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De nos jours, le seul titre de gloire
de Flying Down to Rio est de marquer les débuts
à l’écran du couple Fred Astaire / Ginger Rogers.
En effet, lorsqu’on le cite dans n’importe quel ouvrage français,
c’est pour n’évoquer que brièvement les quelques
pas de danse qu’entament nos deux génies de la discipline
sur l’air de La Carioca, le reste étant tout au
plus regardé avec une certaine condescendance. Cette comédie
musicale eut pourtant un immense succès publique et critique à
l’époque de sa sortie et permit à la RKO, alors en
difficulté, d’éviter la faillite. Alors, bon film
ou ne méritant de rester dans les annales que par pur intérêt
historique ? Aucune hésitation en ce qui me concerne dans le choix
de mon camp puisque je placerais volontiers Carioca parmi
les plus réussis des dix films que tournèrent ensemble Astaire
et Rogers ! Carioca aurait dû marquer les débuts
au cinéma de Fred Astaire mais en attendant que le studio entreprenne
le tournage, il fut convoqué par la MGM pour jouer son propre rôle
dans un numéro avec Joan Crawford pour le film Le Tourbillon
de la danse (Dancing Lady) de Robert Z. Leonard.
De son côté, Ginger Rogers avait déjà pas mal
roulé sa bosse avec pas moins de 19 films à son actif, dont
seulement deux comédies musicales qui demeurent cependant aujourd’hui
les seuls titres connus, à savoir les excellents 42ème
rue et Chercheuses d’or de 1933 dans lesquelles
sa courte présence à l’écran faisait cependant
forte impression ; quelle sensualité et quelle vitalité
! Le premier rendez-vous avec son futur partenaire d’élection
a failli ne pas avoir lieu cette année là, puisque ce n’est
pas Miss Rogers qui devait incarner le personnage d’Honey dans Flying
Down to Rio mais Dorothy Jordan, cette dernière renonçant
finalement au rôle pour épouser le producteur exécutif
du film, plus connu pour avoir réalisé King Kong,
Merian C. Cooper. Bien lui en a pris ; les nombreux admirateurs du duo
ne peuvent que s’en féliciter ! |
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![]() Oubliez les errements de l’éditeur sur d’autres films du couple (Swing Time et Shall We Dance par exemple) ; il se rattrape ici en beauté, aucune mauvaise compression ne venant cette fois-ci gâcher le spectacle. De plus le master est bien contrasté, bien défini et la copie s’avère relativement propre en rapport à l’âge du film ; si quelques séquences sont moins bien conservées, on remarque qu’il en de même dans le DVD Warner Zone 1. Les copies se trouvent être absolument identiques. Niveau sonore, rien à redire, et, en supplément, la traditionnelle présentation par Serge Bromberg qui revient, avec le sourire, sur les débuts du couple vedette. Bonne cuvée Pocket RKO. |
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« We live not as we want to, but as we must »
; telle est la phrase en exergue du générique de
Primrose Path, l’un des derniers films de Gregory La
Cava. Elle nous met dès lors la puce à l’oreille
et nous fait immédiatement douter de nous retrouver devant une
"Screwball Comedy", genre dans lequel il a étonnamment
été parfois catalogué ! Que les films les plus
célèbres du cinéaste puissent s’y intégrer
certes, mais de là à y inclure ce tableau social plutôt
sordide ! Les fulgurants dialogues peuvent éventuellement faire
illusion quelques instants mais quitte est d’admettre très
vite qu’il n’en est rien ; il s’agit au contraire
de la description cruelle et sans concession de la vie pitoyable de
familles issues de classes défavorisées vivant à
la périphérie de San Francisco. Après Pension
d'artistes (Stage Door) et La Fille
de la 5ème Avenue (Fifth Avenue Girl),
déjà interprétés par Ginger Rogers, Gregory
La Cava confronte à nouveau deux milieux différents sauf
que ce ne sont plus des distinctions de classes sociales (tout le monde
vit plus ou moins dans la pauvreté) mais de genres de vie. Joel
McCrea, d’un côté, travaille dans un restaurant au
bord de la mer et fait bonne figure, aimé de ses clients pour
son sens de la répartie et entourée des ouvrières
de l’usine de poissons toute proche, parmi lesquelles il "puise"
pour passer agréablement ses soirées ; il semble se complaire
ainsi entre labeur et loisir. La famille de Ginger Rogers, de l'autre,
habite sur les hauteurs et baigne au contraire dans l’ignominie
ambiante des paroles haineuses déversées à profusion
par une grand-mère odieuse, cupide et mesquine. Heureusement,
seule la petite sœur d’à peine 8 ans prend modèle
sur "l’ancêtre" (qui semble avoir été
une mère maquerelle) mais la situation des autres membres de
la famille n’est guère plus reluisante ; en effet, le père
est un écrivain raté et sans travail, ayant sombré
dans l’alcoolisme suicidaire ; la mère survient au besoin
de la maisonnée en acceptant de sortir avec les admirateurs généreux
qu’une amie lui présente. "Milk Shake" de personnages
détonants (loin des aimables excentriques de Capra) pour un film
de plus de 70 ans, dont on peut aisément arriver à comprendre
au vu de cette brève description pourquoi il choqua et fut censuré
dans plusieurs Etats : rarement la prostitution avait été
abordée aussi frontalement et rarement une vie de famille avait
été dépeinte avec une telle noirceur. |
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![]() La nouvelle fournée Montparnasse n'a pas grand chose à se faire reprocher, témoin encore avec Primrose Path. La copie est propre, les contrastes sont présents, la définition est de la partie et la compression sait se faire discrète. Niveau sonore, un mono tout ce qu’il y a de plus correct. En ce qui concerne les suppléments, une intéressante introduction par Serge Bromberg revient sur les carrières respectives de Ginger Rogers et de Joel McCrea tout en donnant quelques anecdotes sur et autour du film. |
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