Le Combat des Maîtres : Fils du directeur d’une école d’arts martiaux, le jeune Wong Fei-hung a toujours vu opposer un refus à son désir d’être initié au kung-fu. Mais l’école est humiliée lors d’une rencontre sportive. Pour prendre sa revanche, il suivra l’enseignement du maître Lu Ah-tsai durant deux ans…


Martial Club :
Une démonstration de Danse du Lion tourne à l’affrontement entre deux écoles suite à une provocation. Le père de Wong Fei-hung tente de se poser en arbitre. Survient alors un mystérieux maître d’arts martiaux venu du Nord.

Le Combat des Maîtres
(Huang Fei-hong yu liu a cai)
Réalisé par Liu Chia-liang
Avec Gordon Liu Chia Hui, Chen Kuan Tai, Wong Yu, Lily Li, Liu Chia Liang
Hong-Kong - 93 mn - 1976

Martial Club
(Wu guan)
Réalisé par Liu Chia-liang
Avec Gordon Liu, Johnny Wang Lung-wie, Kara Hui Ying-hung Wilson Tong Wai-shing, Ku Feng
Scénario : Kuang Ni
Hong-Kong - 104 mn - 1981

Le personnage de Wong Fei-hung est essentiellement connu dans nos contrées par les non-spécialistes au travers des interprétations qu’en ont donné Jackie Chan dans le Drunken Master de Yuen Woo Ping ou Jet Li, qui joua le rôle du justicier au parapluie à cinq reprises, dont quatre dans la série Il Etait une Fois en Chine initiée par Tsui Hark. Pourtant, Wong Fei-hung est le héros de plus de cent films, dont une grande partie interprétée par Kwan Tak-hing, sans compter les adaptations télévisées. Les deux films que Wild Side nous propose de (re)découvrir aujourd’hui sont historiquement intéressants en ce sens qu’ils illustrent une volonté de ne pas présenter Wong comme un combattant âgé, ce qui était l’usage alors, mais de raconter ses jeunes années, celles de la formation d’un futur maître. Ce coup de jeune apporté au personnage fut essentiellement l’œuvre de Liu Chia-liang, à une époque où le film de kung-fu connaissait un certain déclin. Ancien chorégraphe de Chang Cheh, Liu choisit de montrer un personnage loin du combattant invincible et du médecin accompli que l’on présentait alors ; et c’est le jeune Gordon Liu, frère adoptif du réalisateur, qui incarnera ce renouveau. Jeune pratiquant, il tient là son premier grand rôle à l’écran, et démontre déjà des capacités de jeu tout à fait satisfaisantes, pour ne rien dire des ses aptitudes martiales. Les amateurs d’action pure seront peut-être déçus par cet opus, qui s’intéresse pour l’essentiel à la formation et l’entraînement, ainsi qu’à la philosophie martiale. Car Liu Chia-lang reste fidèle à l’esprit du personnage, et distille la morale héritée de Confucius qui est sienne : tuer son adversaire n’est pas le vaincre, le but est de l’amener à changer : « Moins de coups, plus de compassion » ; l’affrontement de Wong et de l’assassin de son ennemi s’achèvera d’ailleurs sur une (un) geste de magnanimité, et en pansant la jambe brisée de son adversaire, il annonce également son avenir de médecin. Le film offre néanmoins son lot de séquences d’action, essentiellement au travers de deux splendides affrontements au bâton.

La même équipe se retrouve cinq ans plus tard pour réaliser un nouvel épisode de la saga Wong Fei-hung, toujours situé dans la jeunesse du personnage. Si le scénario du premier épisode était très classique, celui du second pourrait tenir sur un timbre poste, tant la priorité est donnée à l’action et aux démonstrations martiales : le début laisse d’ailleurs penser qu’on va se retrouver confronté au pire de la comédie kung-fu, entre quiproquos grossiers et jeu outré. Le niveau se relève néanmoins nettement avec l’entrée en scène du maître du Nord campé par Johnny Wang, dont le personnage refuse la haine et les affrontement aveugles et préfère rechercher la compétition avec les meilleurs pratiquants, ce qu’illustrera une séquence finale passionnante où il se mesure à Gordon Liu dans un corridor étroit, et où la notion de confrontation est absente ; seule subsiste l’expression pure des arts martiaux. Par ailleurs, l’essentiel des séquences d’action prend un aspect de comédie musicale – c’est par exemple flagrant lors de la scène de l’offrande des tissus. Notez par ailleurs le nombre très important de plans qui cadrent uniquement les jambes des combattants. Dès la séquence d’ouverture et sa très impressionnante démonstration aérienne de la Danse du Lion, Liu Chia-lang orchestre une véritable symphonie du mouvement, propre à séduire les spectateurs les moins réceptifs aux films d’arts martiaux.





Image :
Ceux qui connaissent déjà le travail de Celestial et Wild Side dans l’édition du catalogue de la Shaw Brothers ne seront guère surpris, mais une fois encore, la copie est parfaite, les couleurs éclatantes, la définition excellente – les flous dans certaines zones de l’image sont d’origine -, et la compression sans défaut. Bref, une nouvelle fois de l’excellent travail.

Son : Là encore, rien à redire, que ce soit en mandarin ou en français, les pistes mono sont carrées, efficaces et sans défaut.

Wild Side
93/104 mn
Zone 2
Menu musical et animé
Chapîtrage animé

Format cinéma : 2.35 : 1
Format vidéo
: 16/9 compatible 4/3
Langues : mandarin mono, français mono
Sous titres : français

Disque 1 :

Bandes-annonces de Les 14 Amazones, Le Poignard Volant, Cinq Maîtres de Shaolin, Shaolin contre Ninja, Martial Club, et la saga Baby Cart.

Disque 2 :

Les mêmes.

Disque 3 :

- Le Cinéma de Hong-Kong / Kung-Fu – 47 mn 25 : Ce bon documentaire de 2003 retrace l’histoire du kung-fu dans le cinéma hongkongais, depuis ses débuts traditionnels jusqu’aux comédies de Jackie Chan et son exportation à Hollywood en passant par Bruce Lee. Illustré par de nombreux extraits de films et des interventions de stars comme Jet Li, Jackie Chan, Sammo Hung, mais aussi de nombreux réalisateurs, chorégraphes et professeurs, sans compter les images d’archives de Bruce Lee et Run Run Shaw, ce supplément constituera une excellente introduction au genre et à son histoire pour tous les néophytes.

- Le 7ème Art de Wong Fei-hung – 25 mn 59 : cette très intéressante série d’interviews retrace l’histoire du personnage de Wong Fei-hung, depuis la série de films interprétés par Kwan Tak-hing jusqu’à se réinvention par Liu Chia-liang. Divers spécialistes (1) y dissertent avec intérêt de la signification de ce personnage exemplaire

- Kung-fu Dancer – 13 mn : Frédéric Ambroisine interroge Robert Mak sur sa double formation d’artiste martial et de danseur ; celui-ci explique comment il s’est efforcé de mélanger les disciplines, et exprime également son regret d’avoir quitté la Shaw Brothers pour les productions taïwanaises de qualité moindre.

- Portrait de Gordon Liu – 6 mn 18 : visiblement extrait de l’équivalent chinois de Match TV, ce très rapide portrait de Gordon Liu ne vous apprendra pas grand-chose, mais vous permettra au moins de l’entendre chanter.

- Bandes-annonces : deux bandes-annonces rythmées et spectaculaires du Combat des Maîtres et de Martial Club montées par Celestial Pictures.

- Galerie Photos et Affiches : 15 photos couleur déroulantes du Combat des Maîtres, 22 de Martial Club, et deux affiches imprimables sur votre lecteur DVD-ROM.

- Filmographies : filmographies de Liu Chia-lang, Gordon Liu, Chen Kuan-tai, Lily Li, Johnny Wang, Kara Hui, Ku Feng, Robert Mak, Wong Yu et Kong Do.

Au final, un coffret de belle facture technique et aux suppléments intéressants, les amateurs du genre devraient être comblés.

(1) Enfin, surtout spécialistes du cinéma de Hong-kong, car lorsque l’un d’entre eux présente Citizen Kane et Casablanca comme « des films ennuyeux des années 50 », on est en droit de se poser des questions…

Les autres films de Liu Chia-lang chroniqués par Classik
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