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| Sur
les ailes de la danse Ne
voulant pas qu’il ruine sa carrière et qu’il quitte
la troupe théâtrale, ses camarades retiennent Lucky qui ne
peut alors pas se présenter pas à la mairie à temps
le jour de son mariage avec Margaret Watson (Betty Furness). Le père
de cette dernière, fou de rage, prévient Lucky qu'il ne
lui accordera à nouveau la main de sa fille qu’une fois qu’il
aura gagné assez d’argent pour subvenir à ses besoins.
Lucky quitte le théâtre et, en compagnie de Pop (Victor Moore),
part pour New York où il espère faire fortune. Dès
le premier jour, après un malencontreux quiproquo, il rencontre
Penny (Ginger Rogers), un professeur de danse de qui il s’éprend
immédiatement. Il la suit jusqu'à l'école, prétextant
qu'il veut prendre des cours. Penny éconduit son client qu’elle
trouve trop pressant ; son directeur (Eric Blore), outré, décide
de la renvoyer. Pour ne pas que sa nouvelle conquête soit licenciée,
Lucky demande au directeur de lui accorder une chance en les regardant
danser ensemble. Leur numéro Pick Yourself Up séduit
le directeur qui les fait passer dans un célèbre night-club.
Les deux partenaires ne tardent pas à tomber amoureux l'un de l'autre.
Mais Lucky n'ose pas avouer qu'il est toujours fiancé à
Margaret...L'Entreprenant M. Petrov Petrov
est danseur étoile dans une troupe de ballet russe que dirige Jeffrey
(Edwart Everett Horton). Amoureux de Linda (Ginger Rogers), une danseuse
de music-hall, Petrov quitte Paris pour New York afin de la suivre, après
avoir convaincu Jeffrey du bien-fondé d'une tournée aux
États-Unis. Auparavant, Petrov doit se débarrasser de l’encombrante
Denise, une ancienne partenaire toujours éprise de lui, en lui
faisant croire qu'il est marié. Sur le bateau qui les conduit à
New York, il retrouve Linda et lui déclare sa flamme. Une rumeur
propagée par Denise annonce la nouvelle du mariage de Petrov. Tout
le monde pense que Linda est son épouse. Furieuse, celle-ci refuse
d’admettre cette situation et quitte le bateau par l'avion du courrier.
A New York, Petrov vient s’installer dans le même hôtel
que Linda, et, par attention spéciale, le directeur s'est arrangé
pour que les deux chambres soient mitoyennes. Miller (Jerome Cowan), l'imprésario
de Linda, que ce mariage ravit, fabrique un document photographique compromettant
pour prouver la véracité de la rumeur. Cette fois, c'est
Petrov qui se fâche. Les deux danseurs décident alors de
se marier aussitôt afin de pouvoir divorcer officiellement aussi
vite que possible et faire cesser ces ragots... |
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En
1936, avec Swing Time, Fred Astaire et Ginger
Rogers se retrouvent ensemble pour la sixième fois de leur carrière.
C’est toujours Pandro S. Berman (qui émigrera à la
MGM avec des sujets plus dramatiques dans les décennies suivantes,
pour mettre sur pied, entre autres, des œuvres de Richard Brooks
comme Blackboard Jungle) qui produit mais, à la
réalisation, on remplace Mark Sandrich par le tout jeune George
Stevens. Ce dernier donnera d’ailleurs à son père
Landers, le rôle du juge Watson, le "père de la mariée".
Mark Sandrich reviendra sur le devant de la scène l’année
suivante pour tourner Shall We Dance. Quand on évoque
les comédies musicales RKO du duo Astaire/Rogers, on pense avant
tout à Mark Sandrich, le réalisateur qui leur convenait
le mieux. C’est lui qui mettra en scène leur film le plus
célèbre et sans conteste le plus réussi, Top
Hat et ses chansons d’Irving Berlin dont la plus fameuse
demeure Cheek to Cheek que Woody Allen et Frank Darabont, pour
ne citer que les plus connus, réutiliseront dans leurs hits respectifs,
La Rose pourpre du Caire et La Ligne verte.
Mais que ce soient William A. Seiter (Roberta), George
Stevens, H.C. Potter (The Story of Vernon and Irene Castle)
ou
Mark Sandrich, le style de chacun de ces films demeure très semblable
en raison de la présence des mêmes techniciens et des mêmes
types de décors toujours art-déco. Difficile de reconnaître
la patte de l’un ou l’autre de ces hommes à tout faire
de la RKO qui ne sont pas là pour imprimer leur personnalité
mais pour mettre en boîte de simples divertissements.Plus que les metteurs en scène, ce sont avant tout, outre le duo d’acteurs, les chorégraphes et les compositeurs qui doivent être mis en avant pour cette série de neuf films. Le chorégraphe Hermes Pan collabora avec Fred Astaire à partir de Roberta. On lui doit aussi par la suite la mise en place des danses dans La Belle de Moscou (1957) de Rouben Mamoulian ou My Fair Lady (1964) de George Cukor. Il reçoit un Oscar en 1937 pour A Damsel in Distress. A la RKO, c'est donc lui qui était le maître d’œuvre des ballets nécessitant une nombreuse figuration, Fred Astaire se réservant sa propre chorégraphie et celle de Ginger Rogers. On peut dire qu’Hermes Pan était en quelque sorte à la RKO ce qu’était Busby Berkeley à la Warner. Quant aux compositeurs, ce furent les plus grands de l’époque qui se mirent à la tâche : Irving Berlin pour Top Hat et Follow the Fleet, George Gershwin pour Shall We Dance ou Jerome
Kern pour Swing Time. Il faut d’ailleurs noter
qu’au générique de début de chacun de ces films,
les compositeurs apparaissent en dernier à une place habituellement
attribuée au réalisateur. Quasiment toutes les chansons
écrites pour ces films sont devenus d’immenses standards
repris maintes et maintes fois par toutes les plus grandes voix du jazz
: Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Dinah Washington... Sans la collaboration
de ces compositeurs, il ne resterait plus grand chose aujourd’hui
de cette série qui a quand même un certain mal à passer
la cap face aux "musicals" de la MGM.Si l’on en croit son autobiographie, c’est avec une certaine résignation que Fred Astaire entreprit d’accepter l’histoire de Swing Time : « Apparemment l’intérêt du public pour ces comédies musicales ne faiblissait pas, ce qui rendait difficile à chacun d’entre nous de prendre l’initiative d’en briser le moule... Je me résignais pour ma part à guetter le plus petit signe de lassitude – même provisoire - des spectateurs pour en tirer des conclusions. » Mais le succès est de nouveau au rendez-vous et, en tournant Shall We Dance l’année suivante, Fred Astaire craint plus que jamais d’être prisonnier du couple qu’il forme avec sa partenaire. Mark
Sandrich lui soumet l'intrigue originale de Shall We Dance
qu’il trouve un peu complexe mais il pense que la rencontre d'une
danseuse de music-hall et d'un danseur classique serait l'occasion de
faire des choses nouvelles. Ce septième long métrage du
couple sera encore un triomphe bien qu’un peu en deçà
des précédents, ce qui incitera les producteurs à
remplacer, pour A Damsell in Distress, Ginger Rogers
par Joan Fontaine. Cette dernière se révèlera piètre
vedette de comédies musicales, ce qui amènera Ginger Rogers
à revenir aux côtés de Fred l’année suivante
pour Amanda (Carefree - 1938).Adulées par toute une partie du public, ces comédies musicales, hormis peut-être Top Hat (et encore), sont pourtant loin de pouvoir figurer parmi les chefs-d’œuvre du genre. On peut même dire (mes excuses aux fans) qu'excepté les numéros musicaux, chansons ou danses, le reste apparaît aujourd’hui totalement anodin quand il ne semble pas tout simplement très mauvais. Pourquoi ? Jacques Lourcelles a assez bien résumé ma pensée en disant : « Œuvres ingrates aux intrigues désespérantes de pauvreté, mornes au comique poussif et rarement léger… ». Si je vous dis que les scénarios sont inconsistants, vous allez me rétorquer que ceux de certains films de Charles Walters, Busby Berkeley ou George Sidney le sont tout autant, auquel cas vous n’aurez pas tort. Seulement, les styles sont totalement différents et, il me semble que, malgré la ténuité de beaucoup de scénarios de la MGM, ceux ci arrivent pourtant à nous faire agréablement passer le temps entre chaque numéro, ce qui est loin d’être le cas ici, celui de Swing Time atteignant parfois des tréfonds de médiocrité. On a dit qu’il s’agissait là de l’intrigue la plus réaliste de la série mais Astaire et Rogers avaient-ils besoin de réalisme alors qu’ils étaient là pour faire rêver un public avide d’évasion ? Alors
mieux vaut encore le théâtre de boulevard et ses quiproquos
qui faisaient tout le sel de Top Hat et, dans une moindre
mesure, de Shall We Dance, que cette tentative pénible
de comédie romantique qu’est Swing Time
qui, d’un point de vue scénaristique, est certainement le
plus mauvais de la série, les enchaînements étant
tous plus calamiteux les uns que les autres ! On aurait même parfois
tendance à être gêné pour Fred Astaire par l’obligation
de le voir faire tant de pénibles pitreries, accompagné
par le médiocre Victor Moore, le non moins fadasse Georges Metaxa
et quelques autres qui ne sont pas en reste.En revanche, il s’agit du film comportant les séquences musicales les plus remarquables et inoubliables, les paroles des chansons de Jerome Kern étant beaucoup plus recherchées que les dialogues. Des vagues de grâce dans ce désespérant océan de "mornitude" ! C’est tout d’abord (au bout de 24 longues minutes quand même) l’éblouissant Pick Yourself Up et sa leçon de Tap Dance ; puis la sublime chanson (qui remportera d’ailleurs l’Oscar) The Way you Look Tonight au cours de laquelle le visage de Ginger Rogers, les cheveux mouillés, est d’une beauté extraordinaire ; le très drôle A Fine Romance chanté dans de magnifiques décors enneigés. Et l’on termine par un véritable feu d’artifice, deux numéros absolument sublimes, le très long Bojangles of Harlem au cours duquel Fred Astaire, grimé et dégingandé, en hommage au danseur noir Bill Bojangle Robinson, danse devant trois ombres géantes le représentant, et enfin le triste et formidablement émouvant Never Gonna Dance qui marque la séparation (temporaire) des tourtereaux et, au cours duquel Lucky déclare à Penny qu’il ne dansera plus jamais si ce n’est pas avec elle. Ce numéro imperfectible nécessita pas moins de 48 prises ! En revanche, la chanson titre The Waltz in Swing Time se révèle loin d’être la plus belle mélodie qu’ait composé Jerome Kern. Grâce à ces instants magiques, à l’élégance et à la perfection du travail des danseurs et des chorégraphes, si le film est poussif dans son ensemble, il ne s’avère pas si désagréable que cela au final.
Shall we Dance, tout aussi conventionnel, bénéficie pourtant d’un scénario un peu mieux construit (même s’il s’essouffle en fin de parcours), de bons mots tirés de dialogues plutôt sympathiques (Petrov : « N’est-ce pas merveilleux d’être encore dans le même bateau ? Linda : « Je n’en change jamais au milieu de l’océan ») et d’une interprétation autrement plus homogène. Eric Blore est décidément bien meilleur dans la peau d’un serviteur mielleux que dans celle d’un directeur (Mr. Gordon dans Swing Time). Sa séquence au commissariat au cours de laquelle il doit épeler, pour faire comprendre où il se trouve, le nom de The Susquhanna Street Jail est, à ce titre, un monument de drôlerie qui n’est pas sans rappeler les meilleurs moments du duo Abbott et Costello. Jerome Cowan se révèle bon acteur et nous retrouvons avec plaisir l’air ahuri de Edward Everett Horton qui faisait défaut dans Swing Time. Tous deux éméchés, le premier demande à l’autre : « What does Your Watch Say ? » ; sur ce, le second lui rétorque après une grand effort de concentration « Tick,Tick, Tick ». Mark Sandrich développe beaucoup plus d’idées de mise en scène que George Stevens (la première séquence entièrement muette, celle de la promenade des chiens sur le pont du bateau, etc.), et donne un rythme un peu plus soutenu et moins artificiel à son film. Les frères Gershwin offrent une partition en or aux
deux vedettes, anciennes connaissances et amis ayant chacune effectué
la première d’un de leurs spectacles à Broadway au
début des années 30 ; Fred Astaire dans Funny
Face et Ginger Rogers dans Girl Crazy.
Tout d’abord l’excellent Slap That Bass où
l’on voit Fred Astaire danser, accompagné de machinistes
jazzmen, au rythme des bruits des pistons de la salle des machines du
paquebot ; le pendant de The Way You Look Tonight de Swing
Time avec They Can't Take That Away From Me, la plus
poignante mélodie du film, déclaration d’amour de
Petrov à Linda, la nuit, sur le pont d’un ferry enveloppé
par le brouillard (le visage de Ginger Rogers y est une nouvelle fois
bouleversant) ; le final Shall We Dance qui voit Fred Astaire
danser avec plusieurs femmes portant toutes un masque représentant
Ginger Rogers. Sans oublier le sommet du film se déroulant à
Central Park, Let's Call the Whole Thing Off, numéro étonnant
et magique qui nécessita quatre jours de tournage et une trentaine
de prises. Où nous admirons bouche bée notre couple vedette
danser et faire des claquettes en patins à roulettes : prodigieux
! A signaler dans Shall we Dance qu’il faut attendre
presque une heure avant de voir Ginger et Fred danser ensemble et qu’inhabituellement
pour la série, ce film comporte plus de numéros chantés
que dansés.Malgré tous leurs défauts (et ils sont nombreux) deux films que les amateurs de danse se doivent absolument d’avoir vus, le couple de danseurs formé par Fred Astaire et Ginger Rogers demeurant envers et contre tout comme l’un des plus doués que l’on ait pu voir à l’écran. Ces œuvres ont beau être ternes, conventionnelles, plates, pénibles... quand se mettent à tournoyer nos deux stars, on oublie tout et on en redemanderait presque ! |
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Image
: Les DVD Montparnasse se suivent mais ne se ressemblent pas. Alors que
dans la famille Astaire/Rogers, Top Hat bénéficiait
d’une assez bonne copie au transfert numérique correct, mauvaise
pioche pour les deux titres qui nous intéressent ici. Ceux qui
avaient acheté ces films dans la précédente édition,
également distribuée par l’éditeur, savent
de quoi je veux parler puisque nous nous trouvons devant les mêmes
masters et la même compression. Deux galettes de très mauvaise
qualité donc ! Swing Time est le pire des deux,
tous les défauts étant ici encore accentués : une
copie grise, sale, sans définition ni contrastes. Une
compression totalement ratée nous délivre une pixellisation
à outrance et certaines séquences voient leurs images dangereusement
vaciller et avoir la tremblote comme lors de la scène sous la neige
précédant A Fine Romance (60’). Bref, pas
besoin d’en dire davantage d’autant plus que sur grand écran,
nous avons l’impression de voir le film derrière une espèce
de trame (cf La Captive aux yeux clairs). Sur un écran
de petite taille (36 cm), ces défauts ne sont quasiment pas visibles
: maigre consolation ! Tout ceci est valable aussi pour Shall
We Dance à un degré moindre cependant.Son : Niveau son, ce n’est pas non plus le nirvana. Peu de dynamisme, du souffle, quelques sifflements, des voix nasillardes et (ou) étouffées et Swing Time propose même une VF réactualisée qui ressemble à un doublage de Soap Opera sans aucuns bruits d’ambiances : atroce ! Si vous êtes tombé par hasard sur le tout nouveau doublage proposé par Arte du Tarzan avec Johnny Weismuller, vous savez à quoi vous attendre ! Comme pour l’image, Shall We Dance s’en tire un peu mieux. A signaler encore des sous-titres jaunes mais assez discrets et des chansons elles aussi sous-titrées, ce qui est loin d’être négligeable. |
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![]() Les chapitrages et les menus sont fixes. Les présentations de Serge Bromberg sont courtes mais assez intéressantes, citant des anecdotes sur le tournage ainsi que sur George Stevens, Hermes Pan et Mark Sandrich. |
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