforts analytiques est assuré par ce supplément incontournable.Enfin, une featurette d’une vingtaine de minutes intitulée A Justified Life : Sam Peckinpah and the High Country qui est en fait une interview de Fern Lea Peter, la jeune sœur du réalisateur. Elle nous parla de la jeunesse de son frère avec photos de famille à l’appui, de la ressemblance de caractère entre leur père et le personnage de Steve Judd dans Coups de feu dans la Sierra, de l’ascendant que leur père avait sur eux, la perte du père étant à l’origine de la déchéance de son frère Sam dans les dernières années de sa vie de l’Ouest dans lequel grandit son frère... Assez mal montée et realisée mais plutôt intéressante. |
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