![]() |
|||||||||||||||||||||||||
![]() |
![]() |
||||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||||||||
![]() |
|||||
|
Mime, un forgeron ermite, recueille les dernières volontés d’une femme mourante qui lui confie son nouveau né Siegfred. Il est élevé par le vieillard retors dans le but secret de tuer le dragon Fafnir, gardien du trésor des Niebelungen, Venu à bout de la créature grâce à l’épée de son père, un fier guerrier du nom de Sigmund, Siegfred se baigne dans le sang du dragon qui a la vertu de rendre invincible. Siegfred, ayant déjoué le traquenard de Mime, riche du trésor et quasiment invincible, se rend au château de Worm où vit, dit-on, la plus belle des femmes, Krimhilde, sœur du roi Gunther. |
|
||||
A
mi-chemin entre les films de chevalerie et les péplums
fantastiques qui connaissent en ce milieu des années cinquante
un écho retentissant, Le Chevalier blanc est
bien en mal d’égaler les œuvres de Vittorio Cottafavi
ou encore de Riccardo Freda. Même sans citer ces maîtres,
Mario Camerini (Ulysse, 1954) ou plus tard Giorgio
Ferroni (La Guerre de Troie, 1961) et Pietro Francisci
(Hercule et la Reine de Lydie, 1959) apporteront
au genre une beauté et une invention qui manquent cruellement
à cette adaptation de la légende de Siegfred. Giacomo
Gentilomo était, selon le livret d’accompagnement, un
réalisateur spécialisé dans le réalisme
social. Si l’on ne sait s’il brillait dans cette frange
du cinéma, on peut par contre constater ici qu’il ne
parvient guère à donner de l’ampleur à
ce récit mythologique. Avec Maciste contre les vampires
(1961) et Maciste contre les hommes de pierre (1964)
le cinéaste montrera un peu plus d’assurance dans le
genre, même si ces deux volets sont à cent lieues de
Maciste en enfer de Freda… Pour l’heure,
si ce réalisateur amateur de culture germanique (il fit des
études d’art en Allemagne) semble sincère dans
sa volonté de rendre hommage à l’œuvre musicale
de Richard Wagner, le résultat est assez désolant. Il
faut voir Siegfred, arborant un brushing
improbable, courir niaisement dans les paysages verdoyants, tel un
cabri pris de la danse de Saint-Guy, ou encore combattant un dragon
impotent, baudruche hémiplégique qu’un Passe-partout
sous tranxène pourrait aisément étriller. On
imagine d’ailleurs difficilement que l’auteur de la créature
légendaire est l’immense Carlo Rambaldi (Alien,
Possession, E.T....), qui fait ici
ses débuts dans le cinéma.Gentilomo, à la différence de ses prestigieux collègues cités plus haut, ne parvient à aucun moment à sublimer le manque de moyens évident, à transcender par la poésie les décors de carton-pâte et les effets spéciaux brinquebalants, à offrir des visions magiques, à saisir ne serait-ce qu’un brin de légendaire. De même, le film, s’il lorgne vers une représentation historique purement hollywoodienne, qui d’Ivanhoé aux Chevaliers de la Table Ronde fleurit sur les écrans, subit le contre coup d’une production fauchée. Les tournois sont suivis par quatre spectateurs et une vingtaine de mannequins, les banquets comptent une petite dizaine de convives... A vouloir rivaliser avec le luxe des production américaines, Gentilomo se retrouve dans un no man’s land, incapable d’une part d’égaler ces modèles et d’autre part de retrouver la légèreté et l’inventivité du cinéma de ses compatriotes. Le fait qu’il calque à plusieurs reprises la version de Fritz Lang, est également un aveu de son impuissance à offrir une version personnelle de la légende.
Seule la partition épique de Franco Langella, brodant assez
intelligemment autour des thèmes de Wagner, parvient à
donner du souffle à certains passages. Et lorsque le compositeur
cède la place à des extraits de la sublime tétralogie,
lorsque Le Crépuscule des Dieux retentit sur l’enterrement
de Siegfred, on se prend à ressentir un frisson quasi extatique,
certes à mille lieues de celui qui peut nous emparer à
la vision d’Excalibur où John Boorman
offrait un tout autre écrin au chef d’œuvre du compositeur.Cette réception négative du film, forcément subjective, doit cependant être tempérée pour les aficionados du genre qui trouveront certainement de nombreuses qualités à cette œuvre, nouvelle véritable rareté qu’Artus films déterre après l’excellent Empereur du boulanger. On retrouve ici tout ce qui fait le charme des productions italiennes des années 50, cette volonté d’embrasser plusieurs cultures dans un joyeux pêle-mêle (la culture Viking qui côtoie le Moyen-âge), de dépasser la maigreur du budget afin d’offrir au public un spectacle inoubliable. Mais sans poésie, sans vision personnelle du mythe, sans savoir-faire artistique véritable, ce Chevalier blanc souffre de la comparaison avec nombre d’autres productions de l’époque qui, elles, ne manquent pas de réveiller en nous un merveilleux enfantin. Il convient cependant de saluer une nouvelle fois la ligne éditoriale de ce jeune éditeur Montpelliérain pour ses choix audacieux et des bonus très intéressants. Mais notre enthousiasme a cependant bien du mal a passer outre le défaut majeur de cette édition qui se situe au niveau de la technique. |
|||||
![]() Image : Le master est peut-être propre, mais il est difficile d’en juger tellement l’édition proposée accumule les défauts : fourmillements, couleurs délavées et baveuses, pixellisations, artefacts de compression, sautes d’images, contrastes inexistants, sautes constantes de chroma, flous… un véritable catalogue ! La deuxième partie du film est bien plus stable au niveau des couleurs, qui deviennent même parfois agréables. Il y a moins de défauts, même si l’on reste bien en deçà de ce que l’on attend d’une édition DVD. L’image semble légèrement recadrée, visible lors du générique. Le master est 4/3. Son : La bande-son est correcte, assez dynamique, souffrant seulement d’un léger souffle durant tout le métrage. Il y a également une coupure du son vers le premier tiers du film. Attention cependant, il s’agit de MPEG et non de Dolby stéréo. Il convient de vérifier la compatibilité de votre matériel avec ce format. |
|||||
|
|||||
| L’aspect médiéval dans
Sigfrido (25 mn). Entretien avec François Amy de la
Bretèque, spécialiste du Moyen-âge au cinéma.
Ce professeur d’histoire nous parle des différentes adaptations
cinématographiques de cette légende, adaptations initiées
par Fritz Lang, suivies de deux productions italiennes (aujourd’hui
disparues) précédant celle de Giacomo Gentilomo. Si la
légende n’a rien de médiéval (c’est
une légende nordique, pré-chrétienne) les adaptations
cinématographiques sont, elles, ancrées dans un Moyen-âge
fantaisiste, syncrétique, anachronique. C’est cette facette
que le prolixe historien décortique, expliquant en détail
la représentation chrétienne et moyenâgeuse qui
prime sur le versant païen et nordique de la légende, ou
plutôt qui s’essaie à une étrange friction
de ces deux époques. Il s’applique ensuite à montrer
à quel point la version de Gentilomo reprend plan par plan certaines
scènes du film de Lang, mais met également en avant les
quelques spécificités de cette version. François
Amy de la Bretèque conseille le film pour son intérêt
historique dans le cinéma Italien, symptomatique de la réappropriation,
typiquement méditerranéenne par son style, de genres issus
d’autres contrées, ici les légendes nordiques, ailleurs
le western américain. Un intervenant passionnant et érudit,
toujours clair et agréable à écouter.
La légende des Nibelungen (15 mn). Entretien avec Pascal Landes, professeur d’histoire. En un petit quart d’heure vous saurez tout sur la genèse de la légende des Nibelungen par un commentaire détaillé et riche, sans être à quelque moment que ce soit abscons ou ennuyeux. Décidément Artus Films sait choisir ses interlocuteurs ! Les effets spéciaux de Carlo Rambaldi par Luigi Cozzi (7 mn). Le réalisateur et journaliste italien nous décrit sa rencontre avec le grand Carlo Rambaldi, l’un des maîtres mondiaux des effets spéciaux. Il décrit son arrivée dans un antre peuplé d’objets hétéroclites où il découvre stupéfait que Rambaldi était le créateur du dragon Fafnir qui l’avait marqué dans sa jeunesse. Exceptée cette anecdote, ce court entretien n’apporte pas grand chose, ne nous fait pas découvrir de ces secrets d’artisan dont nous sommes friands ni n’éclaire les débuts au cinéma de Rambaldi. On apprend seulement que les effets spéciaux n’étant pas reconnus à l’époque, Rambaldi était un artisan extérieur appelé sur les plateaux pour créer ses créatures, sans voir son travail vraiment reconnu ni son nom sur les génériques. Mais l’histoire rattrapera ces oublis en offrant ultérieurement trois oscars au maître. Entretien avec Ilaria Occhini (15 mn). L’actrice égraine les souvenirs de tournage, de De Sica à Gabin en passant par De Seta, José Giovanni ou encore Clint Eastwood. Ses débuts au cinéma sous la caméra de Giacomo Gentilomo sont par contre très rapidement évoqués, l’actrice ne gardant que peu de souvenirs de ses expériences dans le péplum et la série B italienne. Galerie de photos contenant l’affiche et deux photos d’exploitation Fiche technique Filmographies de Giacomo Gentilomo, Ilaria Occhini et Sabastian Fischer Livret de 8 pages reprenant les filmographies, le chapitrage et la fiche technique |
|||||
|
|||||
|
|||||