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Murders in the rue Morgue : Paris, 1845. A la foire,
le Dr. Mirakle exhibe Erik, un gorille. Son but secret est de mêler
le sang de ce dernier avec celui d'une jeune femme. Après plusieurs
tentatives et autant d'échecs (et de meurtres de femmes), il
jette son dévolu sur Camille, une spectatrice dont Erik semble
être tombé amoureux… Parallèlement, Pierre
Dupin, le fiancé de Camille, étudiant en médecine,
fréquente la morgue et s'intéresse aux causes réelles
des décès des jeunes femmes retrouvées dans la
Seine… |
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Au tout début des années 1930, avec
l’expansion du cinéma parlant, Universal décide
de produire des films d’horreur, le plus souvent adaptés
d’œuvres littéraires des maîtres du genre
au XIXème siècle (Bram Stoker, Mary Shelley, Edgar Allan
Poe, H. G. Wells…). Ainsi, en 1931 voit-on s’affronter
au sommet du box-office les deux premiers grands classiques du cinéma
fantastique parlant produits par la Universal… D’un côté,
le magnifique Frankenstein réalisé
par James Whale, au scénario ingénieux librement adapté
du roman de Mary Shelley. Supporté par une photographie contrastée,
des interprètes convaincants (et notamment l’immense
Boris Karloff pour le rôle de la créature qui va faire
de lui une star) et une mise en scène fluide et inventive,
le film est un chef-d’œuvre. De l’autre côté,
le moins flamboyant mais tout de même mythique Dracula
réalisé par Tod Browning. Si le film bénéficie
de décors moins gothiques dans sa seconde partie, d’un
manque flagrant de rythme et d’une mise en scène trop
théâtrale, il possède néanmoins de sérieux
atouts qui en font un très grand succès, à commencer
par la présence de l’inoubliable Bela Lugosi en comte
Dracula. D’autres classiques, d’autres chef-d’œuvres,
d’autres triomphes vont suivre dans le courant des années
1930 (The Mummy en 1932, The invisible man
en 1933, The bride of Frankenstein en 1935, Son
of Frankenstein en 1939…), pour ensuite évoluer
dans la seconde moitié des années 1930 et même
carrément changer dans les années 1940. La Warner Bros,
la RKO et la MGM ne tardent pas à suivre le mouvement en produisant
quelques perles du genre, comme Mad Love en 1935,
Mark of the Vampire en 1935, Doctor X
en 1932, The most dangerous game en 1932… Certains
acteurs deviennent des stars parmi ces films appelés "Horror
movies" : Boris Karloff, Claude Rains, Peter Lorre, Lon Chaney
Jr (et cela même si cet acteur devint une star plutôt
dans les années 1940), et bien sûr Bela Lugosi.
Ce dernier, de son vrai nom Bela Ferenc Deszo Blasko, est né le 20 octobre 1882 à Lugos en Hongrie. Ayant commencé sa carrière d’acteur en 1901 et tourné son premier film en 1917 (en Hongrie), il finit par émigrer aux Etats-Unis pour y tenter sa chance : il triomphe sur les planches en interprétant plus de mille fois le comte Dracula dans l’adaptation théâtrale du roman de Bram Stoker. La firme Universal achète les droits du roman et décide de produire une adaptation cinématographique en 1931, Lon Chaney est alors choisi pour incarner le prince des ténèbres. Mais il décède et Bela Lugosi est alors appelé au secours. Son interprétation, en tout point remarquable, lui donnera instantanément ses galons de star à Hollywood. Va de ce fait s’ensuivre une filmographie spécialisée dans le fantastique d’épouvante émaillée de classiques, de bonnes séries B et d’insondables nanars. Si Lugosi n’a tourné en définitive que peu de films réellement excellents, incarnant toujours des rôles de méchants (savants fous, gangsters, schizophrènes…), son style, son air droit, son charisme et son impressionnante voix affichant un accent à couper au couteau feront de lui l’un des mythes majeurs du cinéma d’épouvante de l’âge d’or hollywoodien. Murders
in the rue MorgueEn 1931, alors qu’il triomphait au cinéma dans son interprétation de Dracula, Bela Lugosi se voit refuser le rôle de la créature de Frankenstein (ce n’est pas lui qui déclina la proposition comme il a été prétendu dans nombre d’ouvrages sur le cinéma). De son côté, le metteur en scène Robert Florey se voit limogé de la réalisation du film au profit de James Whale. Ne regrettons rien, tant Boris Karloff a su créer un magnifique personnage et tant James Whale s’avère s’être incontestablement montré meilleur artisan que Robert Florey. Pour éviter une guerre ouverte avec Lugosi et Florey, la Universal leur offre un projet d’adaptation de l’une des plus célèbres nouvelles d’Edgar Allan Poe : Murders in the rue Morgue. Le film apparaît donc rapidement comme un lot de consolation. Qu’importe, Lugosi et Florey sautent sur l’occasion et font de leur mieux pour livrer une œuvre aboutie qui permette de remporter un grand succès en 1932. Certes, le talent de ces deux noms du cinéma se fait sérieusement sentir, mais il est inutile de prétendre vouloir hisser ce Murders in The rue Morgue au rang des plus grands classiques du genre. Le film rassemble toutes les qualités habituelles des productions contemporaines de ce genre (telles Dracula et Frankenstein), mais l’ensemble ne fonctionne finalement qu’en partie. Le scénario prend de conséquentes libertés avec la nouvelle originale, installant un personnage de savant fou, un cirque de démonstrations de numéros orientaux, un gorille apprivoisé, mais également un Paris presque expressionniste (parfois assurément proche du style d’un Nosferatu en 1922 ou d’un Der Golem en 1920). Cela dit, la fin présente de sérieuses similitudes avec des éléments de la nouvelle (les trois hommes ayant soi-disant entendu le meurtrier parler dans trois langues différentes). Les maisons paraissent étirées dans tous les sens, de temps à autres oppressantes et cauchemardesques, offrant une vision du Paris de 1845 absolument incroyable et visuellement magnifique. En revanche, le budget ne semble pas extrêmement important, et dès lors les prises de vues en plans larges se font peu nombreuses, mis à part la fin qui donne à voir une course poursuite sur les toits esthétiquement fort travaillée à défaut d’être réellement captivante. Car d’esthétique, le film n’en manque pas, et c’est d’ailleurs ce qui le sauve en grande partie, la mise en scène de Robert Florey n’étant pas d’une beauté transcendante : plans fixes, vues générales, liens simples entre les scènes, quelques travellings un zeste trop mécaniques… Par rapport à la fluidité et au rythme d’un James Whale à la beauté contrastée d’un Karl Freund ou à la sûreté visuelle d’un Tod Browning, Robert Florey fait pâle figure. Certes, le film est solidement et honnêtement mis en image, mais se rapprocherait bien plus d’une série B que d’un vrai chef-d’œuvre. A noter toutefois certains plans très impressionnants dans leur modernité, comme celui où l’héroïne va et vient d’avant en arrière sur une balançoire (tel le pendule mortel se balançant décrit chez Poe). La photographie vient rehausser l’image, donnant un cachet supplémentaire aux décors, accentuant les jeux d’ombres et le malaise qui semblent ronger la pellicule depuis le début du film. En effet, Murders in the rue Morgue possède une atmosphère sombre et souvent lourde, portée par des moments de pure noirceur (le décrochage du cobaye féminin, devenu cadavre, tombant dans la Seine par une trappe) et parfois également de pur sadisme (les cris des deux femmes attaquées par le gorille à la fin du film, ou la bagarre dans la rue, entre les deux hommes, contemplée par une femme effrayée). Le tableau qui nous est proposé ici relève du pessimisme le plus total, voire même d’un certain naturalisme « Zolaien », et seule la fin viendra apporter un peu de légèreté à l’ensemble : au terme d’une poursuite sur les toits de Paris, le héros tue le gorille et récupère sa bien-aimée. Cette séquence préfigure d’ailleurs celle de King Kong l’année suivante, d’Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper. Pour la musique, les producteurs ont visiblement essayé de marcher à l’économie puisque l’on retrouve Le lac des cygnes de Tchaïkovsky déjà utilisé dans Dracula l’année précédente. Si le budget alloué par la Universal est toujours présent, force est de constater que Florey n’a pas eu les moyens financiers de Frankenstein sous la main… Le
casting est assez homogène dans la fadeur qui s’en dégage,
mais il reste bien sûr le grand Bela Lugosi. Incarnant ici le
docteur Mirakle (aux cheveux bouclés pour l’occasion),
personnage malsain et répugnant il tente de mêler du
sang humain de jeune femme au sang de gorille pour apporter la preuve
de la descendance de l’homme par rapport à cet animal.
Ses essais se concluent tous par des échecs, jusqu’à
ce qu’il rencontre une jeune femme qui lui donnera satisfaction,
avant qu’il ne meure, étouffé par son gorille
en pleine rébellion. Lugosi est une fois de plus fameux, articulant
ses syllabes comme aucun autre, portant le film par son ombrageuse
présence. Lui et les décors baignant dans une superbe
photographie font l’essentiel de la réussite du film.
Le rôle du savant fou lui va à ravir et sa carrière
n’aura de cesse d’être jalonnée de ce type
de prestations. En définitive, Murders in the rue Morgue, bénéficiant du statut de petit classique tout de même, se trouve être un peu long (un comble pour un métrage de 61 minutes !), et apparaît surtout bien terne comparé à The invisible man ou Frankenstein (par exemple). Mais il serait totalement injuste de critiquer ce film de la sorte sans rappeler que le plaisir demeure réel et qu’il y a eu un remarquable travail pour la création de l’atmosphère. The black cat The raven The invisible ray Black Friday --- En conclusion, disons que ce coffret édité par Universal permet de redécouvrir des films rares mettant en scène l’illustre Bela Lugosi. Le coffret s’adresse cependant également aux fans de cinéma fantastique de l’âge d’or d’Hollywood ainsi qu’aux fans de Boris Karloff, ce dernier apparaissant dans quatre des cinq films présentés (dont deux où il tient le premier rôle, devant Lugosi). Le chef-d’œuvre du coffret demeure le bouleversant The black cat, une éblouissante démonstration de savoir faire se hissant presque à la hauteur des fleurons du studio (tels The invisible man, Frankenstein ou encore The Mummy), suivi de près par l’excellent The raven, à la fois gothique et sadique, présentant un Bela Lugosi dans ses meilleurs jours. Ensuite nous trouvons une intéressante surprise avec le très bon The invisible ray, lui même suivi de près par le simple mais rondement mené Black Friday. Murders in the rue Morgue finit bon dernier pour sa part… Bela Lugosi continue d’étinceler de mille feux grâce à la magie du DVD, et sa mémoire est ici largement célébrée. |
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Image
: Le DVD qui nous est présenté ici est un DVD double face.
Nous trouvons Murders in the rue Morgue, The
black cat et The raven sur la face A, et The
invisible ray et Black Friday sur la face B.
Les copies et la compression sont généralement aussi bonnes
que dans la fournée des classiques de monstres de Universal que
l’on a pu découvrir dès 2002 en France en DVD zone
2 (souvenez-vous des huit classiques de cette collection). Les trois films
présents sur la face A sont à peu près logés
à la même enseigne : copies en excellent état (pour
des films de plus de 70 ans !), compression quasi-invisible, noir et blanc
très bien entretenu, contrastes précis… On voit parfaitement
les divers éléments des décors, et parfois même
des détails que l’on ne pensait plus voir sur ces titres
(scènes nocturnes, visages des acteurs sous la pluie, décors
peu éclairés… tout apparaît avec brio !). On
voit jusqu’aux larmes de Bela Lugosi sur The black cat,
et aussi plusieurs détails de son visage sur The raven.
Même les décors expressionnistes de Murders in the
rue Morgue sont à nouveau flamboyants. Cependant, sur
la face B, c’est encore plus probant. The invisible ray
bénéficie d’un très bon transfert également,
et possède un master de qualité légèrement
meilleure encore. La plus belle copie demeure celle de Black Friday
(avec peu d’avance toutefois), possédant une copie claire
et un peu plus jeune encore. Néanmoins, tout n’est pas non
plus parfait, et l’âge de ces films se fait tout de même
ressentir en certaines occasions : un peu de grain persistant ici et là,
quelques griffures dans certaines scènes (avec pas mal de points
blancs), quelques légers sauts de plans… Mais rien de fâcheux,
tant la qualité est au rendez-vous. Décidément, Universal
soigne ses Classic Monsters, comme il l’a déjà brillamment
démontré auparavant (sur Dracula, Frankenstein,
The bride of Frankenstein, The Mummy,
The invisible man, The wolf man, Phantom
of the Opera ou encore Creature from the black lagoon).
De l’excellent travail : le DVD permet de revoir toutes ces œuvres
dans une qualité d’image très souvent excellente.Son : Au niveau du son, Universal nous offre un mono décrassé et clair pour les cinq films. Murders in the rue Morgue souffre peut-être un peu de son ancienneté (rappelons-nous de Dracula en 1931 qui présentait des scories similaires : quelques sauts sonores et autres petits étouffements, avec cependant une qualité d’ensemble fort réjouissante), mais présente dans l’ensemble un très joli mono. The black cat, The raven et The invisible ray présentent des monos très clairs, où l’on entend bien les paroles prononcées et les sons d’ambiance. Black Friday possède, quant à lui, la meilleure piste sonore, en mono également, plus précise et plus distincte encore que pour les autres films. En deux mots, la section sonore ne démérite pas comparé à l’image. A noter une chose importante : l’éditeur propose des sous-titres anglais, espagnols… et surtout français ! |
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| Si
l’édition est techniquement très soignée, il
n’en sera pas de même avec l’interactivité…
Souvenez-vous des autres films édités par Universal : documentaires,
commentaires audio, bandes-annonces, galeries de photos. Des bonus à
chaque fois passionnants ! Ici, il faudra se contenter des films, ce qui
est déjà formidable, surtout au vu de la qualité
technique de l’ensemble. On trouvera juste une bande-annonce pour
deux des cinq films. C’est affreusement maigre. Mais ne nous plaignons
pas trop et applaudissons cette édition tout de même digne
des films proposés. |
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