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Augustin reçoit l’investiture d’évêque d’Hippone, tâche à laquelle il avait d’abord tenté de se soustraire. Il craint de s’aventurer hors de sa vie monacale et d’avoir à composer avec une réalité trop complexe. Il consacre une partie de sa mission à combattre les hérétiques et, en particulier, les donatistes qui ont juré sa mort. Mais les barbares arrivent aux portes de Rome. |
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TROISIEME PARTIE :
Le film, comme Descartes plus tard, est structuré par de courtes séquences de voyages. Ces déambulations en Afrique permettent aux idées d'être véhiculées, d’être transmises au-delà des frontières de l’Empire. A la toute fin des Onze Fioretti de Saint François d’Assise (1950), François envoyait ses frères et ses fidèles à travers le monde pour propager sa parole et sa doctrine. François les faisait tourner en rond sur eux-mêmes avant de les laisser partir droit devant. Qu’importe le lieu, seule la transmission de la pensée compte. À la fin de L’Âge de Cosmes, Alberti enseigne l’essentiel de sa pensée humaniste. Descartes s’achève par l’impression typographique de ses célèbres Méditations métaphysiques. Si Rossellini filme des idées, il s’agit de pouvoir les transmettre. Tous ses héros historiques n’auraient pas influé sur le destin de l’Humanité sans avoir cherché et trouvé un moyen pour diffuser leur pensée.
Les principaux ennemis contre lesquels Augustin dut combattre furent les donatistes : les membres d’une secte influente au IVème siècle, et dont la doctrine avait été fondée un siècle plus tôt, à la suite d’un sacrement accordé à d’anciens traîtres. Les donatistes ne veulent pas accorder les sacrements à des hommes dont le passé est douteux. Augustin prône la miséricorde et la charité. A cause de ses prises de position, il devra échapper à son assassinat. Rossellini rend bien compte du caractère vindicatif des membres de cette secte qui allaient disparaître quelques décennies après. Comme dans L’Âge de Cosmes, il décrit aussi l’atmosphère de complots et d’intrigues d’une civilisation menacée par la compétition entre les prétendants. Sans cesse, chaque parti doit trouver, par tous les moyens, des alliés plus puissants.
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![]() Image : De nouveaux masters restaurés sont présentés dans leur format plein écran respecté. La qualité générale est impressionnante malgré quelques griffures pendant les génériques, notamment celui de Blaise Pascal. Les couleurs sont magnifiques, rendant parfaitement bien les différents contrastes entre les habits des personnages et le décor qui sert de toile de fond. On a très souvent l’impression de voir s’animer des tableaux vivants de la Renaissance italienne et nordique. Augustin d’Hippone est de tous les films présentés celui dont les images paraissent les plus ternes. Son : Le mixage est satisfaisant avec un vrai équilibre entre les voix doublées, les sonorités étranges de Nascimbene et les bruits d’ambiance, en particulier le bruit des pas qui renforcent parfois le caractère fantomatique de l’œuvre. Il y a très peu de grésillements dans l’ensemble. La version française est semblable à toutes les autres versions des autres films : il y a un vrai problème de raccord au niveau du doublage. Mais Rossellini aurait paraît-il cherché cet effet pour déshumaniser d’une certaine manière ses personnages et mieux faire entendre leurs discours. À deux reprises, dans L’Âge de Cosmes de Médicis en particulier et dans Descartes, les voix baissent soudainement durant quelques secondes et sont étouffées. Carlotta n’a sans doute rien pu y faire tant l’éditeur nous offre une fois de plus un objet rare d’une qualité exceptionnelle. |
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| Préface d’Aurore Renaut (9 mn) : Rossellini
confia le rôle principal à Dary Berkani, un cinéaste
algérien engagé. Le réalisateur de Stromboli
rompit ainsi avec toute une tradition iconographique qui avait représenté
le père de la Chrétienté sous une apparence caucasienne
alors qu’il était originaire d’Afrique du Nord.
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